SCÈNE II
MONTÉCLAIN, LÉONA ; puis BRIAS,
D'AVATIANNE, le Notaire.
LÉONA, entrant par une porte dérobée.
Mon Dieu ! que de mystères pour pénétrer dans le château d'un lion parisien!... Bonjour, Montéclain... dites-moi, mon mari est-il arrivé ?. .
MONTÉCLAIN.
Pas encore.
LÉONA
Tant mieux... je pourrai rire un peu.
MONTÉCLAIN.
i:h! de quoi donc?...
LÉONA
Eh! mon Dieu, de la Hgure de Georges lorsque je l'ai présenté à mes invités... et puis de sa fugue quand j'ai voulu recevoir ses remercîmens...
MONTÉCLAIN.
En effet, le coup de Ihéàtre a clé superbe et
inattendu... et vous verrez que je m'en suis sou', venu.
LÉONA
J'aurais donné quelque chose pour voir la mine du général en pareille occasion... et celle de ma rivale... quicomptait bien devenir comtesse d'Estève... cela a dû être fort amusant î
MONTÉCLAIN.
Au fait, Léona, c'est très plaisant!... cette fille déshonorée, ce père désolé...
LÉONA
Ah ! ma foi, ça les regarde...
MONTÉCLAIN.
Ce frère qui compte bien punir votre mari...
LÉONA
Est-ce qu'on se bat avec ça ?
MONTÉCLAIN.
Quand on ne se bat pas avec ça, ça vous lue... et à moins qu'il ne vous convienne d'être veuve...
LÉONA
Je n'ai pas assez usé des charmes de mon mariage pour en être là.
MONTÉCLAIN.
C'est pour cela que, moi et mes amis, nous voulons vous épargner celle infortune ; car il est temps que vous sachiez que nous ne sonmics semble ici que pour décider de votre position vis-à-vis de la famille d'Esléve...
LÉONA
Ma position n'a rien d'équivoque, je suppose.
MONTÉCLAIN.
Sans doute, mais le géuéral ne l'accepte pas comme il vous convient de la faire, et il a chargé quelques amis communs de prendre avec vous des arrangemens.
LÉONA
Une séparation?... encore!...
MONTÉCLAIN.
Vous allez le savoir.
(Il frappe dans ses mains; ses trois amis paraissent, un à chaque coup, ainsi: Brias le premier, par la porte latérale à droite; le notaire le second, par la porte latérale à gauche; et enfin, d'Avatianne le troisième par la porte du milieu.) LÉONA.
Qu'est-ce cela?
MONTÉCLAIN.
M. de Brias, que vous connaissez... (Présentaut d'Avatianne.) M. de Marsayque je vous présente. (Présentant le notaire.) M. de Rastignac, tous deux mes amis... Veuillez prendre place.!.
( Les trois hommes prennent place autour de la table:
Blontéclain offre un fauteuil à Léona près de la table,
et s'assied un moment après, de l'autre côté.) LÉONA.
Pardon... mais je n'ai pas l'honneur de con naître vos amis... quoiqu'il me semble que je me rappelle leurs noms ; et je ne vois pas ici M. d'Esléve... qui de devrait être le premier ié moin de cet entretien.