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CHAPITRE VIII

Du Système de nationalité.

Ce que nous appelons esprit de nationalité est, dans le pu pie, l'intérêt delà patrie mis à la place de l'intérêt des factions, l'égoïsme de tous substitué à l'égoïsme de chacun.

C'est, plus haut, le dévouement qui élève la politique au-dessus des considérations privées, la confiance qui dissipe les ombrages et repousse les soupçons, le patriotisme, qui ferait oublier les périls du trône, si le trône était en péril, pour consacrer les plus nobles tentatives au salut de la monarchie, trop réellement menacée de toutes parts.

Rien donc ne doit annoncer d'autres craintes que celles dont l'attitude de l'Europe impose la loi ; d'autres attachemens que ceux de citoyens à 1' Etat, de pères à la famille ; d'autre parti que celui de cette

France de vos aïeux, qu'il faut croire innocente de tous les attentats dont elle fut témoin et victime, qui, des bras sanglans de la révolution, aspira toujours à se rejeter dans les vôtres, bien sûre que les petitsfils d'Henri ]V adopteraient sans réserve toutes ses adversités.

Ainsi, fut-il grand et sage d'interrompre les fêtes nuptiales, au jour anniversaire des funérailles de Vaterloo (1). Il convenait à la majesté du Roi de France de porter le deuil de ses enfans coupables, quand Londres et Berlin semblaient, par leurs joies hostiles, prendre à tâche de les justifier.

Ainsi, peut-être eût-il été plus expédient de ne pas affliger les cœurs français du spectacle des milices étrangères dont la fidélité, la bravoure et le dévouement donnent à regretter davantage que leur patriotisme ne soit pas indigène, et n'empêcheront pas de les voir avec peine répondre désormais de la sûreté du trône à ceux qui sont là pour le défendre.

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(1) Le 18 juin 1816, la Cour se retira à Saint Cloud, et, le lendemain seulement, recommencèrent les fêtes du mariage de S. A. R» Monseigneur Duc de Berry,

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