‹ La Coagulabilité SanguineChapitre 15 sur 48 · ARS · texte numérisé non relu

ARS

« Tout plasma contenant la thrombozyme, le throm bogène, le fibrinogène et les sels de chaux, il y aurait grand danger de coagulation intra-vasculaire, n’était la présence dans le plasma d'une ou de plusieurs substances qui s'opposent à la coagulation. Parmi ces substances, il en est une au moins qui joue un rôle très important, c'est l'antithrombine hépatique. C’est par ce mécanisme que se trouve assuré l'équilibre de solution des colloïdes des humeurs et la parfaite stabilité du sang dans les vaisseaux ».

Hors des vaisseaux d'innombrables facteurs créent des conditions favorables à la coagulation sans apporter à la fibrine aucun constituant essentiel. Ce sont les agents thromboplastiques : contact avec des parois, substances insolubles finement divisées, poudres cristalloïdes, colloïdes ou ions (influence prépondérante de l'ion calcium et du colloïde lécithine). Dans la physico-chimie des colloïdes, on connaît depuis longtemps l’action précipitante, flocculante, coagulante des ions, des cristalloïdes ou des colloïdes dissous, des poudres et des parois (Nolf, Congrès Français de Médecine, 1912).

Quand le sang s'épanche sur une plaie, les agents thromboplastiques provoquent la précipitation des trois colloïdes du plasma sous forme de fibrine. Mais celle-ci se dépose surtout sur les cellules blanches et les cellules endothéliales productrices de thrombozyme. Lürritation et la destruction des éléments blancs sont donc secondaires à la coagulation du plasma.

Origine des substances coagulantes et anticoagulantes. — Après avoir donné le rôle principal de la secrétion du fibrinogène au foie, des kinases aux cellules blanches, toutes les recherches récentes tendent à constater qu'il n'est pas un seul tissu de l'organisme qui ne soit susceptible de favoriser la coagulation, en produisant, soit du fibrinogène, soit des substances thrombo-activantes.

De même, {ous les tissus paraissent capables de secréter des antithrombozymes.

« Nous devons nous familiariser avec cette notion générale qu'un même organe fabrique simultanément des substances antagonisies, en proportion différente

suivant les besoins » (Carnot).

Rôle des hématoblastes. — L'importance de leur rôle, déjà vue par Hayem, Morawitz, vient d’être reprise par Lesourd et Pagniez. Bordet et Delange (1) concluent aussi à la supériorité des plaquettes sur les leucocytes comme agents de coagulation.

« Les liquides privés de globulins ne coagulent pas ou avec une extrême lenteur. La richesse du sérum en thrombine, après la coagulation, tient à l’existence de . plaquettes dont l'importance se conçoit quand on connaît leur nombre énorme dans le sang et le fait qu'une trace de plaquette suffit à produire une dose fort notable de thrombine ».

C'est aux plaquettes que serait due la supériorité coa-

gœulante du sang des mammifères sur celui des oiseaux.

(1) Ann. de l'Instilut Pasteur. 1912-1913, BLOCIH

EE

De

Beaucoup d'auteurs (Hayem, Lion, Bensaude, etc.) pensent que la rétractilité du caillot est due spécialement à l’action des hématoblastes.

Cette action a été discutée, en particulier par Achard et Aynaud.

Tout récemment, Aynaud a montré qu'en faisant varier la concentration saline du sang, on obtient la rétractilité ou l'irrétractilité; l'adjonction de globulins, dans ce dernier cas, n’amènerait pas la rétractilité.

La rétractilité ne serait pas une fonction spéciale; l'incoagulabilité et l'irrétractilité seraient des troubles du même ordre (1).

(1) MarceL Ayxaup. Soc. de Biologie, 15 novembre 1913.

Page 1