‹ La coalition et la FranceChapitre 38 sur 44 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Système politique à créer.

Un écrivain illustre se plaît à rapporter quelque part qu'un monarque d'Egypte fit avertir le Roi de Samos de sa tyrannie, et le somma de s'en corriger. Comme il ne le fit pas9 il lui envoya dire qu'il renonçait à son amitié et à son alliance.

Nous ne conseillerons point cette indignation généreuse : le Roi d'Egypte n'aurait certainement pas beau jeu.

Mais nous demanderons que dans chaque oppresseur on voie un ennemi, dans chaque opprimé un défenseur.

11 s'agit d'isoler au milieu de l'Europe les conquérans qui triomphent au milieu d'elle, et d'opposer à la Coalition ses nombreuses victimes, rangées enfin sous un même étendard.

Mettez en réquisition toutes les infortunes; fortifiez-vous de toutes les terreurs, et une fois à la tête des souverainetés outragées ou périclitantes, vous aurez deux sauvegardes, l'opinion publique et la force.

Il ne semble pas que la France puisse adopter une autre marche, tandis qu'autour d'elle dix peuples n'ont plus de patrie et pleurent.

Le système proposé est dans la nature des choses; les puissances l'ont déjà mis en œuvre.

N'ont-elles pas donné au monde le spectacle du singulier transvasement des nations, qui, conquérantes, viennent garder les vaincues, et vaincues vont maintenir les conquérantes? Ainsi, voit-on les Prussiens occuper Leipsick et des ' Saxons Berlin ; les Hollandais Bruxelles et des Belges Amsterdam ; les Anglais Dublin et Hanover, et des Hanovriens ou des Irlandais la tour de Londres ; les Autrichiens Milan, et des Italiens Vienne : les Russe Varsovie, et des Polonais Saint-Pétersbourg !

Si vous n'avez pas le mérite d'inventer cette division des Européens en deux zones,

celle des esclaves et celle des maîtres, veuillez du moins avoir le "mérite de les séparer en deux camps, Fun pour l'oppression, l'autre pour la délivrance.

Tout vous secondera ; les nations sacrifiées seront avec vous d'intelligence; animées d'un même esprit, parce qu'un même intérêt les dirige, elles vous sont déjà unies par les liens du malheur, et dès aujourd'hui, la moitié des soldats de la Chrétienté marcherait mal contre les drapeaux français.

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