‹ La Coagulabilité Du Sang Mesurée Dans Le Plasma SaléChapitre 14 sur 59 · TECHNIQUE · texte numérisé non relu

TECHNIQUE

Nous avons appliqué la méthode du plasma salé à l’évaluation de la coagulabilité du sang humain.

Du sang qu'on veut étudier on fait un plasma salé dont on recherche ensuite, dans différentes dilutions, la vitesse et la facilité de coagulation.

La préparation du plasma salé est faite exactement suivant les indications de MM. Bordet et Gengou : mélange d’un quart d’eau salée et de trois quarts de sang. Dans un tube à centrifuger où l’on a préalablement introduit 5 centimetres cubes d’eau salée à 20°/, (1), on recueille 15 centimètres cubes de sang d’une ponction veineuse faite avec une aiguille assez large pour un écoulement facile. On retire le tube quand le sang a atteint un niveau marqué d'avance, qui correspond à 20 centimètres cubes de liquide total. ,

On pourrait encore mélanger 2,5 centimètres cubes d’eau salée et 7,5 centimètres cubes de sang (ce qui donnerait toujours une concentration saline finale de 5 °|,) pour épargner au malade une soustraction sanguine de 15 centimétres cubes. Mais on ne peut faire moins, car il faudra disposer de 4 ou 5 centimètres cubes de plasma, et il y aura naturellement à déduire du volume du mélange la masse

des éléments figurés.

(1) NaCI pur et sec, dissous dans l’eau distillée.

Avant de retirer l’aiguille de la veine, il est bon de prendre un peu de sang pur dans deux ou trois tubes à hémolyse, afin de connaitre la vitesse de la coagulation naturelle.

La centrifugation, qu'on doit en principe commencer immédiatement, mais qui peut néanmoins être retardée sans grand inconvénient d'un quart d'heure ou d'une demi-heure, sera poussée jusqu'à limpidité absolue du plasma, qu'on décante alors avec une pipette à boule, sans prendre la couche touchant aux globules (1).

Le procédé par lequel nous avons évalué la coagulabilité du plasma, consiste à le répartir dans six tubes à essai ordinaires, chacun contenant 0,5 centimètre cube de plasma, et à ajouter des quantités d’eau distillée croissantes : | centimètre cube ; 1,5 centimètre cube; 2 centimètres cubes; 3 centimètres cubes; 4 centimètres cubes; 5 centimètres cubes; pour que les mélanges se fassent tout de suite, chaque tube immédiatement après avoir reçu sa quantité d’eau est secoué deux ou trois fois; après quoi on n'a plus qu'à constater quels mélanges coagulent et quel temps a demandé chaque coagulation.

La concentration saline est :

Dans le 1‘ tube, de 1,66 °/, (0%,5 de pl. salé à 5 °/, + 1® d'eau dist.

— 2%, —, 1,250: — — +15 — moi — æ +2 — 2 MO — + 3 — — 5 — 0,55%, — — + 4 — — 6 — 0,45°%, — — + 5 —

(1) Les répartitions de liquide sont toujours faites avec des pipettes aussi propres et sèches que possible.

INT Lee

La première dilution coagule rarement, 1,66 "|, est une concentration excessive. Dans les plasmas que nous avons considérés comme normaux, les plus nombreux, toutes les autres dilutions coagulent, mais plus ou moins vite. C’est presque toujours la quatrième qui se prend avant les autres; 0,7°}, paraît donc être la concentration optima. Les exceptions à cette règle ne nous ont pas semblé du reste avoir une signification nette, en rapport avec la coagulabilité du plasma. En général on voit, au fur et à mesure qu on s'éloigne de part et d'autre de cette concentration optima, s allonger de plus en plus le temps de coagulation, de sorte que la courbe est la suivante :!

A 1,66 °/, — incoagulable.

1,25 °}, — coagulé en 53 minutes.

il QE = — 34 — On — — 930: — ne EE FEI DAS er,

Tel est le type de coagulation d’un plasma salé humain normal. Ces cinq chiffres varient bien entendu, ne donnent pas des courbes superposables. Il arrive que deux concentrations voisines se vaillent à peu près et que la vitesse de coagulation soit la même dans les deux. On ne sera pas trop surpris de constater souvent (dans une expérience sur cinq) que, dans la série des cinq dilutions qui coagulent, l’une d’entre elles présente un léger retard, ou même un retard marqué sur les autres. Par exemple un

plasma coagule :

A 1,25 °/, — en 38 minutes.

1l DE = 3 — 0,7 f: — 27,9 — Do 36 — 0,45 °l, — 45,5 —

Ce plasma est pourtant comparable au précédent ; de la première à la dernière dilution coagulée les temps de coa-

En

gulation s’échelonnent entre vingt minutes et une heure ; et si l’on voulait faire une différence, ce serait, sur l’ensemble des chiffres, le dernier plasma le plus coagulable ; l’anomalie est donc dans la dilution salée à 1°}, quin'a coagulé qu'en 43 minutes, on peut dire plus lentement qu'elle n'aurait dû.

Cette irrégularité ne tient pas au plasma, on peut la rencontrer dans le premier essai d’un plasma et ne plus la retrouver dans un deuxième essai fait en même temps ou une heure après; malgré tout le soin qu'on aura apporté au nettoyage des tubes, il faut bien croire que c’est au tube qu’elle doit être attribuée.

Cela suffit en tout cas à montrer qu'une évaluation basée uniquement sur la vitesse de la coagulation, notamment sur une moyenne de vitesses à établir entre les dilutions coagulées, ne saurait fournir qu'une précision artificielle. La restriction paraît encore plus nécessaire lorsqu'il faut juger entre deux plasmas qui coagulent de la façon suivante :

Plasma A.

1,66 °/, —= incoagulable.

1P2oU —

l °L, — coagulé en 2 heures.

0,7 °‘k — — en #9 minutes.

0,45 °, — — en 2 heures, Plasma B.

1,66 °/, — incoagulable.

ou —

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