partie en'refusant, comme à Strasbourg, de faire usage de ses armes
,, L'acte d'accusation ajoute :
. Cette bruyante altercation attire cnfm Pallcution des deux compagnies du 42 . Les sous-ofQciers accourent à la voix de leur
chef; ils l'aident à se dégager des mains des eonju: es, qui font un mouvement m arrière. M. le capitaine Puygellier, d'une voix forte, s'écrie : — On vous Irompe; rirc/e roil Mais l'ecnemi rentre à rangs serrés, Louis Bonaparte en této. M. le capitaine Puygellier se porle vivom(3rit à sa rencontre, lui signifie de se retirer, et, pour toute réponse, lorsqu'il est tourné vers sa troupe, il entend la détonation d'un pistolet que Louis Bonaparte tenait à la main et dont la balle ^'a frapper un grenadier à la figure. »
Ainsi s'exprime l'acte d'accusation. Si l'on demande pourquoi M. d'Alton-Shée publie ce document dans ses Mémoires, je répondrai que l'ancien pair de France, ayant été le seul à voler la peine de mort contre le prince Louis-ISapolôon Bonaparte , trouve poli d'expliquer son vote, qu'il ne renie pas.
Lo ministre de la guerre Cubières, annonçant à la France Tairaire de Boulogne, s'exprimait ainsi ;
(c Sous rin\ocalion du grand homme dont la gloire est celle de la nation et dont le génie ne surprendra pas le courage des soldats français, une poignée de faclieuK... Repoussés dans les flots qui venaient de les vomir, Louis Bonaparte et ses partisans ont été pris, tués ou noyés. »
Quant £ l'ex-roi de Hollande, il n'était parie moins indigné, et il écrivait de Florence, le 24 août 18-iO :
(( Convaincu que mon li!s, le seul qui me reste, esl viclimo d'une inl'ànie intrij^^ue et séduit par de vils lUilleurs, de 'aux amis et peut-être par des conseils insiiieux, je ne saurais garder le silence sam manquer à mon devoir....
» Je déclare donc que mon tls Napoléon- Louis est tombé pour la troisième fois dans un piège épouvantable, un efroyable guetapens, puisqu'il est impossibh qu'un homme qui nest pas dépourvu de noijens et de b^n sens se soit jeté de gaieté m cœur dans un tel précipice, n
Je compléterai les réjouissances de cet anniversaire par la reproduction d'un témoignage écrit.
Le sergent Risuck dépose :
(( — Le lieutenant Aladenize demanda le sergent-major Clément ; on 1« fit venir. Le
lieutenant ïv. pn'scfU'j au |uinco avco inuiut le.'^ergenl Chnpol.ird, ot dit :
» Voilà lin scrgcnt-niajor qui nitM-ile do l'avancement.
» Le prince le regarda et lui dit :
» —Je vous nomme caiiitaine et je vous donne la croix que j'ai portée.
» 11 voulut d(M"aire sa croix, mais il ne pouvait y parvenir, et un orpicier lui dit :
» — Vous allez déchirer votre uniforme 1
» Le prince dit :
)) — Vous n'êles pas moins chevalier de la Légion d'honneur.
') Il nomma aussi officiers les autres sousofficiers, i^'ous avons tous refusé et nous sommes retournés à la compagnie. »
MainlenanI, voici le bouquet de mou petit feu d'artifice.
Veut-on savoir ce (ju'est devenu ce fameux pistolet qui fracassa [)ar mégarde la mâchoire d'uu greuacUer''
Ce tôinoin, ce souvenir, ce monument de la revendication des Bonaparle est entre les mains de M. Latour-Dumoulin, qui, du reste, je dois le dire, n'a jamais songé à en faite un mauvais usage.
Une arme si précieuse, et qui, sans être un chassepot, a fait merveille, est-elle bien à sa place dans la collection d'un simple particulier? ]\on, le patriotisme do ?,J. Lalour- Dumoulin faura se résoudre à un sacrifice et il olfrira, je n'en doule pas, celle arme précieuse au seul temple digne d'elle, au musée des Souverains.
SaEsscels St. — Je reçois la réclamation suivante :
« Monsieur,
» Une des marottes du gouvernement est
de faire dire à lou-t pro[)us, quand il ne le dit pas lui-niômc, qu'il a relevé le prcslige de la France. Comment se fait-ii alors que le Ley de Tunis, après les invitations commini'îoires de notre m.inisîre des affaires étrangères, après l'inlerruption des rapports dip]omat.i(|ucs et la n:enace probable des merveilicnx chass-'pols , n'ait ])as encore payé les créanciers français, tandis qu'au dire, non démenti, de W. Jules Favre à la tribune, il a satisfait depuis longtemps ceux d'Angleterre et d'Italie, pour lesquels on n'a point fait tant de tapage?
