HISTOIRE I) UN FAUX NAPOLEON
On a parlé ces jours-ci d'un faux duc de Reichstadt. Le malheureux prend bien mal son temps pour revendiquer Thérilage de Napoléon l^^
Outre que la place est prise, la place n'est pas enviable.
Mais je m'étonne qu'on n'ait jamais parlé d'un prélendu fils de l'empereur Napoléon h% qui vit encore, qui fit paraître, en 1857, une brochure sous ce titre : Napoléon Bonaparle dit Ernest (îraj, ou la solullon de VémQme
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de 1830, et qui était venu auparavant à Paris rôclamer du pr(''i?idcnt clc la République une position sociale.
Ancien domestique, ancien employé de la police de Dresde, Graf ne réclamait ni une fraction de couronne, ni le titre de prince, d'altesse.
Bien que nous soyons dans un siècle où les bâtards ont quelque chance et pas mal de profits, Graf ne s'aveuglait pas. Il visait au solide et était disposé à faire bon marché du sang qui coule dans ses veines.
On ne voulût pas l'entendre, on l'éconduisit, et il vit de sa brochure, qui est fort curieuse, ainsi que de la vente de son portrait, qui est ressemblant et qui rappelle Napoléon l^"" d'une façon frappante.
Voici en quelques mots Ihistoire de ce Graf,
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Le 26 avril 18(33, iiiuuiail à Iiei^e\\i(z, près Dresde, une femme myslédeuse qui ne sortait jamais de chez elle; qui, après avoir été belle, recherchée, fort aimée, deux fois mariée, une première fois au comte de Lynar, une seconde fois au comte de Kielmannsegge, passa la plus grande partie de son existence enfermée dans une retraite absolue, gardant le deuil d'une illusion perdue, veillant avec un remords, et, selon quelques-uns, veillant avec deux remords, car la rumeur publique l'accusa de la mort de son premier époux. Mais elle était la fille d'un premier ministre, et dans ce temps-là les ministres avaient des privilèges.
La belle comtesse ChadoUe Augasta de Ivielmannsegge plut à Napoléon 1'^'" pendant le séjour de celui-ci à Dresde. On ajoute qu'elle plut également et en même temps à Talma, et ces deux amis, ces deux grands comédiens furent fraternellement accueillis.
Mlle Mars aurait reçu les confidences de Talma, et naturellement, c'est-à-dire féminînement, ne les aurait pas gardées pour elle.
Neuf mois juste après la présentation de Napoléon et les représentations de Talma, la belle comtesse alla à la campagne, où elle mit au monde, dit-on, un enfant qui dispa-
rut aussitôt. Li comte de Kielmann?c;;ge ne ?e reconnut pas dans cet enfant ôclos sous rinlliience de l'aigle impérial. Il divorça et laissa sa femme se cacher dans sa maison de Reise^vitz.
Dix-sept années après, un jeune homme se présenta à la police de Dresde pour obtenir un passe-port. On lui demanda son nom, son état civil. 11 fut fort embarrassé pour répondre ; mais la police de Dresde qui n'est pas curieuse ou qui en savait peut-être sur le compte de ce jeune homme plus qu'il n'en savait lui-môme, le plaignit beaucoup, et, pour le tirer d'embarras, le mit en prison.
11 y serait peut être encore si, un brau jour, c'était le 9 septembre 1830, le peuple, dans un élan terrible, n'avait démoli les murs du cachot et tous les cachots. C'était rctlet de la révolution française.
Le pauvre jeune homme sans nom et i-'aas l'amille trouva à point nommé des prolecteurs pour ne pas le laisser errer dans la rue. On le baptisa solennellement ; en lui donna un état civil, on s'arrangea même pour que la date de naissance qu'on lui appliqua n'eût aucune analogie avec la date de la retraite de la comtesse de Kielmannsegge. Et voilà, dès lors, Graf Ernest, aussi seul qu'auparavant, mais muni d'un nom et d'un acte de notoriété, lancé dans le monde.
On lui insinua que ses hautes destinées l'appelaient à être homme de peine, employé à la police ou valet de chambre. Ce sont l(s débuts de Ruy Blas. Mais Graf devint aussi, à son heure, amoureux d'une étoile, et de quelle étoile! De celle que Napoléon montrait à Caulaincourt, rifn que cela !
Que s'était-il passé pendant les dix-sept années de l'enfance et de la première jeunesse du pauvre Graf? On l'ignore, et luimême ne le dit pas. Que se passa-t-il de 1830 à 1857 ? Peu de chose, mais des fai's singuliers.
Ecoulons-le lui-même.
« De 183D jusqu'en 1848, je vécus à Dresde, bien tranquille, comme un bon bourgeois; mais 1848 m'arracha tout à coup à ma torpeur, me secoua, et inonda de lumière les ténèbres de mou existence.
