‹ La clef du ZoharChapitre 4 sur 81 · LA VUE GRANDE OUVERTE, QUI NE PORT JAMAIS, OBSERVE SANS FIN · texte numérisé non relu

LA VUE GRANDE OUVERTE, QUI NE PORT JAMAIS, OBSERVE SANS FIN

45. — Ex LuI LES DEUX NARINES, D'OU S'ÉLANCE LE SOUFFLE QUI ANIME TOUT.

Commentaire.

Mystère dans le mystère. Cette expression désigne l'Ancien des Jours, mystérieux par essence et qui s’enveloppe d’un nouveau mystère afin de pouvoir se communiquer, sans les détruire, aux mondes qu’il a créés.

Comme le dit Isaac Loria avec beaucoup de profondeur, lorsqu'il s’agit de Dieu considéré dans son essence absolue, Poccultation est la même chose que la manifestation.

En effet, c’est en se voilant par ses attributs qu'il entre en communion avec ses créatures et celles-ci ne peuvent le connaître que grâce aux formes dont il se revêt : De même une lumière aveuglante ne peut être contemplée qu’à travers la nuée dont les vapeurs la cachent et cependant la reflètent.

Or il fut conformé et préparé à la ressemblance d'un crâne plein de cristalline rosée.

Le Siphra Dzéniontha commence maintenant l’'énumération

(1) Rien n'étant jamais rigoureusement détruit, ce qui a existé reste compris dans ce qui existe.

symbolique des attributs par lesquels Dieu adapte aux créatures l’inaccessible Infini de son essence.

Il décrit ces attributs sous la figure de formes humaines, le corps de l’homme étant l’image matérielle et réduite de son âme, et son âme étant l’abrégé de toutes les lois et de toutes les manifestations divines. ;

La première de ces formes symboliques est le crâne de l’Ancien des Jours. Ce crâne correspond à Kéther et il représente l'inilialive de Dieu dans la création, la racine volontaire et consciente des choses.

Le crâne est plein d’une rosée cristalline. Cette rosée, en laquelle tout est contenu, est une image du grand Aour qu'un auteur alchimiste appelle la main immatérielle de Dieu, ce que les modernes identifieraient avec l’idée de Force ou de Mouvement, ce que les stoïciens dénommaiert le « Feu artiste ». C'est l’origine de toutes les énergies, l’émanation d’où naîtront, en se diversifiant, les pensées, les instincts et les vibrations dont l’ensemble constitue les êtres.

La rosée est blanche lorsqu'elle sort du crâne de l'Ancien des Jours ; mais lorsqu'elle parvient, en descendant, jusqu’à la tête du Microprosope, Roi des mondes inférieurs, elle laisse entrevoir du Rouge mêlé à sa Blancheur. Celle-ci, d’ailleurs, même à sa source, contenait diverses couleurs absorbées, il est vrai, dans le Blanc primitif tant que l’émanation n'était pas sortie des régions supérieures.

Le sens de ces symboles empruntés à la lumière est que la Force, énergie et pensée, naît en Dieu dans un état synthétique, uniforme, indifférencié, où tout demeure dans la paix et la stabilité sereine et qu’à mesure que, par l'apparition des êtres particuliers, Huimanités et mondes, la Force va se différenciant, les antagonismes et donc la Justice et la rigueur (qu’emblématise le Rouge) sedévoilent. De sorte que, pour cette théorie profonde, la loi rigoureuse est, dans le monde inférieur, l'équivalent de l'harmonie dans le monde supérieur et céleste.

On n'échappe à la fatalité des lois d'en bas qu’en se confondant à l’amour suprême.

Car l'empire de l’harmonie est inéluctable. Il faut la vouloir ou la subir. La vouloir elle-même ou subir sa transformalion en Justice rigoureuse. II faut trouver la liberté la plus haute dans l’acceptation volontaire de la perfection ou se rési-

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gner à supporter la rigueur, aspect redoutable de la perfection refusée.

Il faut souffrir la loi quand on ne sait pas en devenir l’âme.

La membrane d'air est claire et bien close.

Cette membrane enveloppe le cerveau de l’Ancien des Jours.

Au contraire, le cerveau du Microprosope n’est pas complèment enveloppé d’une telle membrane et se divise en trentedeux voies.

Ce sont là d’étranges énigmes.

Le sens en est pourtant très rationnel et très philosophique.

L’Ancien des Jours représente les éléments supérieurs de la Loi de Dieu, qui tiennent de plus près à l’Absolu et à l’essence première.

La pensée et la science de l’Ancien des Jours, de la manifestation supérieure de Dieu, sont figurées par son cerveau. Or, la pensée et la science, dans ces régions supérieures, demeurent à l’état d'unité et de synthèse constante; c’est le monde des Principes où rien ne se subdivise, où les connaissances et les lois portent encore l’empreinte de l’Absolu dont elles viennent de sortir et s’accordent dans une plénitude accomplie.

C'est cet accord, cette unité, Louis Lucas dirait cette tonalisation (1) que le Zohar traduit par l’image d’une membrane transparente et cependant bien close qui enveloppe complètement le cerveau divin. Au contraire, dans les régions inférieures que régit le Microprosope, qu’on appelle aussi le Roï ou le Fils, les lois et les connaissances ne portent plus le caractère d'unité synthétique ; elles se subdivisent et ne peuvent retrouver une relative unité que par l’alliance et l’organisation.

Nous avons vu tout à l'heure le même contrasle entre l’unité des sphères supérieures et la subdivision des inférieures exprimé par l'opposition entre la lumière blanche et les couleurs qu’elle contient et qui se dégagent d'elle à mesure qu'elle descend.

Blancs comme de la laine pure, les cheveux pendent en équilibre.

Les cheveux, dans lesquels émane la force magnétique du cerveau (d’où l’histoire de Samson et les cheveux longs des

(1) Voir Chimie nouvelle.

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