» Recevez... etc. »
Il est bien entendu que je ii'ai pas la prétention de donner à mon correspondant une bonne réponse.
Ji'. me borne à des conjectures ; et je suppo-e que le bey de Tunis, qui n'a pas appris l'histoire moderne dans les livres rccom-
maixlrH par M. Duruy, ?o souvient de Tin- (Imuicc l'alalo des Klals baibaresques sut- les dynasties IVancaises. Il ne craint pas dès lors qu'un vienne Taltaquer,
La prise d'Alger d préc(^dé de fort peu de temps la chute de Charles X; la prise d'Abdel-Kalcr a porté malheur à Louis-Philippe.
Le bey de Tunis a peut-être entendu dire qu'on est superstitieux en France et qu'on aurait peur de recommencer une troisième guerre de conquête. Yoilà pourquoi il se mofiuc de nous impunément.
On ne mettra donc pas Tunis sur la fameuse carte des menus de l'eiTipirc. C'est assez des erreurs et des bévues qui fout de cctlii carte un monument in)i)érisstible de l'urgucil iiuilile et des rev.iîuclies illusoires de la diplomatie trompée.
!>;i'o indiqii(''0 comme place l'orle, Anlihos comme une annexion de ce régime-ci, prouvent le vngue des notions régnanlcs d:!ns le-, ministères sur le bien d'autrui et surnoire bien personnel.
Un journal {VUnionde rOuest), on apprenant que Boulogne est désignée comme une ville l'orlifH''e, se féb'cite de voir réparée Félourderie du gouvernement de Louis-Pliilijipe. A'jjoui'd'bui, dit-il, un débarquement ne serait plus chose facile. C'est savoir mettre à profit les leçons de l'expérience !
On s'étonne beaucoup au Havre de n'avoir point reçu la visite de rcni|iereur. Une exposition sans souverains, c'est une bal.iille ^ans cliassppols ; et l'on me demandf^ quelles
raison? ont pu cmpô. iicr le chof de l'Elat de faire un voyage (j ni eût consacré ce grand essai de décentralisation.
C'est peut-être précisément cet essai do décentralisation qui a refroidi Thérilier et le contiauateur de la politique centralisante.
C'est peut-être la crainte d'ôtn^ accueilli par une pétition contre le traité de commerce ; c'est peut-être l'ennui de trouver des visages de négocianls un peu tristes, un pou soucieux, et de ne pns entendre les acclamations d'une ville qui manque do troupes, de camp, de fanfares !
C'est peut-ê!re îoutcela et bien des choços encore. Peut-être attendait-on que la reine d'Espagne fît le voyage, pour aller lui pré-
senter là-bas des compliments de condoléance.
Ce qu'il y a de positif, c'est que le Havre est humilié de n'avoir pas môrilô par un si grand eiFort l'honneur d'une visite que je ne sais plus quel concours de bestiaux avait attiré, je crois, il y a quelque temps, sur Orléans.
Quant au prince Napoléon, on ne saurait lui reprocher d'éviter les ports de mer et les embarcadères. C'est le génie de la locomotion. Voilà sa spécialité, qu'on a longtemps cherchée. S'il faut en croire ses confidents et ses biographes, l'excellent prince voyagerait pour s'instruirt3 et non pour savourer des ovations qu'on lui épargne toujours.
Co n'est pas qu'il fasse bon marché de son nom, toat prince démocrate qu'il veuille paraître.
Le Gaulois a publié, à ce sujet, une anecdote assez... gauloise que je veux reproduire.
Quand il appartenait à l'opposition radicale, c'est-à-dire après le coup d'Etat, le prince Napoléon rencontrait tous les soirs, à l'angle de la rue d'Aiger, qu'il habitait, une pauvre fille qui lui faisait d'alFrenx yeux doux.
Le prince passait licroiiient, mais le démocralo. élail érmi.
Un soir, le cUoijen Napoléon se laissa tenter par la pilié. Il suivit la solliciteuse dans son taudis.
— Tu me connais donc ? lui deman:la-t-il.
— C'io bôlisc ! jo to vois passer tous les jours.
— Sais-tu mon nom ?
— Pas du lout ; dis-le-moi, ton petit nom.
— Uegarde-moi bien ; je m'appelle comme celui à qui je ressemble.
Arr(Mons-nous pour admirer ce pelit accrs de fierté, si bien voilé depuis par tant d'eftorts de modestie !
La filie, très-naïve, continua :
« — Je no connais personne h qui lu ressembles !
— » Je lui montrai (c'est le prince qui raco!ile) une de ces pièces de cinq francs i(aliciuies sur lesquelles il y a: NapoUanc ini-
peratore e re. Tu ne trouves pas que je ressemble à la lête qui est là-dessus ?
» Elle examina la pièce un instant.
» — C'est vrai tout de même, dit elle en la prenant.
