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L'ÉTUDE ANALYTIQUE DE LA COAGULATION

Après la prise en masse, le caillot, au bout d'un temps variable laisse exsuder le sérum.

Le caillot est constitué par les éléments figurés du sang, enserrés dans une trame blanchâtre, filamenteuse, la fibrine. Celle-ci peut se former dans le plasma indépendamment des globules rouges [décantation des hématies en présence de sulfate de soude (Hewson, 1770)|.

Dans ce plasma, il existe une substance précipitable par le chlorure de sodium. Reprise en solution par l'eau, elle coagule au bout d’un certain temps. C’est le fibrinogène (Denis, 1856).

La question de savoir comment ce fibrinogène est transformé en fibrine a suscité, depuis 50 ans, les études des biologistes; certains y ont consacré leur vie.

Voici comment on peut résumer avec M. Carnot (1) les théories et hypothèses jusqu'ici classiques :

La transformation du fibrinogène en fibrine est due à l’action du fibrin-ferment ou thrombine (Alexandre Schmidt, Hammarsten, 1876).

(1) Garnor. Congrès Français de Médecine, 1912.

Mais ce ferment ne préexiste dans le sang circulant que sous forme de pro-ferment ou thrombogène inactif. « Tout le mécanisme de la coagulation repose done sur la transformation du thrombogène en thrombine, celleci entraînant la transformation consécutive du fibrinogène en fibrine ».

Or, cette transformation de la prothrombine en thrombine est elle-même commandée par une série d'actions favorisantes ou empêchantes.

Actions favorisantes. — Sels de chaux : ils sont indispensables à la coagulation (Arthus et Pagés, 1890), c'està-dire à la transformation du pro-fibrin ferment en ferment. Mais, dès que ce fibrin-ferment est formé, ils ne sont plus nécessaires et la coagulation se poursuit même en leur absence (Hammarsten, Pekelharing).

Les solutions salines d’une façon générale.

Les sucs de tissus (Foa et Pellacani, Buchanan, Wooldridge, Fuld et Spiro, Morawitz, Delezenne).

Les secrétions leucocytaires et endothéliales.

Par analogie avec la terminologie de Pawlow (la trypsine pancréatique n’agit qu'après avoir été activée par l’entéro-kinase intestinale), ces substances d’origine cellulaire, susceptibles « d'activer » le thrombogène ont été nommées : thrombokinases (Fuld et Spiro, Mora- Wilz).

Actions empêchantes :

Physiques : certains contacts. Paraffine.

Chimiques : certains sels.

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Biologiques :

a) Substances du type antithrombine :: hirudine de l'extrait de tête de sangsue; liquide de peptone, extrait de foie de chien ayant subi une injection brusque de propeptone.

b) Substances du type antikinase : venin de cobra.

A l’état normal, il y a équilibre dans le sang circulant entre les substances favorisantes et les empêchantes.

Depuis 1904, Nolf propose une théorie basée sur les observations suivantes :

Le plasma de tous les vertébrés contient tout ce qu'il faut pour former le caillot; il reste stable, incoagulable dans les veines et en dehors d'elles, s’il est prélevé avec des précautions spéciales (Delezenne).

Or, la stabilité plus ou moins grande du plasma, la tendance plus ou moins marquée à coaguler spontanément peuvent être complètement indépendantes de sa richesse en éléments de coagulation.

__ « Pour qu’un caillot puisse se produire, il faut la présence de sels de calcium et trois substances protéiques : le fibrinogène, le thrombogène et la thrombozyme ».

La fibrine résulte de leur union : elle n’est donc pas un fibrinogène plus ou moins altéré, mais un complexe protéique. La {hrombine résulte de l’union de l'excès de thrombogène et de thrombozyme : « c'est une sorte de fibrine incomplète, ne contenant que deux des constüituants de la fibrine ». Au lieu d’être un agent de coagulation, elle n’en est qu’un produit.

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