APPLICATIONS DES NOTIONS PRÉCÉDENTES A LA MESURE DE LA COAGULABILITÉ
La plupart des substances coagulantes et anticoagulantes que nous venons d’énumérer ne sont connues que par leurs manifestations et n’ont pu être isolées.
Dans quelques cas très rares, on a pu tenter la mesure de la valeur du thrombogène (Morawitz), mais ce ne sont pas des procédés applicables en clinique. Le dosage du fibrin-ferment serait illusoire, puisqu'il est toujours en grand excès dans le plasma, — et que pour certains auteurs, il n’est qu'un produit secondaire à la coagulation (Nolf).
Ce qui importe en clinique, c’est de pouvoir apprécier la résultante de toutes ces forces antagonistes, plutôt que le détail des composants. |
Deux procédés ont tenté d'apprécier cette coagulabi-
lité globale :
À, — Procédé des anticoagulants. — Il a été indiqué par Wright et appliqué par Chantemesse. Il consiste dans le mélange de gouttes successives du sang pris au doigt
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avec des solutions anticoagulantes progressivement concentrées. La première solution qui s'oppose à la coagulation sert de mesure à la coagulabilité. Ainsi, pour arriver chez l'individu normal à empêcher la coagulation, il faudrait mélanger au sang une solution d'oxalate de potasse telle que le titre final du mélange soit de 1/700.
Si la coagulabilité est diminuée, il: suffit de Utres moins élevés 1/800, 1/1000 pour empêcher la coagulaon.
Si la coagulabilité est augmentée, des titres plus forts 1/600, 1/500 sont nécessaires.
Cette méthode a donné des résultats, en particulier dans les cas de coagulabilité augmentée.
B. — Elienne Brissaud (1) vient de décrire un procédé basé sur les propriétés du « plasma salé » étudiées par Bordet et Gengou (2).
Si, au sortir du vaisseau, on reçoit le sang dans une solution de chlorure de sodium telle que la concentration saline soit élevée dans le mélange à 5 p. 100, on obtient, après centrifugation, un plasma absolument incoagulable. Si, on additionne ce plasma d’eau distillée de façon à abaisser la concentration saline vers la con-
centration normale du sane, il arrive un moment où le
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plasma coagule (lentement en 40! environ).
C'est ce principe que E. Brissaud a appliqué à l'évaluation de la coagulabilité du sang humain. « Du sang qu'on veut étudier, on fait un plasma salé dont on
(1) La coagulabililé du sang mesurée dans le plasma salé. Thèse, 1911. (2) Ann. de l’Institut Pasteur, 1901 à 1904.
recherche ensuite dans différentes dilutions la vitesse et la facilité de coagulation. »
Voici l'exposé de sa méthode : le sang, au sortir du vaisseau, est recueilli dans une solution de NaCI, telle que la concentration saline du mélange est élevée à 5 p. 100. Le tout est centrifugé et on prélève le plasma incoagulable.
Puis, on répartit dans 6 tubes à essais 0,5 de ce plasma et respectivement 1 centimètre cube, 1 cm? 5, 2, 8, 4, 5 centimètres cubes d’eau distillée.
Les lubes ont alors respectivement une concentration de 166 100125 px 1001 p: 100, 0,7 p..100,:0,55: p.100, 0,45 p: 100.
Normalement, le premier tube qui coagule est le tube à concentration 7 p. 1000 qui se rapproche le plus de la normale.
Mais les Zemps de coagulalion observés, même en prenant la moyenne des temps de coagulation des 6 tubes, sont trop irréguliers pour que la vilesse de coagulation serve seule à apprécier la coagulabilité. Aussi, le deuxième élément d'apprécialion est trouvé dans les limites de concentration saline entre lesquelles la coagulation est possible.
Les limites normales sont les concentrations de 1,25 et de 0,45 p. 100. On trouve, dit Brissaud, des plasmas qui ne coagulent qu'entre les concentrations de 1 et de 0,45 p. 100; d’autres, entre 0,7 et 0,45. Certains sont tout à fait incoagulables.
Ainsi, ce sont les limites de la coagulabilité qui ont la plus grande valeur. Cependant, ces limites concorderaient à peu - près dans leurs variations avec les inégalités de vitesse de la . ?e coagulation. ; quand ces limites se resserrent (coagulabilité diminuée), la 1" coagulation serait plus lente.
« Les deux éléments qui caractérisent la coagulabilité du plasma salé sont : limites de sa coagulabilité, vitesse de sa première coagulation » (E. Brissaud).
C'est à l’aide de ces deux données que E. Brissaud s'est proposé d'évaluer la coagulabilité du sang en clinique. Mais il déclare que les cas où « la valeur du procédé est décisive sont rares. Seules, les cardiopathies et les affections hépatiques nous ont montré un trouble net de la coagulabilité, une coagulabilité constamment diminuée ». |
Quant aux autres états morbides: état infectieux, fièvre typhoïde, tuberculose, pneumonie, rhumatisme articulaire aigü, cancer, brightisme, les résultats sont presque semblables, quelle que soit l’affection.