» — Eli bien ! tu sais comnseat je me nomme?
» -— l^âs du tout.
» — Mon nom est écrit sur la pièce.
» — Je ne sais pas lire.
» — Je m'appelle Napoléon.
» — Qu'est-ce que cela, Napoléon?
» Cette fille ignorait même Vexutence de Vempereur ! Il y a de ces bas-fonds ! »
Cette exclamation philosophique du prince doit rassurer ses admirateurs. Ce n'est pas lui qui se laissera enivrer par la gloire de son nom !
Le narrateur, que j'ai copié fidiUfiment,
oublie de dire si la leçon de modestie s'est prolongée et si l'ignorante a reçu pour sa candeur la pièce italienne qu'on lui avait montrée.
Car le prince est économe.
BâEitaBîclïe I*^'' isovcbsïîêî'C, — La
Porle-Ssint-Martin vient de reprendre avec un trés-vif succès de première représentalion la jolie pièce d'Alexandre Dumas, Madame de Chamblay.
On a surtout app'audi le per.-^onnage du préfet, aimable, sceptiijue, railleur, peu fanatique du gouvernement, mais fidèîc à ses amis, qui rit de son rôie officiel et qui ne rit pas de ses sentiments.
— A la l)nnnc lioiiro ! dirait-on. Voilà dos préfets comme il nous en faut, ou plutôt comme il en faudrait au gouvernement ! Ce n'est pas cehii-ià qui inventerait le dogme de la trinitô impériale, pour nuire ù la considération de !a religion el du pouvoir 1 Ce n'est pas lui qui ferait du zèle h tort et h travers! Ce uest pas lui qui manquerait d'esprit! Ce n'yst pas lui qui prête des serments, m.ais qui se les l'ait rendre à l'occasion !
Je suis bien certain que ce rôle éclatant d'un préfet si parfaitement honnête nuira à la vogue de la pièce dans les chefs-lieux de départements.
Jo viens (1(3 parler du serinent. J'aurais pu en (lire deux mots dé'j.'i à pro|"JS do l'anniversaire de i'allenlat de Strasbourg.
M. Laiiy, qui sii'^ge rînjouriVhui sur les bancs de ses juges, comparaissnit, en I808, devant la Chambre des pairs, jinur sa brochure : Relation histonque des événements du uO octobre 183G; et comme M. Pasquier rinterrogeail sur la fui due au serment :
— Monsieur l(i président , rôpondit-il , celte question est préciséinent celle que me fit à Strasbourg le président des assises. Je ne jugeai pas k propos d"y r(3pondre. Aujourd'hui, je vous dirai ce que tout le monde sait, que les serments sont des singeries, et qur, par conséquent, un n'est pas un (jrand scélérat pour les violer.
M. Pasquier, tpii avait jux'té' un ass»/ joli nombre, de .-ermenls, dut irouver la réponse
impertinente. Ju ircxpriinc pas mon sentiment, mais, je voudrais fjavoir si M. le sénateur Laity a gardé les oiiiiiioiis de rintjurgé de Strasbourg.
C'est une iiistoire curieuse que celle du serment dans ces dernières annôes.
Eu 1848, on supprime le serment politique. La loi du 8 août 1840, relative à l'organisalion judiciaire, régla par son article-S le serment professionnel des magistrats ainsi qu'il suit :
<( En présence de Dieu et devant les hommes, je jure et promeis eu mon âme et conscience de bien et fidèlement remplir mes fonctions, de garder religieusement le secret des délibérations et do me conduire en tout comme un digue et loyal magistrat.»
La formule est belle ; elle conviendrait à l'honneur de tontes les professions, sons tous les régimes.
Mais la constitution Je 1852 ne s'en contenta p;is; elle voulut que les magistrats songeassent d'abord au président (depuis l'empereur), et modifia ain.'^i la formule :
«Je jure obéissance à la Constitution et fidélité au président; je jure aussi et promets de bien et fidèlement remplir mes fonctions, etc., etc.. )>
La présence de Dieu et des hommes, l'âme, la conscience, disparurent, comme superflus, du ï-ernient , sous l'empire d'une constitution qui appelle les cardinaux au Sénat. Le serment au chef du
pouvoir exôciiUf remplace loulcs ces garanties d'un ordre supérieur.
Comme nous uvons r.ul de simplilier les choses I L'empereur, c'est la morale, et la fid(Hilô à l'empire, c'est la v<3ftu!
Je di^sospère de devenir jamais vertueux.
Je me permettrai de faire remarquer qu'un juge de paix qui n'a pas d'assesseur et qui rend la justice à lui tout seul se trouve amené à jurer qu'il gardera le fecret des délibérations.
