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* qui subit l’action et qui offre un caractère de simple inertie, je ne trouve pas exact d'appliquer cette épithète à la femme et en général aux forces féminines de la création. Attractif me paraîtrait beaucoup plus exact et plus philosophique.
L'influence de la femme dans la société est loin de rester uniquement passive. Il suffit d'observer les faits courants pour le voir ; et l’on pourrait dire que cette influence est puissante, dans le Bien ou dans le: Mal, par la direction active, consciente et voulue que la femme sait imprimer à ses magies attractives.
Quant aux forces absorbantes et négatives de la nature,dans le visible ou l’invisible, celui qui les croirait simplement passives, inertes, risquerait d’être assez souvent et parfois dangereusement détrompé.
L'homme ne se borne pas plus à rester actif que la femme à rester passive. Il est plutôt doué des forces qui projettent que de celles qui attirent, mais il est susceptible de passivité aussi bien que d’activité dans l'emploi de ces diverses forces.
Il ne semble pas davantage exact d’attribuer exclusivement le Mal à la passivité, le Bien à l’activité.
Car il est des vertus, comme la tempérance, la prudence, l’impartialité, et surtout la résignation, dont 12 caractère s’'avoue passif ; et, comme on le sait, une partie du Bien consiste à ne pas commettre toute une série d’actions.
Et, par contre, une activité féroce ou impure est l’une des ordinaires manifestations du Mal.
Pour l’homme et la femme, il est évidemment absurde de réserver le Bien à l’un et le Mal à l’autre, puisqu'il y a, dans les deux sexes, et des criminels et des saints.
Le mot neutre a, lui, causé moins d’erreurs que les partenaires actif et passif. Cependant, comme je viens de le montrer pour le sens de Kéther, il a quelquefois été appliqué, à mon avis du moins, avec assez d’inexactitude.
En ce qui concerne Kéther, il vaudrait mieux dire : équilibrée.
J’arrête là cette digression et je reprends mon étude analytique des Séphiroth.
(On trouvera de larges et claires vues et de capitales citations sur les Séphiroth dans le célèbre ouvrage de Franck, la Kabbale, deuxième partie, chapitre in).
La Couronne est, comme je l’ai dit plus haut, la première manifestation de Dieu.
Elle est appelée couronne parce que, telle qu’une couronne ceint la tête d'un roi, elle environne et domine les autres Séphiroth.
Elle est ce monde des Dilections qui entoure toutes choses.
Elle offre donc les deux propriétés d’une couronne; la suprématie puisqu'elle domine la création, la nature circulaire et contenante puisqu'elle enveloppe la création.
Elle est pleine de canaux secrets d’où s’épanchent des effluves variés de bénignités et de miséricordes.
Tous les chœurs d’esprits supérieurs et inférieurs s'unissent pour tächer d'élever leurs prières jusqu’à cette région des miséricordes, qui est la nourriture des mondes.
Et c’est là une belle et douce grandeur de la Kabbale que les créatures y reçoivent leur subsistance et leur durée des largesses du pardon divin.
C’est de la Couronne que proviennent les grâces nécessaires à l'existence de tous les vivants.
« Elle est, traduit Franck, le Principe de tous les principes, la Sagesse mystérieuse. »
La Couronne est donc :
1° La Cause des Causes, la volonté émanatrice de Dieu.
2° Le premier point de l’Emanation, où les divers modes de pensée et d'énergie sont encore à l’état d'unité inconcevable, comme dans l’Absolu.
3° L'élément directeur et universel de la création, la sève divine qui abreuve tous les êtres, l’influx divin qui maitrise tous les êtres.
La seconde des Séphiroth se nomme Chocmah, la Sagesse.
En dépit de ce terme féminin, la Sagesse est un principe essentiellement expansif et mâle.
Elle constitue, dans l’ordre intellectuel, la pensée créatrice qui, émanée de la Couronne, connaît toutes choses en leur idéale et primitive perfection.
Elle constitue, dans l’ordre des forces, l’énergie qui engen-
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dre les êtres, qui leur communique la vie et leur imprime le mouvement.
Elle est représentée dans le grand nom divin lod-hé-vau-hé par la première lettre, le iod.
Kéther, trop élevée au-dessus de la compréhension humaine, n'a pas de représentation littérale : le point supérieur de la lettre iod est regardé seulement comme une indication de son mystère, qui contient le mystère absolu d’Aïn-Souph et le réunit à Chocmah.
Chocmabh, elle-même, demeure cependant si haute qu’elle est restée inaccessible à Moïse qui ne put atteindre, malgré sa profonde initiation, que la troisième Séphire, l'Intelligence et encore, nous le verrons, ne la posséda-t-il pas tout entière.
Chocmah est le commencement de l’idéalité épanchée en acte, la méditation de la Couronne et le principe du monde d’Aziluth.
On l'appelle la sagesse orientale, pour indiquer l’antériorilé de la notion qui la concerne el qui est si voisine de celle qui concerne Kéther, dont l’un des surnoms est l’Antérieure (1).
D'après Knorr de Rosenroth, Chocmah correspond à la deuxième hypostase de la Triade des Platoniciens, vods el sovia, de même que Kéther est en harmonie avec le Bien Suprème (r&y406v), première hypostase de cette Triade.
Et Knorr assimile Kéther au Père de la Trinité chrétienne, Chocmah au Fils, au Verbe.
La troisième des Séphiroth s’appelle Binah, l’Intelligence, ou plus exactement ce que représente le mot latin prudentia, que le français prudence traduirait assez mal et qui exprime la pensée affermie, mürie, prête aux réalisations dont les difficultés lui sont familières, quelque chose de l’Athéné des Grecs, dans sa signification la plus élevée.
Knorr assimile Binah à la @c4 W0yr de la Triade des Platoniciens et du Saint Esprit de la Trinité chrétienne.
Binah, selon le commentateur Moïse de Korduero, figure ce qui est connu dans la pensée divine, alors que Chocmah représente ce qui connait.
Chocmah est donc, en l'expansion émanatrice de Dieu,
(1) L’Orient et l’Antérieur sont analogues en Kabbale.
la conscience intellecluelle et Binah le système des Idées.
Binah se tient comme l'interprète et l’orateur entre les Séphiroth qui lui sont supérieures et celles qui lui sont inférieures.
Elle est la médiatrice entre les attributs métaphysiques et les attributs moraux et générateurs.
Elle répand l’influx et la bénédiction qu’elle reçoit de la Couronne et de la Sagesse.
C'est par elle que l’homme peut s’élever à l’intelligence de l’Etre suprême, racine et fondement de toutes les manifestations.
Sans elle aucune science de Dieu ne serait possible.
C'est pourquoi les kabbalistes appliquent à Binah ce que Moïse dit de lui-même dans le Deutéronome: « Je me tenais entre le Seigneur et vous ».
Ils lui rapportent aussi ce qui est écrit du Sabbat : « Entre moi (le Seigneur) et les enfants d'Israël, ce jour sera un signe, dans les siècles des siècles. »