SYNTHÈSE KABBALISTIQUE
d’une image, les êtres analogues, les périodes similaires, quelque distants que puissent demeurer, selon l’espace ou la durée, ces êtres el ces périodes.
Le symbole vise la cosmogonie et non la cosmographie, la logique éternelle et non la chronologie.
Le monde de Ruach correspond à la couleur blanche des Hermétiques.
Comparé aux Mystères chrétiens, il rappelle l’Incarnation et la Rédémption.
Dieu le sauve et le réorganise. Il s’y manifeste par sa pitié et son harmonie, et, dans la philosophie chrétienne de l'Histoire, ce monde est représenté par le Nouveau Testament et par le Règne du Fils.
— Le troisième degré de développement est nommé par la Kabbale le Monde de Neschamah.
C'est donc le monde de l'Ame suprême.
En lui le Mal disparait, le Bien triomphe d’une victoire absolue.
Dans l’ordre moral et social, le dévouement répand les âmes sur l'Humanité, l’extase les recueille en Dieu ; dans l'ordre intellectuel, la vérité mystérieuse se dévoile par l'intuition et la voyance ; dans l’ordre physique, la chair et la nature sont domptées, les lois matérielles s’inclinent au joug de l'esprit.
Ici encore l’on pourra observer que l’ordre physique est en avance sur l’ordre spirituel, car l’homme a commencé à dompter la nature, sinon la chair, et à maîtriser les lois et les forces de la matière pendant qu’il est loin d’avoir accompli les mêmes progrès vers la voyance, le dévouement et l’extase.
En Hermétique, le monde de Neschamah correspond à la couleur de pourpre.
Parmi les Mystères chrétiens, il évoque la Transfiguration, la Résurrection, le Jugement, l'avènement du Christ glorieux et la Jérusalem céleste.
Dieu possède et divinise le monde de Neschamah. IL se confond à lui par l’amour et la vérité ardente, et, pour la philosophie chrétienne de l’histoire, ce monde est représenté par l'ère messianique, l’empire du Christ triomphant, qui est en même temps le règne de l’Esprit-Saint.
Comme je lai exposé plusieurs fois déjà au cours de ces commentaires, l’'Abîme Créateur, l'inépuisable et l’incompréhensible Aïnsouph, rayonne par ses attributs ou Séphiroth el se rend accessible aux régions limitées, aux créatures finies.
Or, l’état des Séphiroth se modifie selon qu’elles agissent dans tel ou tel des trois mondes:
Dans le monde de Néphesh, les sept inférieures parmi les Séphiroth, celles de la construction, se brisent, tombent en discorde et en déchéance et se séparent des trois Séphiroth primordiales, restées sereines en Dieu.
Dans le monde de Ruach, les trois Séphiroth primordiales s'organisent en trois personnes : l'Ancien des jours, le Père et la Mère.
Les six premières des Séphiroth inférieures s'organisent en une personne : le Microprosope ou le Roi.
Enfin la dernière des Séphiroth, Malchut, forme une cinquième personne : l’Epouse du Microprosope ou la Reine.
Hors l’Ancien des jours qui est Androgyne et solitaire, ces Personnes s'unissent par couples :
Le Père et la Mère sont le couple supérieur, le Roi et la Reine sont le couple inférieur.
Ce qui caractérise le monde de Ruach, c’est donc que les Séphiroth ou attributs de Dieu y revêtent la forme humaine et s’y enlacent par couples harmoniques.
J'ai expliqué, au cours des commentaires, le sens de ce symbolisme : les lois d’un monde, d’une société, d’une âme revétent la forme humaine lorsqu'elles savent embrasser, dans une complexe et vivante unité, les forces, les partis, les passions qui les composent.
Le sceau d’une telle Harmonie est la paix et l'amour entre les principes masculin et féminin, que ces principes soient considérés dans les forces du monde ou dans l’homme et la femme réels, ou dans les facultés masculine et féminine d’une seule Ame.
A cette paix du Couple idéal, le Zohar donne le nom de Balance.
Le choix de la forme humaine comme expression de l’orga-