NAN UE
« Ce sont les trois noms sacrés qui désignent le mystère de la Trinité et la Trinité de l'Unité. Ainsi que la sagesse, l’intelligence et la science sont, toutes trois, une seule et même chose, que les expressions : 1l fut, il est, il sera ne sont que les variétés d’une même existence, ainsi les trois Personnes ne font qu’une seule Personne à la fois une et trine (2).
Dieu a un nom un, marquant sa substance une, et ce nom est toutefois trine, mais cette trinité est une. »
Aboulafia dit encore : la Trinité divine est formée par Dieu, le Fils de Dieu et l'Esprit Saint : 50N : Dieu, D'ONTA : Fils de Dieu, winnm : Esprit-Saint.
(1) Antérieur au Zohar, d’après M. Karppe, ou, du moins, à la première publication du Zohar-
(2) Cette Personne unique, c’est la personnalité infinie de Dieu, unique et absolue d’après le Christianisme, et en laquelle coexistent les trois Personnes relatives, Père, Verbe, Esprit.
LS x X
Le Zohar lui-même et les autres ouvrages kabbalistiques qui traitent des Séphiroth, nous offrent l'équivalent de la Trinité chrétienne, dans les trois Séphiroth divines :
Kéther correspond au Père;
Chocmah au Verbe :
Binah au Saint-Esprit.
En effet, Kéther est celle des trois Séphiroth d'où proviennent originellement les deux autres et qui ne provient pas d’elles. Ainsi, dans la Trinité du Christianisme, le Père est la Personne d’où proviennent originellement les deux autres et qui ne provient pas d'elles. Kéther, parmi les Séphiroth divines, est le Principe sans Principe. Et le Père, parmi les Personnes divines, est le Principe sans Principe.
Chocmah provient directement de Kéther. Le Verbe provient directement du Père, Binah provient originellement de Kéther, puisque toutes Les Séphiroth en découlent, mais elle est d’abord enveloppée dans Chocmah et ne s’en dégage qu’ensuite. De même le Saint-Esprit, originellement, procède du Père et, auxiliairement, du Verbe.
Chocmah est la seconde Séphire ; le Verbe, la seconde Personne. Binah est la troisième Séphire, le Saint-Esprit, la troisième Personne. :
Chocmah se nomme Sagesse, Et Le Verbe se nomme Sagesse, Binah se nomme Feu qui consume le feu et le Saint-Esprit se nomme Amour et Feu.
D’après saint Thomas d'Aquin, le Verbe est engendré par expansion intellectuelle. Dieu déploie en lui-même sa connaissance de Dieu.
Et le Saint-Esprit procède par volonté, amour.
C'est donc par attraction, car s'aimer, se vouloir, c’est se rattacher et attirer à soi alors que se connaître, c’est se projeter en soi.
Or, Chocmah est expansive, Binah est attractive. Chocmah c’est la pensée divine, qui proflue. Binah c’est Prudentia, la pensée pratique, la pensée appliquée par la volonté, et c’est le féminin suprême, autant dire l'amour.
Il y a ici quelques nuances à noter.
Dans la Kabbale, les caractères masculin attribué à Chocmah, féminin attribué à Binah paraissent plus fortement dessinés que, dans le Christianisme, le caractère masculin du Verbe et le caractère féminin du Saint-Esprit.
Il fautremarquer pourtant quele Verbe, par l'Incarnation, se trouve lié à une forme masculine et que le Saint-Esprit est associé au symbole féminin de la Colombe.
Il faut remarquer ensuile que, dans l’œuvre du salut, la Rédemption initiale, point de départ de celte œuvre, rôle masculin, est attribuée au Verbe, el que la Sanctification, parachèvement féminin, maternel, est attribuée au Saint-Esprit.
Enfin la Sainte Famille est présentée comme une image de la Trinité. Dans cette image collective, Joseph est « l'ombre du Père ».
Le Christ est non seulement la figure, mais l’incarnation du Verbe.
Il ne reste donc que la Vierge qui corresponde au Saint- Esprit.
