‹ La cluse; comédie dramatique en 4 actesChapitre 10 sur 26 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

JEHAN et HILDA.

HILDA [remuante)

Vivent le bon air, la lumière, les arbres! Que c'est bon, après le bon travail ! [Elle s'assied sur la chaise et prend les mains de Jehan.) Que de belles choses nous découvrons, dans ses papiers... Non! Helsius, le penseur, n'est pas mort ! Partout il revit pour nous I [Elle se levé.)

JEHAN

Oui, il continue à nous guider, à nous aimer... Le soir où, plus tôt qu'il ne l'attendait, la Mort vint à lui, il nous disait que seuls restent l'esprit, les idées... Il les a largement semées, dans un terrain qu'il avait sagement préparé... C'est nous qui sommes les dépositaires et les gardiens de ce trésor...

Gardons-nous de l'e.xtérieur ! Nous ne le connaissons que de loin, mais il nous terrifie! Ainsi, sans l'avoir parcourue, on a l'horreur de la jungle où bondissent les fauves... Helsius l'avait connu, lui, ce monde qui l'avait meurtri, et contre lequel sa haine insurmontable nous a mis en défiance...

HILD.\ (tendrement, en se rasseyant)

Oui, Jehan, nous resterons en cette Cluse riante, où se sont succédé tant de générations de notre sang...

JEHAN (assis sur la souche de bois)

Que la Forêt ancestrale accueille une génération nouvelle et fasse la Vie qu'elle ne soit point la dernière... Helsius vient de nous dire : ici, tout est frais, tout est pur, tout est bon...

(Ils s'embrassent longuement. Le paysan repasse, venant du fond ; il porte des branchages et un lièvre mort.)

Page 1