‹ La coalition et la FranceChapitre 17 sur 44 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Application du précédent,

Bien des Français ont une foi politique, toute bonne de charité, toute heureuse d'espérance, imprudens passagers dont la candeur voit sans alarmes le gouvernail aux mains de leur ennemi.

Le soupçon ne peut pas altérer leur sécurité ; les souvenirs mêmes ne les épouvantent point ; ils ont oublié que le projet de partage a toujours dirigé, depuis Edouard III, et Charles-Quint, les entreprises des Coalitions.

Ils ont imité la joie imprévoyante de ces Grecs qui, vaincus par Rome, et tout triomphans de devoir à ses armes la resurrec* tion des anciennes loix du Péloponèse, mêlaient, dans l'exaltation de leur reconnais* sance, les cris de vivent les Homains ! aux

cris de vive la liberté ! Peu de temps

s'écoula que la liberté n'était plus; mais Jes Romains restèrent.

On a paru recevoir, comme un bienfait de la Coalition, ce qui n'était qu'une grâce de la providence. Dieu donne sans arrièrepensée: les hommes songent à acquérir. le droit de reprendre.

Voilà ce qu'il ne fallait pas oublier, pour affranchir la nation d'une dette, et placer le trône bien loin de la portée des ambitions étrangères.

Aux clairvoyans, nous avons démontré l'intention, en démontrant l'intérêt; ils savent que la voix seule de l'intérêt sait aujourd'hui se faire entendre.

Pour les crédules, si nous n'en avons pas dit assez, nous invoquerons à l'appui de nos douloureux raisonnemens les principes manifestes de la politique européenne.

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