D'ailleurs, pour la Kabbale pas plus que pour le Christianisme, le Père ou Kéther n'est un principe exclusivement équilibré ; le Verbe où Chocmah un principe exclusivement expansif, mâle; et le Saint-Esprit ou Binah un principe exclusivement attractif, féminin.
Il s’agit, ne l’oublions pas, de Dieu, qui demeure absolument wn.
Les trois Séphiroth coexistent identifiées à un seul Aïn Souph. Les trois Personnes chrétiennes coexistent et sont la même nature divine.
Le Père, Kéther, est donc plutôt équilibre, le Verbe, Chocmah, plutôt expansion, le Saint-Esprit, Binah, plutôl atiraction.
Mais Père, Verbe, Esprit, Kéther, Chocmah, Binah, par leur unité profonde, absolue, se révèlent chacun : Equilibre, Expansion et Attraction à la fois.
Nulle Personne, nulle Séphire n’est privée d'aucune qualité divine. Mais chaque Personne, chaque Séphire, se distingue par la prédominance d’un rôle et l’accent spécial d’une qualité.
On arrive ainsi à tout concilier : La Perfection de Dieu, supérieure à la loi des sexes, une et indivisible ; et la Perfection
de Dieu possédant en leur essence les qualités, les principes mâles et féminins, que Dieu n’aurait pu donner à sesfcréatures s’il ne les avait lui-même, en quelque manière, possédés.
— Mais alors la Trinité se voit imitée, et, pour la science positive, confirmée par l’innombrable hiérarchie des correspondances ternaires qui viennent se placer au-dessous d’elle ! La Trinité, supérieure à la nature en unité absolue, transcendante, ne lui est pas contraire.
Elle y répand à profusion ses images. Et ce n’est plus une vague idée oratoire mais un fait répété par toutes Les observations et toutes les expériences que non seulement « les cieux » mais la terre et (ous les êtres inorganiques ou vivants racontent la gloire du Dieu Triun.
Les kabbalistes chrétiens comprirent ce fait. Et, en dehors de la Kabbale, les hermétistes chrétiens le comprirent aussi et aperçurent, dans les principes équilibré, mâle et féminin de l’Alchimie, une figure de la Trinité chrétienne.
Parmi les analogies de la Trinité dans la création, émerge, comme je l’ai montré au chapitre : Le grand Arcane, le mariage humain. 11 est évident qu'il ne faut point conclure, de cette analogie, à rien de charnel en Dieu. Le kabbaliste auteur de la Vallée royale avertit expressément ses lecteurs qu'ils seront punis par Dieu s’ils prêtent un sens corporel aux couples séphirothiques. L'union mutuelle des Séphiroth et des Personnes divines ressemble à ces mariages spirituels qui ont uni, même ici-bas, d'âme seulement, des saints à des saintes. Ce genre d'union sera le seul qui subsistera, au Paradis, entre les élus de différent sexe, Et le Zohar enseigne cela, comme le Christianisme (1).
A l'assimilation de Kéther au Père, de Chocmah au Verbe, on objectera peut-être que, souvent, dans la Kabbale, c’est Chocmah que l’on nomme Père.
L'objection n'atteint que les mots, ne va pas au fond des choses, car Chocmah est appelée Pere à l’égard de la création
(1) « Dans le monde futur, il n’y a ni boire, ni manger, ni relations conjugales. » (Zohar, II, 1162).
du monde et de la régénéralion des âmes humaines, ainsi que Binah, au même égard, est appelée Mère.
Mais à l'égard de Kéther, Chocmah est appelée Primogéniture et Binah est appelée Fille.
— Dans les litanies du Nom de Jésus n’appelle-t-on pas le Christ : « Père du siècle à venir » ?
Et, dans une prière au Cœur de Jésus ne dit-on pas : « Que craindrais-je en m’approchant du Cœur du plus aimable, du plus tendre de tous les pères ? »
Ces expressions empêchent-elles que le Verbe ne soit point le Père, en la Trinité ?
Le nom de Père donné à Chocmah n'empêche pas davantage que celte Séphire provienne de Kéther et ‘ne soit pas la Séphire originelle de la Trinité kabbalistique et la génératrice de Chocmah.