» Au mois de novcmbr-^, deux Français se préi^entèrent à moi, m'uiîYant une somme
considérable p^)ur faire avec eux le voyage de Strasbourg. Us me firent entendre que, Jà-bas, ils me révéleraient le nom de mes parents ; que ma place n'était pas ix Dresde, mais à Paris.
» Je ne pus me décider, sur de si vagues indications, à les suivre, d'autant plusqu'iUexigeaient que j(^ quiUasse immédiatement mon pays.
» Les choses en reslèrent là, et je n'entendis plus parler de rien, quand, en mars 1849, l'ambassadeur français, M. le comte Reinhardt donna à la police de Dresde boancoup d'ouvrage. Il s'agissait de découvrir une conspiration qui avait pour chef un .<oî-di^a:U lils de l'Empereur Napoléon ^-^ et, à ce propos, on fit une enquête sur moi, moi, Thomme sans nom, sans patrie. Après un interrogatoire qui ne dura pas moin.- de trois heures, et qui eut lieu à
l'ambaNsadc de France, .sous la direction de l'ambassadeur lui-môme, ma parfidle innocence fat reconnue. Mais ces messieurs me firent entendre que je devais adresser une ptHiiion à Son Altesse le président de la République Louis-Napoléon, pour oblenir des secours. Ils me proposèrent d'appuyer ma demande, qui serait envoyée à Paris avec le résultat de l'enquête.
» J'écrivis le 31 mars 1849. Mais le comte Ueinhardt fut rappelé peu de temps après, et l'affaire fut rompue. Un an j^lns tarti, en 18o0, je m'adressai directement au prince, mais sans succès.
)) Alors, on m'engagea de différents côtés à ten'er le voyage de Paris. Les peintres surtout, frappés de ma figure, assuraient (jue je portais le cerliticat de ma nair^sance sur mon visage, comme ei la i-rovidencc avait voulu donner au pauvre dé.^iérilé un
moyeu de réclamer sa part d'héritage. Le comte Rcinhardt avait été le premier frappé de cette ressemblance.
» Celt 3 ressemblance et la coïncidence de mon ôge avec le séjour de Napoléon à Dresde forliGaient les soupçons...
» Le 22 novembre 1851, j'arrivai â Paris. Ma première visite fut pour l'ambassade de Saxe, où je priai qu'on me fît obtenir une audience du prince Louis-Napoléon. Mais l'ambassade refusa d'agir sans instructions de son gouvernement. On me remit à dix ou douze jours.
)) Les douze jours et d'autres passèrent sans instructions; je n'en ien. lis parler de rien.
M L'n jour, je me trouvais devant le dôme (les Invalide?, regardant les exercices militaires ; on lirait le canon; c'était l'enterrement du maréchal Soult. Tout à coup, un monsieur s'approche de moi et me dit en me remettant une carte :
— Vous voulez voir, n'est-ce pa?, le tombeau de votre père ? Allez avec cette carte chez le ministre, monsieur de iMorny, et on vous donnera la permission d'enirer. »
Graf raconte qu'il reçut en effet une carte et qu'il fit la visite en question au tombeau paternel. Hélas ! s'il pria, sa voix ne put percer l'épaisseur du marbre, l'épaisseur de la mort et l'épaisseur de ce marbre plus dur qui envelop[)ait le cœur de Napoléon.
Quelques jours après celte visite au tombeau, l'ambassade saxonne recevait enfin (les instructions de Dresde. Elles se bornaient à défendre à l'ambassadeur toute démarche personnelle auprès du pré.-ident. Ce n'était pas là une affaire de l'Etat, mais une affaire de famille ; toutefois, il fallait ne laisser manquer de rien le nommé Graf, lui donner des conseils et attacher à sa personne, comme homme de charge, le nommé Fischer, rue Saint-Denis, 303.
Graf refusa le surveillant qu'on lui offrait, et s'adressa au Président de la République,
Voici la réponse ofûcielle qu'il reçut :
(( Présidence de la République.
» Secrétariat général , faubourg Saint- Honoré, 52.
» Paris, 7 février 1852.
» Monsieur,
» Je regreUe beaucoup d'avoir à vous répondre qu'il n'est pas possible de donner suite à voire supplique adressée au Président delà République. Je ne puis vous faire espérer aucun succès, malgré l'intérêt que votre position semble mériter. Les fonds destinés aux secours et aux actes de bienfaisance dont le Président peut disposer sont relativement restreints, et le nombre des personnes qui s'adressent journellement à la bienveillance du prince est malheureusement trop considérable pour qu'il soit possible de l'étendre encore.
» Recevez, iMonsieur, l'aîsurance de ma considératioii distinguée,
» Le SGcrélaire généial,
» A. ClIEVALU-R.»