Cela ne rappelle-l-iî pas l'iiisloire de ce soldat enfermé au violon et auquel la sentinelle criait par ulc fenêtre: — « Aligneraeiit ? i9
Jo lis dans 1g Journal de VEmplre col aimable appel à la cnncordo :
(( S'il finit recommencer le pass(^, les journées de juin ou le 2 décembre, pour proléger la volonlé nalionale, nous somme^î 1.1. Qu'on se le dise 1 »
On se le dira, el, pour la première fois, on croira le Journal de VKmpire.
Quand il parle de faire un mauvais coup,, personne ne le soupçonne de menlir.
Quant à la volonté nationale, elle ne fait jamais d'émeutes ; elle ne fait que des révolu lions.
Au Japon, le gouvornement que nou? soutenons de nos vœux vient <îe supprimer d'un seul coup tous les journaux.
C'est bien fait pour l'opposition; mais c'e^t peut-être excessif pour les journaux officieux ; à moins que le trésor japonais ne manque de fonds pour entretenir des journalisies sans lecteurs, comm^ eu France.
Il paraît que les inondations vont recommencer. C'est le moment d'en appeler à l'empereur des Franrai?.
Le 46 février 1837, en ouvrant ies Chambres, Napoléon ill disait :
« Je tiens à honneur qu'en France, les
— ol —
lleuvc-s, comme la PZ-voliilion, riailrcMit dan? leur lit et qu'ils n'eu puissent plus sorllr. »
Sire, voilà les neuve?; qui recommencent à di'coucher; quant à la Révoliitloi), elle n'est somnambule qu'en Espagne, et comme il y a des Pyrénées , nous pouvcns dormir tranquilles I
M. P.ainhaux, l'écuver de l'empereur, vient d'oblenir me médaille de sauvetage pour l'accident de I3erezow?ki. C'est de toute justice. Mais le pauvre cheval, a-t-il seulement un tombeau ?
Pourlanl, M. n;iinbau.K pnil chanter:
nt si j'ai irnçni; ia médaille, CV.st de la liiute à mou cheval .
l^Bîfiadî S KovtïSâSire. — C'est aujourd'hui la fête dos Morl?,
Le loml>eau de Cavaignac et celui de M. Baudin, mort en diMoudant la Constitution, ont reçu les oiïVandes de ceux qui se souviennent.
Malgré la présence de la police, tout s'est bien passé.
Eli rcnlmiil du cimelièrc, je Irouvc la le lire ?nivanle :
« Paris, rue Sedaine, G7, » Monsieur,
» Jg suis jaioux de suivre l'cxempli de M. Laugrand et de vous aider à honorer les viclimes du 2 dôcciiibrc.
» Je cerlifie que le citoyen Eugène Quesne, fondateur du journal le licpublicain, à Nancy, on 1818, a él6 d6j)orté, en 1851, à Cayenne, d'où il s'est ôvadé avec quatorze, aulres patriotes. Il a aidé à la fondation du Messager Franco-Américain, qu'il a rédigé jusqu'à sa mort, venue à la suite d'une maladie rapportée de Cayenne.
» J'ai asbisté à son enterrement, le 18 novembre 180;], dans le ciinelièn3dit des rroscrlts fran(:ais de !a vide de Jerscy-City, près
New- York. Pauvre cimetière! c'était la patrie des réfugiés! La terre où dorment nos amis était un don de la ville, témoignage de sympjslhiect de solidarité envers les victirnes du coup d'Etat. Le citoyen Qaesne fut lui-môme un des signataires de l'acte officiel de ce don.
» Il était estim.é et aimé des Am.éricains autant que des Français. J'ai rapporté son souvenir ; aidez-moi aujourd'hui à honorer sa mémoire. Je n'étais pas son parent, j'étais mieux que cela, son ami et son fiére d'armes,
» IrÉN'ÉE DAUTUlEfi. »
Est-ce une ironie?
Au m.om.entoù le culte des morts nous fait penser avec quelque amertume aux vivant?, la librairie Hachette met en vente un joli livre plein de jolis vers de M. Louis lialisbonne sur les Fctits hommes.
Est-ce pour nous inviter à rire des iiommes petits?
Je pourrais trouver dans ce recueil de contes et de moralités destiné aux enfants des épigrammes contre les faux géographes qui veulent liicher au jeu des cartes. Je me contente de ces douze vers intitulés la Guerre. :
— k quoi jouer? dit Paul. — Robert dit: Aux sol-
dats; Je te battrai d'abord, et puis tu me, battras; Puis, nous ferons la paix. — Pourquoi ne pas la
faire Tout de suite? — Pourquoi? mais pour faire la
guerre l
— Ecoute : l'autre jour, quand nous avons joué, Etant plus fort que moi, tu m'as trop secoué. J'ai saigné, j'ai plL-uré; ça ne m'amusait guère.
— Eli bien I du san^', des pleur?, c'eot le jeu de
la guerre !