Le Microprosope (spécialement Tiphéreth) correspond au Verbe, revêtu, par l’Incarnation, de la vmature humaine et gouvernant l’humanilé et le monde.
Malchut, l'Epouse du Microprosope, correspond à l'Esprit Saint présent dans l'Eglise et dans le monde.
D'après la Kabbale, Séir Anpin, le Microprosope, a une vie utérine dans le sein de Binah, puis il est enfanté, allaité, il a une adolescence, parvient à l’état d'homme parfait.
Cette évolution tout humaine de la vie du Microprosope effectue, en se développant, le salut des mondes tombés.
Qui ne voit l’accord entre la vie humaine du Microprosope et l’Incarnation, entre le salut, par cette vie, des mondes tombés, et la Rédemption ?
De même la Kabbale attribue le Jugement au Microscope. Or l'Evangile dit: Le Père ne juge personne mais il a remis au Fils tout pouvoir de juger (Saint Jean, ch, v, verset 22).
— La Kabbale envisage, il est vrai, plutôt le Christ éternel, cosmique, le Rédempteur immense et permanent que le Christ de la terre. Mais le Christianisme ésotérique admet aussi l’éternité l'immensité de la Rédemption.
Saint-Jean ne parle-t-il pas, dans l’Apocalypse, d' «Evangile éternel », et d’ « Agneau immolé dès le commencement du monde » et le Jésus qui apparaît à l’Apôtre à Pathmos ne se déclare-t-il pas : « Celui qui est, qui était et qui sera » ?
et
— Les kabbalistes n’ont qu’à accepter le Christ de la terre comme une manifestation du Christ éternel.
Et c’est là ce qui justifiait, par la Kabbale même, la conversion des nombreux kabbalistes juifs qui se firent chrétiens.
Et ce qui justifierait tout Israël de les suivre.
Mais si, en approfondissant les mystères des tradilions juives, les Chrétiens y trouvent de quoi attirer les Juifs au Christianisme, il faut qu’ils ne négligent pas d'approfondir eux-mêmes leurs propres dogmes el de s’allacher eux-mêmes et d’attirer les Juifs au Christianisme authentique et non à ses défigurations païennes.
Trop de Chrétiens, sinon par leur doctrine officielle, du moins par leur façon d'imaginer et de sentir, paraissent croire et font croire que la Trinité affaiblit l'Unité divine et que l’Incarnalion réclame pour un homme l’adoration due à Dieu seul !
Cependant l’orthodoxie promulgue le contraire. Les théologiens ne l’ignorent pas. Mais on laisse la chair du Christ et la forme de la Vierge reléguer, à l'excès, dans un respect indifférent, ce Dieu qui, selon le Christ, est le seul Dieu.
« Ecoute, Israël, dit Jésus reprenant, en saint Marc, les paroles de l’Ancien Testament, le Seigneur ton Dieu est unique. »
Je ne suis pas l’adversaire des statues religieuses humaines, les interdictions de Moïse n'étaient pas pour durer toujours. Il faut que tout contribue au culte divin. Et d’ailleurs c’est l’esprit qui importe : on peut être idolâtre sans slatues et ne s’intéresser qu’à Dieu malgré les statues.
Mais les Chrétiens devraient se décider à considérer Dieu ainsi que Jésus homme l’a considéré lui-même.
D'après l’orthodoxie authentique, la Trinité, loin d’affaiblir l'Unité divine, doit en accroître, s’il était possible, l'énergie. Elle doit montrer Dieu rigoureuse Unité, tellement forte qu’en dépit de la Trinité, elle demeure absolue.
C’est donc la plus forte, la plus indivisible, la plus identique, la plus inentamable des Unités.
Et, d’après l'orthodoxie authentique, l’{ncarnation, loin de dérober à Dieu l’adoration due à lui seul, la fait aboutir à lui
seul, en dépit de l’Incarnation.
C'est une règle inflexible de théologie que, dans les prières adressées au Christ, l’adoration ne doit pas s’arrêler, se terminer à l'homme, mais aller jusqu’au Verbe, identique à Dieu, inséparable du Dieu unique, ne se terminer, en dernière analyse, et ne s'adresser qu’à Dieu seul.
