SCÈNE PREMIÈRE
LE COUSIN (seul)
Même l'ctrangeté de ces lieux ne parvient pas à en chasser l'ennui... La Cluse! La Recluse, plutôt... Tant dans les chambres claustrales qu'on nous a réservées que dans cette forêt sans bornes, on se sent isolé... on aspire au changement, à n'importe quoi, mais autre chose que cette paix exaspérante... J'ai l'impression, chaque jour plus vive, d'être, par je ne sais quelle magie, transporté dans un autre âge que le nôtre... Et je me demande si c'est un saut dans l'avenir que j'ai fait, ou un recul dans le passé; si, dans ce monde clos, je suis en avance ou en retard sur les mœurs...
Tout, ici, est différent de tout... Les paroles qu'on articule, même l'air qu'on respire... Ah! comment s'étonner de ce que la misanthropie aigrisse une âme, quand cette âme est venue enfouir ici quelque blessure?... La mousse envahit les arbres... Et je conçois que ce Hclsius...
(Entrée d Estelle, en vêtements de deuil.)