SYNTHÈSE KABBALISTIQUE
La partie du chapitre premier qui se termine avec le verset vingt-quatrième forme à elle seule une doctrine complète, une sorte d’abrégé de la Théologie et de la Cosmogonie kabbalistiques.
Nous allons donc, par une vue de récapitulation et de synthèse, embrasser dans leur totalité les enseignements de cette partie avant de reprendre notre exploration du Siphra Dzénioutha.
Nous achèverons ainsi d'éclairer les arcanes étudiés déjà et nous n’en serons que mieux préparés à nos études ultérieures.
Nous ne nous contenterons pas d’ailleurs, pour atteindre ce double résultat, d’une simple récapitulation, mais nous y adjoindrons telles citations des kabbalistes, telles réflexions personnelles qui nous paraîtront avoir de l'utilité à notre dessein.
Les vingt-quatre premiers versets du Siphra Dzénioutha contiennent toute l’évolution du monde.
A l’origine est Aïnsouph, le Dieu insondable et inconcevable, l'Infini, l’Abiîme.
L’Abîme se manifeste par la création indéfinie.
La création indéfinie se réalise par les créations successives.
Chacune des créations successives est l'image de toutes les autres.
Elle est, ainsi, l’image réduite, le reflet partiel de la grande création indéfinie.
Le Siphra Dzénioutha exprime par ses figures les lois d’une création, la nôtre, mais, grâce à la nature typique et compréhensive du symbole, il exprime en même temps : les lois de la grande création, les lois de toutes les créations partielles
mortes ou futures, et enfin les lois des éléments subordonnés de notre création (terre, société humaine, homme individuel, etc.) qui offrent à leur tour une image et une réduction de la réalité complexe dont ils sont les membres et les organes.
Chaque création ou partie de création a trois degrés de développement :
Le premier degré, nommé par la Kabbale Monde de Néphesh (c'est-à-dire monde de l’Ame inférieure), est celui dans lequel, par la faute des créatures qui s’éloignent de leur source, prévalent, peu à peu, l'égoisme, l'excès, la violence, la discorde, la matière, l'instabilité, le Mal.
Il correspond à ce que les Hermétiques appellent la couleur noire.
Dans les Mystères chrétiens, il se rapporte au Dogme de la Chute.
Dieu je détruit (c’est-à-dire le transforme, car il n’y a pas, d’après la Kabbale, de destruction absolue).
Dieu s’y manifeste donc par sa puissance et sa justice, et, dans la philosophie chrétienne de l’histoire, ce monde est représenté par l’Ancien Testament et par le Règne du Père.
— Le second degré de développement, nommé par la Kabbale Monde de Ruach (ou de l’Ame intermédiaire), est celui dans lequel, par la miséricorde de Dieu et les efforts repentants des créatures, le Bien lutte avec le Mal et se maintient en face de lui.
Dans l’ordre moral et social, la férocité primitive s’atlénue, l’égoïsme est combattu d’aspirations solidaires, dans l’ordre physique les violentes énergies d’un monde en formation se calment et permettent la floraison de la vie.
Comme on le voit, ce degré de développement peut ne pas apparaître en même temps chez les divers êtres ou ordres de choses où Dieu le suscite.
Pour la terre physique et matérielle, la période d’équilibration et de relaüf apaisement s'est produite bien avant qu’une période analogue füt possible dans la terre spirituelle, c’està-dire dans l'Humanité, puisque celle-ci commence à peine à entrevoir une ère d’apaisement et d'équité sociale.
Pour ne pas accuser d’erreur les révélations symboliques, il faut toujours se rappeler qu’elles rassemblent, en l’unilé