— Au Christianisme ainsi entendu, on peut demander l'adhésion du monde.
Mais, s’il s’agit du Christianisme inconsciemment « hérétiqué », adultéré et charnel, à quoi bon faire passer à une autre idolâtrie, les idolâtres, et surlout faire déchoir à une idolâtrie, les théistes ?
Parmi les enseignements du Zohar, il en est un qui, d’abord, semble destiné à conjoindre, à son égard, dans le désaveu plutôt que dans l’assentiment, le Judaïsme et le Christianisme officiels, orthodoxes.
C'est la réincarnation. La doctrine juive officielle n’en dit rien. Et la doctrine chrétienne officielle la condamne.
Mais ce silence permet un examen du problème. Et cette condamnation ne frappe qu’une des théories réincarnationnistes, celle que vicie l'erreur, attribuée à Origène, de la rechule possible des élus arrivés au Ciel.
D'ailleurs, au fond, c’est la vérilé qui est l’orthodoxie.
Et, lorsqu'un enseignement se démontre vérité, il s'impose, tôt ou tard, comme orthodoxie.
Seulement, la science elle-même adresse à l'hypothèse réincarnationniste plusieurs objections. Les principales sont le caractère délimité du moi présent, de la vie présente et l'absence de souvenirs exacts, vérifiés, d'existence terrestre antérieure, dans les expériences de régression de la mémoire.
A cela on répondrait que la délimitation du moi conscient ne limite pas le moi ultraliminal, et que les souvenirs exacts, vérifiables, d'existence lerrestre antérieure, appartiennent, sans doute, à des couches du moi ultraliminal trop profondes pour qu'on les atteigne dans les expériences de régression mémorielle.
Au point de vue philosophique, initiatique, on pourrait
faire rentrer la théorie de la réincarnation dans la théorie plus générale de la solidarité.
Et de manière à réaliser l’unification du monde spirituel, à rassembler, dans une synthèse supérieure, l'Humanité et l’Angélité.
Malgré la distinction doctrinale qui existe entre les hommes et les anges selon la théologie chrétienne, certaines expressions chrétiennes mysiérieuses en harmonie avec des thèses de la Kabbale, insinuent une sorte d’unilé des deux grandes classes d'êtres spirituels.
Les Litanies du Nom de Jésus appellent le Christ : Ange du grand Conseil. — Jésus même, dans l'Evangile, affirme que saint Jean-Baptiste est « celui dont il est écrit: Voici que j’envoie mon ange devant votre face ». — Dans l’Apocalypse, on appelle anges les évêques des sept Eglises.
La Kabbale regarde le prophète Elie comme doué d’une nature angélique. Et il est remarquable que saint Jean-Baptiste, appelé ange par le Christ, soit, de plus, assimilé, par le Christ encore, à Elie.
Hénoch, après son enlèvement au Ciel, est devenu, selon le Zohar, l'ange Métatrone.
Dans la Vallée royale, ouvrage kabbalistique postérieur au Zohar, on dit que les âmes de nature miséricordieuse « font partie de Michaël », les âmes portées à la juslice sévère, de Gabriel, et les âmes où la justice et la miséricorde s’égalent, d’Uriel. On donne pour exemples l’éfincelle (le principe spirituel) d'Abraham détachée de Michaël, l’étincelle d’Isaac, de Gabriel et l'étincelle de Jacob, d’Uriel.
Toutes ces mystérieuses fusions, chrétiennes ou kabbalistiques, entre la notion d’homme et la notion d’ange, doivent s'expliquer par l'unité complexe, la solidarilé qui est l’intime secret des choses.
Donc il y aurait unificalion, solidarité entre les anges el les hommes. El de quelle façon ? Les anges supérieurs (comme l'indique la Kabbale à propos des âmes de miséricorde, de sévérité et d'équilibre, comme la Bible et le Christianisme l’admettent au sujet des nations, etc.) influenceraient des collectivilés humaines. El rien n’interdirait de concevoir des collectivilés dans le temps aussi bien que des collectivités dans l’espace. Alors la série des « mois » humains formant une
ne > Tû à à
collectivité dans le temps deviendrait comme la réincarnation de l’ange supérieur gouvernant celte collectivité. L'ange gardien personnel serait une adaptation spéciale de l’ange supérieur à un moi donné.
