‹ La Coagulabilité Du Sang Mesurée Dans Le Plasma SaléChapitre 17 sur 59 · ER, CU · texte numérisé non relu

ER, CU

qu'on sait de l’affaiblissement des ferments par la dilution).

Il y a donc lieu de rechercher si réellement la dilution à 0,7°|, n'a de fibrinferment qu'après 24 minutes, quand apparait sa première fibrine, ou si à ce moment elle n’en contiendrait pas au contraire déjà plus que la dilution à 1,25°|,, ce qui expliquerait le résultat final.

A deux dilutions à 1,25 ‘|, et 0,7 ‘|, du même plasma, préparées en même temps que les précédentes et qui-en seront respectivement au même point de leur coagulation, ajoutons vers la vingt-quatrième minute une dose d’oxalate telle que chacun des deux mélanges soit oxalaté à 1°}... Toute formation nouvelle de ferment est des lors impossible, et chacune des deux dilutions oxalatées devra achever sa coagulation avec la quantité de ferment dont elle disposait à la vingt-quatrième minute. Or la dilution à 1,25 °| reste liquide, avec sa bague de fibrine antérieurement formée; et la dilution à 0,7 ‘|, coagule complètement. Celle-ci contenait done, à la vingt-quatrième minute, plus de ferment que la dilution à 1,25 °|,.

On peut admettre que la dilution à 1,25 °|, ne possédait, au moment d'ajouter l’oxalate, aucune trace de ferment dans toute la masse liquide ne touchant pas au verre; mais on ne peut nier qu'elle avait en revanche élaboré déjà beaucoup de ferment contre la paroi. Tout s’est passé comme si elle avait ressenti le contact du verre plus vivement que la dilution à 0,7°}..

MM. Bordet et Gengou disent que « le plasma mouille les objets beaucoup plus facilement que l’eau pure ». Il nous semble que cela explique l'influence du verre inégale suivant les dilutions. Plus la proportion de plasma est grande dans un mélange, plus ce mélange mouillera la

paroi et se trouvera sensible à son contact. Quand la pro-

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portion de plasma est très faible, il arrive que le verre semble avoir perdu touteinfluence ; ainsi à 0,45 ‘|, (0,5 centimètre cube de plasma + 5 centimètres cubes d’eau) la coagulation se fait souvent sans qu'à aucun moment on ait pu noter une trace gélatineuse sur la paroi du tube. D'autre part quand le plasma est en forte proportion, à 1,66°/, (0,5 centimètre cube + 1 centimètre cube d’eau), la paroi prend assez d'action pour déterminer la formation d'un sac quelquefois complet dans lequel Le plasma reste indéfiniment liquide.

Voici, complétée, la série des dilutions du plasma donné plus haut en exemple :

Première trace de fibrine apres : Coagulat. après : AM: 662%/01(0,5%pl.=Edreau) 30 minutes... Incoagulable. 1,25 °,, (0,5 PRO) A LOMREER R cnnnee 50 minutes. 1 O (0,5 + 2) DORE AN TR 50 — 0,7 °, (0,5 + 3) D EN ee Toni e 39 — 0,55 °/, (0,5 + 4) BAR EN ET RE 48 — : | 0,45 °/, (0,5 +5) jamais de fibrine à la paroi. 60 minutes caillot

total mais non adhérent.

Au point de vue technique ces observations ont une grande importance (1). Au fur et à mesure que la proportion du plasma augmente dans le mélange, l'influence du verre grandit en même temps que diminue la coagulabilité réelle du liquide : cette notion indique que les coagulations exclusivement pariétales n’expriment pas la coagu-

(1) Au point de vue physiologique elles montrent (dans la dilution à 1,66 °/,) une action strictement locale du ferment. Mème en dehors de toute intervention d’oxalate pouvant gêner les progrès de la fermentation, on voit le ferment borner sa manifestation au voisinage immédiat de la paroi. Dans cette zone où l'influence du verre a pénétré et déterminé l'apparition du ferment, celui-ci a, sur place, été jusqu'au bout de son action, jusqu'à la formation rapide (30 minutes) d’une fibrine adhérente et ferme. Mais au delà de cette zone, il n'est pas de diffusion de ferment, pas de propagation de la précipitation fibrineuse qui puisse empiéter, si longtemps qu'on veuille attendre. Le ferment agit là où il est, là seulement.

labilité de la dilution et doivent être considérées comme illégitimes, attribuables à une cause d'erreur prévue.

C'est bien ainsi qu'on considérera le caillot qui se forme inévitablement à l'orifice de la pipette à plasma, quand on ne l'a pas lavée après s'en être servi. Dans l'extrémité effilée de la pipette une ou deux gouttes de plasma salé à 5 ‘|, étaient restées; et le seul effet du verre, multiplié en raison de la petitesse du calibre, a fait naître le fibrinferment. Dira-t-on que le plasma salé à 5 ‘|, est coagulable?

