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LES TRENTE-DEUX VOIES DE LA SAGESSE

Les kabbalistes font dépendre de Chocmah les trente-deux Voies de la Sagesse.

Ils font dépendre de Binah les cinquante Portes de l’Intelligence.

D'après le Sépher lézirah, les trente-deux Voies de la Sagesse consistent dans les dix premiers Nombres, figurant les dix Séphiroth, et dans les vingt-deux Lettres hiéroglyphiques de l'alphabet hébreu, subdivisées en trois Mères, sept doubles et douze simples (1).

Parmi ces trente-deux Voies, les dix Nombres ou Séphiroth se rapportent spécialement à la région la plus sublime de la vie et de la connaissance, à celle qui avoisine immédiatement

(1) Les trois Mères sont: Aleph, Mem, Shin, (N, 2, ) les sept doubles : Beth, Ghimel, Daleth, Caph, Phé, Resch, Thau, (2, 3, 7, 2,2, 7,1) les douze simples : Hé, Vau, Zaïn, Heth, Teth, lod, Lamed, Noun, Samech, Haïn, Tsadé, Coph (1, 1, 7, ñ, 1, 1, 9, 3, D, Y, Y, D).

LES SÉPHIROTH DIVINES 45

Pinénarrable Aïn-Souph, à ce monde prééminent qui forme l’Adam Kadmon, l'Homme supérieur et céleste (1).

Cet Homme divin de la Kabbale exprime la même Idée que la Lumière et le A6yos de l'Evangile selon saint Jean.

Cest à la fois le Verbe et la création idéale et parfaite, l'émanation suspendue encore dans la pureté de Dieu.

Les membres de l'Homme céleste sont constitués par les dix Séphiroth.

Nous savons que les Mol représentent les attributs de Dieu, les conceptions el en même temps les forces les plus générales de son expansion créatrice.

Ainsi donc, en elles-mêmes, considérées daus leur origine et leur nature essentielle, les Séphiroth se rapportent principalement au monde transcendant, à la région idéale, sphère de l’Adam Kadmon, d’après la Kabbale, du Verbe et de l’Esprit-Saint, d’après la Religion chrétienne. Mais cela n'empêche pas la Kabbale de relier aux Séphiroth toutes les idées, toutes les formes qui les rappellent dans les divers mondes créés, inférieurs à la sphère de l'Homme céleste.

On trouve donc, en le Zohar et ses commentaires, un grand nombre de passages distribuant entre les dix Séphiroth les cohortes angéliques, les Patriarches et les héros de la Bible, les astres et les planètes, les peuples et les royaumes de la terre, les diverses âmes de l’homme individuel et terrestre et même les parties de son corps, enfin jusqu'aux métaux de l’Alchimie.

Cependant l’acception propre et rigoureuse des Séphiroth ven reste pas moins les attributs de Dieu, la région de l’Adamm céleste. Et il n’y a pas de contradiction puisque la philosophie kabbalistique est fondée sur le symbolisme, sur le reflet des Principes éternels dans les êtres multiples et périssables, sur la présence des Idées divines dans les innombrables variétés de la création.

Mais l’on voit pourquoi le sens intime des Séphiroth, malgré leurs extensions et adaptations infinies, demeure attaché à la région transcendante, à la Mercabah ou char de la vision d’Ezéchiel, comme l'appelle le Zohar, et pourquoi elles s’op-

(1) Adam 58e ed conception propagée surtout par Loria et ses disciples, mais elle se rattache à la doctrine séphirotique du Zobar.

posent aux vingt-deux Lettres consacrées, elles, à la Béreschit ou Genèse, à la eréation proprement dite, aux mondes de la réalisation. Dans le Sépher lézirah (1), les vingt-deux Lettres sont beaucoup plus unies aux détails des réalilés naturelles, aux parties du corps humain, de l’année et du monde visible que les dix Séphiroth réservées à la désignation des Eléments célestes et primitifs et des directions les plus générales de l'espace.

C’est La confirmation de ce que j'indique.

Mais il se produit, pour les Lettres, une extension d'usage à la fois analogue et contraire à celle dont je parlais précédemment au sujet des Séphiroth.

De même que les Séphiroth concernent plutôt la sphère {ranscendante et s'appliquent cependant à toutes les analogies des mondes inférieurs, de même les Letires, quoique plus spécialement orientées vers la réalisation, gardent cependant un lien étroit et puissant avec les principes sublimes de la réalisation qui habitent en la région transcendante.

Cela est surtout très apparent pour les quatre Lettres fameuses lod-Hé-Vau-Hé du grand Nom de l'Eternel et pour les Lettres qui composent les autres Noms divins, mais cela est vrai de toutes tes Lettres.

Cet entrelacement réciproque des Lettres et des Séphiroth peut sembler obscur à première vue. On découvre, à la réflexion, qu’il est une partie nécessaire de la philosophie ésotérique et de la Kabbale, une conséquence de celte unité des choses qui entraîne la correspondance mutuelle du supérieur et de l’inférieur et le symbolisme universel.

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