Le principe supérieur de l’âme humaine, la Neschamabh, l’âme divine resterait en connexion étroite avec l’ange supérieur. C'est ce que confirmerait la Kabbale, car le monde de Briah, celui des intelligences pures qui correspondent aux anges du Christianisme, est aussi celui des trois mondes créés qui correspond à Nescharnah.
On rencontre ici une cause de confusion qu’il faut éliminer. En Kabbale on désigne très souvent par le nom d’anges non pas les purs esprits, les anges du Christianisme, mais les Elémentals supérieurs. qui gouvernent les astres, habitent le monde de lézirah el correspondent au plan astral plutôt qu’au plan spirituel.
Ces Elémentals ne sont pas sans rapport avec les anges proprement dits du Christianisme, avec ce que la Kabbale nomme « Intelligences séparées ». Ils constiluent, pour ainsi dire, les prolongements odiques et élémentaliques des anges.
Mais ce n’est pas d’eux que l’on pourrait dire qu'ils auraient chacun pour réincarnations des hommes liés en série solidaire dans le temps.
Aussi en français et pour éviter loute confusion, vaudrait-il mieux appeler ces êtres Elémentals supérieurs et réserver le nom d’anges aux esprits purs du Christianisme, aux intelligences séparées de la Kabbale, aux anges aussi de la Kabbale mais dans le sens où nous les avons vus employés tout à l'heure lorsqu'il ne s'agissait pas de leurs aspects élémentals, mais de leurs aspects spirituels à qui l’on rattachait solidairement les âmes d'Abraham, d’Isaac el de Jacob.
Jetons un regard d'ensemble sur l’évolution des créatures spiriluelles.
À l’origine elles sont créées par Dieu, en même temps que la matière primordiale. C'est donc une première polarisation : Esprit, matière (1). Or la matière a ses ères chaotiques dans la
(1) Et la matière et l’esprit ne constituent, secrètement, qu’une seule
nébuleuse, la terre, ete... et l’esprit également, par les abus de la liberté et les luttes qu’il doit soutenir contre l'attrait du Mal, de la matière et de l'instinct. Il y a une chute primitive spirituelle où se dessine encore une polarisation : anges et démons, les anges sont la partie de l’esprit demeurée unie à Dieu, à la Trinité chrétienne, aux Séphiroth divines de la Kabbale. Alors sur les mondes matériels évoluent les animaux et, dans les sphères astrales, les Klémentals. Ce sont comme les transitions entre la matière et l'esprit ou plutôt les efforts de la matière visible ou astrale vers la transition, vers l'équilibre entre la matière et l’esprit.
Cet équilibre, c’est l’homme.
Seulement !a situation primitive se renouvelle et l’homme à son tour, comme l'esprit général primitif, est sollicité entre le Bien et le Mal, il cède au Mal, bien qu’un Elément transcendant humain demeure inséparable des anges supérieurs et de Dieu. Cet Elément c’est le Microprosope de la Kabbale enclos en Binabh, le Christ universel, cosmique, éternel de l'Apocalypse. La chute de l’homme a plusieurs sens : générale, symbolique, elle est la réalité ou la possibilité pour toute Humanilé passée, présente, à venir, de déchoir. Préparatoire, elle est le commencement de déchéance, dans l’astral, des principes
humains qui s’incarneront, qui deviendront l'Humanité d’un monde, par exemple de la terre.
Personnelle et accomplie, la chute est le Mal où chaque homme se laisse entraîner dans sa vie. Elle est encore l’état grossier, matériel de cet homme incarné, par comparaison avec sa préexistence dans l’astral, associée à l'influence de l'ange supérieur el au Christ cosmique. Il y a aussi des chûtes collectives, composées des déchéances personnelles d’un groupe humain (1).