Donc, négligeant toute coagulation de paroi, on n'acceptera que le caillot total. Mais sans attendre que le voile fibrineux ait envahi le fond du tube, ce qu'il fait insensiblement, on déclarera coagulé tout mélange qui peut etre renversé sans se répandre. L'instant est précis: et la prise complète est toujours dès ce moment assurée.

Comme on cherche à remuer le moins possible les tubes avant l'achèvement de la coagulation, parce que les mouvements dans le liquide, en disséminant le ferment, pourraient la hâter, il est bon de regarder d'abord et de guetter l'apparition du disque blanchâtre sous la surface du liquide; lorsqu on lui aura vu prendre deux ou trois millimètres d'épaisseur, on essavera une fois de retourner le tube. La surface se déforme toujours légèrement; mais si on la voit prête à céder, on rétablit le tube dans sa position verticale. Il faut aller prudemment. Du reste il n'y a plus alors longtemps à attendre : une demi-minute ou une minute apres, le tube peut étre complètement retourné sans quil y ait écoulement. On marque l'heure, qui donne la durée de la coagulation.

Les caillots décollés ne permettent pas, il est vrai, d'utiliser cet indice; mais on ne les trouve guère que dans les dilutions lentes à coaguler, dont le temps de coagulation

n'est pas indispensable à fixer à quelques minutes près.

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C'est en effet à 0,45 °|,, nous l'avons vu, que la coagulation s achève souvent sans s'être amorcée à la paroi. Rien ne retient alors le caillot au verre, et s’il ne s'effondre pas lorsqu'on retourne le tube, du moins il glisse en masse et tombe. On n'hésitera pas à le déclarer coagulé, car cette coagulation, pour avoir échappé à l'influence du verre, n'en à que plus de valeur; et l’on estimera approximativement le temps de coagulation.

Il'existe enfin des caillots partiels flottant dans le liquide. Mais ici deux cas sont à distinguer : dans un premier il s'agit encore des dernières dilutions, salées à 0,45 ou 0,55 ‘|, dilutions très étendues subissant faiblement le contact du verre et dont le caillot n'adhère jamais bien solidement à la paroi du tube. La coagulation est en train de se faire; on la croit assez avancée, on essaye de renverser le tube. Le caillot mal attaché se décolle, et se rétracte immédiatement. Ces caillots de plasmas tres dilués ont tendance à la rétraction plus que les autres, parce que la grande quantité de liquide en distendant le réseau fibrineux sollicite davantage son élasticité. Mais en somme ce caillot ramassé est encore un caillot total.

Dans le second cas, au contraire, la première manifestation de coagulation est un caillot partiel au sein du liquide ; et il ne grossit pas. Parfois plusieurs caillots se forment ainsi dans le même tube; ou bien on ne trouve pas de caillot, le liquide s’épaissit seulement et devient sirupeux. On comprend qu'en pareil cas il n’est plus question de chercher la durée du phénomène. Cette donnée est devenue inutile en présence d'une anomalie qu'on retrouve dans tous les mélanges qui ne restent pas absolument liquides, et qui témoigne évidemment d'un gros défaut dans la coagulabilité du plasma.

La possibilité des accidents que nous venons de signa-

ler n’est donc pas un obstacle à la méthode; elle nous laisse la possibilité d'établir les deux éléments qui caractérisent la coagulabilité d’un plasma salé : limites de sa coagulabilité, vitesse de sa première coagulation.

Quelle précision faut-il attendre de la méthode? On s’en fera une idée par l'examen des résultats que fournissent les essais renouvelés à quelques semaines de distance sur le plasma d'un sujet sain.

En voici deux exemples :

Plasma A.

Sang pris le 28 novembre. Sang pris le 9 janvier. 1,66 °/, — incoagulable. — incoagulable.

1,25 °/, — 59 minutes. — 50 minutes.

L at 0 === 150 ms 0,7 Qi — 39 — — 39 — 0,55, —%3 — le 0,45 °[, — 56 — — 00 — Plasma B, Sang pris le 8 novembre, Sang pris le 5 décembre. 1,66 °/, — incoagulable. — incoagulable, 1,25 °/, — 66 minutes. — 56 minutes.

Remarquons d’abord que les limites de coagulabilité ne changent pas.

Pour le plasma A la première coagulation dure le même temps les deux fois; mais une régularité aussi juste est rare; on voit ce qu'elle vaut par les autres chiffres qui, d'une expérience à l’autre, n’ont pas donné des courbes parallèles.

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