Napoléon Bonaparle Graf s'en retourna donc en Allemagne, plus riche d'expérience, plus pauvre de réalité. Il alla trouver le ministre d'Etat, M. de Beust, qui lui dit :
— De qui tenez- vous donc les circonstances de votre naissance? N'est-ce pas du directeur de la police, iM. Oppell?
Ces graves paroles, consignées dans la brochure, n'étaient pas faites pour calmer les soupçons du prétendant. Il courut chez M. Oppell, qui le reçut assez mal, parut fort contrarié de l'indiscrétion de M. de Beust et finit par dire :
— Après tout, j'ai obéi aux ordres reçus; je n'ai rien à vous dire.
Graf ne se découragea pas. Il écrivit au roi de Saxe, réclamant humblement une enquête et désignant la comtesse de Kielmannsegge comme sa mère probable.
On lui répondit :
« Le roi ne veut pas intervenir dans de si hautes et si délicates affaires de famille. Sa Majesté désire qu'il ne soit plus question de cette affaire. »
« Que faire ? dit le pauvre Napoléon Graf De tous côtés on m'apportait des preuves de ma naissance. Je me décidai à prendre le nom de mon père. J'en avisai le gouvernement français, l'ambassade de France à Dresde; on se tut, et depuis, nul ne m'empêcha de signer Napoléon Bonaparte. »
A la mort de la comtesse de kielmann?cgge, Graf se présenta comme son héritier et vou-
lui assister à l'ouverture du testament. Il ne paraît pas qu'on ait obtempéré à sa demande.
L'aftaire en est là. Les journaux de Dresde se sont occupés de la brochure dont les journaux français n'ont jamais parlé.
Je sais bien que nous ne manquons pas de Bonapartes. 11 y en a de toutes les mains; mais la France est assez riche pour faire des pensions et donner des cordons aux bâtards de ses souverains.
Je pense donc qu'il y a une question de charité nationale et de dignité napoléonienne engagée dans ce mystère.
Ou ce Graf est un imposteur, un aventurier que le hasard a estampillé à l'effigie de Napoléon, ou bien c'est un fils véritable. Il faut le démasquer ou le reconnaître.
En aitendant, il vôgèle dans la misère et liouvc la dcslinôe bien injure.
La comtesse de Kielmannsegge eut, dit-oii, le projet, après 1830, d'enlever le duc de Ueiclistadt pour le faire proclamer empereur à Paris. Elle eût espéré, sans doute, assurer par là une belle position à son fils. C'e^t la seule fois qu'elle se manifesta par un acte extérieur.
La poliro de Vienne prévint le complot et renvoya la comtesse en Saxe, sous bonne escorte.
J'ai abrégé l'arlicle d'un journal de Dresde auquel j'emprunte cette tiistoire, certifiée véritable par des écrivains sérieux.
Graf est vieux, expérimenté ; il a de bons certificats de domestique et une probité d'employé à toute épreuve. Pourquoi n'en ferait-on pas un roi d'Espagne ?
Je sais bien que le trône d'Espagne ne porte pas bonheur à la dynastie napo!(^onienne; mais, croit on que la République, si par hasard elle s'implante au delà des Pyrénées, sera plus propice au développement du pouvoir personnel?
LiBiBiil 1^. — Les gardes nationales s'agitent.
Au lieu d'écouter celle de Bercy, qui réclame contre la suspicion, on la licencie ; et voilà que la garde nationale mobile, à peine installée, manifeste son mauvais vouloir et son insubordination.
11 y a des semences insurrectionnelles dans l'air. Les lycéens eux-mêmes les aspirent.
A ce propos, est-il vrai (je ne dis cela que souà toutes réserves), qu'on a renvoyé les élèves de Louis le-Grand dans la soirée, à une heure où ceux qui n'ont pas de parents ont dû chercher au hasard l'hospitalité de la nuit?
Encore une fois, je n'adresse la question qu'avec l'espérance d'une réponse conforme aux prévisions de la sagesse, de la sollicitude éclairée de l'autorité universitaire.
Revenons à nos gardes mobiles.
Celle qui s'est réunie hier à Saint-Denis a réclamé le r/?/ar^ déplace sur le chemin de fer.
Comme on n'a pas fait droit à sa demande, ♦rtle a insislé et, tout naturellement, elle a entonné la Marseillaise. On conçoit le tumulte qui s'ensuivit. Plusieurs gardes nationaux furent punis ; mais où les envoyer en prison ?
On dut en référer au ministre de la guerre, qui engagea à se rejeter sur Y Hôtel des Haricots.
On ne peut emprisonner les gardes mobiles à la prison militaire de la rue du Cherche-Midi, pour une raison sans réplique, c'est qu'il n'y a pas de fonds votés pour l'année 1869 au profit de la garde mobile. Les cinq millions ont été dépensés en frais d'organisation, d'habillement, et la chronique assure mém'e que ce crédit a été dépassé.