Le résultat final, c’est que, par les vies individuelles sur les mondes matériels, vies qui forment la réincarnation des anges supérieurs unis aux Neschamah humaines, aux principes transcendants des âmes, et aussi par les purifications dans linvi-
force, à la fois intelligence et énergie : l'être créé, La matière en est la condensation, l’esprit, l'émancipation. De sorte que, foncièrement tout demeure intelligence-énergie.
(4) La chute d’Adam et Eve pourrait s'interpréter comme la chute collective de l'Humanité terrestre primitive.
sible, le Mal se voit peu à peu dominé, vaincu, même transfiguré en Bien. Et parmi ces vies terrestres viclorieuses du Mal rayonne celle de Jésus-Christ, lequel fut une apparition planétaire du Christ universel.
Un jour tous alteindront la rédemption, le Ciel, la Gloire.
Les créatures spirituelles reviendront à l'unité de lorigine mais après avoir triomphé du Mal et avecle mérite des épreuves traversées.
Alors les âmes seront réunies intimement aux anges supé-
rieurs, les âmes et les anges ensemble au Christ universel.
Animaux, Elémentaux, matière n’agiront également qu’au service des anges et des âmes.
Et les démons eux-mêmes, à la fois régénérés et résorbés, ne seront que le témoignage repentant de leur ancienne résis- {ance et l’aveu de leur soumission éternelle.
Comme le dit le Zohar : A la fin des temps on retranchera du nom de Samaël, Sama qui veut dire Poison et il ne restera que El, formule de consécration à Dieu, qui se retrouve dans le nom de tous les anges.
Comme le dit Isaïe : « Il absorbera la mort pour jamais » (Et la mort comprend la mort éternelle).
Comme le dit saint Paul : Dieu sera tout en tous. « En tous »,même dans les démons — « Tout » — el que sera, par conséquent, le Mal ? — Rien.
I n’y aura plus d'ombre : Mais la création purifiée, radieuse dans l'Eternel radieux... La lumière indéfinie se déployant dans la lumière infinie.
Ayant interprété les enseignements des premiers versels du Siphra Dzénioutha par une longue étude, d'abord philosophique, puis scientifique et entrant au détail des arcanes et des nombres, enfin s’élevant à la Kabbale nouvelle, à la Kabbale chrétienne et s’harmoniant aux vérités du Christianisme ésolérique, nous allons, aidés par les résultats de cette étude, reprendre et achever l'explication du Siphra. Or le Zohar ne fait que développer le Siphra Dzénioutha, le Livre du Mystère, el ne présente aucune idée essentielle, initiatique qui ne
LA KABBALE CHRÉTIENNE ul
se (rouve contenue dans ce livre du Mystère. En expliquant le Siphra, nous aurons donné la Clef du Zohar (1).
(1) Le lecteur consultera, avec fruit, sur le Christianisme ésotérique, le sublime livre d’Alta, L'Evangile de l'Esprit, Eraka et Magie et Religion, par Léonce de Larmandie, ainsi que les études mystiques de Louis Le Leu, parues dans la Voie et dans les Annales de Philosophie chrétienne. :
— Jean de Pauly a fait la première traduction française du Zohar, publiée grâce au dévouement de M. Lafuma-Giraud. Il y a, sur ce beau el considérable travail, quelques réserves à faire. Ce n’en est pas moins la plus accessible forme du Zohar et un champ de précieuses études pour l’Initié.
— Afin de mieux saisir l'harmonie entre le Christianisme ésotérique et la Kabbale, il faut noter que les trois Séphiroth supérieures de la Kabbale se rapportent plutôt à la Trinité chrétienne agissant hors de Dieu. Mais l’autre aspect de la Trinité chrétienne, la Trinité en Dieu, est admis par la Kabbale, car elle reconnaît l'existence latente de Kéther, Chocmah et Binah dans Aïn-Souph même, puisqu'elles en émaaent et ne sont pas des créatures.
SIPIHRA DZÉNIOUTHA
(Suite du Chapitre Premier).
Traduction.
25. — LES SCULPTURES DES SCULPTURES, SOUS L’APPA- RENCE D'UN LONG SERPENT ÉTENDU ÇA ET LA.