Voilà pourquoi les gardes mobiles seront traitéà comine de simples gardes nationaux ordinairrs, provisoirement.
.ilurdS i«. — liafin, l'orac'.o a paric\
Selon l'invariable coutume des oracles en génùv^^, cl, de roracle qui nous gouverne en particulier, sa réponse n'est pas d'une clarté absolue ni d'une libéralité excessive.
Le Message accorde tout ce que l'Empereur pouvait proposer de son initiative privée, sans se compromettre, et ne donne rien des libertés essentielles qu'on réclamait.
C'est une transaction, ce n'est pas une réponse; c'est un attermoiement, ce n'est pas une concession.
Si on a voulu rendre plus expressives les réclamations du pays, pousser à une manifestation plus imposante, on a réussi à merveille. Toutefois, il y a là un premier pas vers la révolution qui doit modifier les idées napoléoniennes.
Même en cédant si peu, l'Empereur re-
Connaît qu'il faut céder. L'initiateur par droit napoléonien fléchit devant ses initiétî. C'est tout un changement. On le masque, on le pare, on n'a pas l'air d'obéir, on obéit mal, mais on ne résiste pas onvertemônl ; c'est beaucoup.
La Chambre a accueilli avec peu d'enthousiasme cet acte de peu de foi; mais elle en profitera. La responsabilité ministérielle n'est pas explicitement contenue dans le programme, elle y est implicitement ; c'est quelque chose.
La conséquence de ce Message, c'est la chute du ministère. M. Rouher n'avait pas épuisé toute impopularité ; mais il tombe dans un abîme plus profond, car aucune passion ne peut désormais aller le chercher dans le fossé creusé par la suffisance devenue tout à coup si insuffisante.
Il représentait la vanité, le décor du gou-
verncmeiU personnel ; il ne repiésenlait ni une politique, ni une tendance spéciale. Il a plaidé tant qu'il a pu : on lui retire le dossier de l'affaire que l'on parlagera désormais entre plusieurs avocats ; il est victinae d'un système diviseur, voilà tout,
Ce n'est pas très-intéressant; nul ne le pleurera.
Mci*ere€li 14. — Aujourd'hui, anniversaire de la prise de la Bastille, je fais mes paquets pour Sainte-Pélagie, et le Corps législatif interrompt sa besogne, congédié avec une impolitesse qui diminue beaucoup la portée du Message.
C'est la première fois qu'un décret de prorogation paraît au Journal officiel avant (Vavoir été lu dans l'Assemblc'e. Aussi, la gauihc est-elle indignée, le tiers parti blessé et la droite froissée.
La Chambre s'est séparée sans pousser le cri habituel, officiel en quelque sorte, de rive V Empereur \ M. Belmonlet lui-même s'est senti muet.
C'est la première fois, depuis 1832, qu'une a-semblée se sépare de cette façon-!à.
Dans les couloirs on remarquait, après la séance, dans un groupe, M. Schneider, vivement interpellé pnr M. Jén^me David.
Celui-ci lui reprochait sans doute de n'avoir pas lu le décret de prorogation lundi, quand iM. Rouher estde?ccndu de la tribune.
Tout le monde s'accorde à dire qu'il l'avait en poche. 11 n'a pas osé le lire de crainte de protestations delà part de l'opposition.
Il veut naturellement, comme un candidat, ménager tout le monde, m.ôme la gauche dont il espère les voix, lorsqu'il se prétientera pour la présidence.
Il a peut-être compromis son élection en la préparant trop.
Comme on demandait à M. Emile Ollivier s'il serait du prociiain ministère :
— Je ne veux pas essuyer les plâtres! répondil-il.
Dimanche, il dînait à Meudon avec M.
Latour-Dumoulin. 11 dit au prince :
— Je n'accepterai de portefeuille que si la responsabilité ministérielle est formellement écrite dans le Message.
— Si vous attendez pour être ministre, répondit le prince, que l'Empereur vous donne la responsabilité, je parie ma tête que, tant qu'il régnera, vous ne serez pas ministre.
M. Segris est rayonnant ; mais il éclate de modestie. H a une façon de repousser les félicitations qui est la plus comique du monde. Comme on le complimentait sur le nouveau ministère qui va lui ('•choir :
— Ne me félicitez pas, dit-il avec un sousoupir : ce serait le plus grand malheur de ma vie !
Il dit peut-être vrai sans vouloir s'en douter ; mais, c'est égal, il sera ministre.
(Louis Ulbach) FERRAGUS
Le Gérani : L. LE CHEVALIER
Paris.- imprimerie de Dubulsson et C% 6, rue C< q-B^ron