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CHAPITRE XVII

Contre-partie du précédent.

-N ou s croyons avoir suffisamment fait montre de toutes les ressources politiques dont la France pourrait se ménager l'avantage, nous ne dirons pas pour se mettre à même de demander réparation de ses injures, mais pour se préserver, du moins, quand un nouvel envahissement lui imposera l'obligation de se défendre.

Nous sommes convaincus que fausses doivent être les rumeurs populaires qui prêtaient à la coalition d'officieuses discordes. On Ta dit plus haut : Elle sera long-temps unie, et Buonaparte, au jour de son apparition de Cannes, jugeait bien mal l'Europe, de croire le Congrès dissous* quand la France existait encore.

Mais enfin, s'il arrivait que des amours-

propres blessés, ou des ambitions ombrageuses, missent, contre toute attente, les potentats à cheval, il faudrait se garder d'une guerre où rien ne serait à gagner, et tout à perdre.

Se garder de la guerre, parce que la guerre a pour but la conquête, et que si le génie des conquêtes parassait avoir survécu parmi nous, nous aurions bientôt à repous-; ser Taggression de tous les trônes, réunis de nouveau par leurs souvenirs et par leurs craintes.

Quel serait votre motif pour combattre ? d'acquitter vos dettes sur les champs de bataille. Eh bien ! la neutralité vous libère.

Si les Puissances en venaient aux mains, croyez qu'aucune d'elles ne réclamerait de vous l'exécution des traités, dans la crainte que votre décision ne terminât, à son préjudice, les incertitudes de la victoire.

Aussi était-ce un devoir de chercher à hâter l'événement, à prématurer des dissensions inévitables, mais peut-être assez tardives pour ne pas suffire à sauver la monarchie. Il semble que les moyens ne manquaient pas : le Congrès de Vienne a

pris soin de charger le canon à mitraille ; restait seulement à trouver la mèche*

Mais ce serait une grande faute que d'avoir en vue des alliances offensives. Nous ne pouvons entrer en campagne que dans l'hypothèse du chapitre précédent, au cas d'une insurrection nationale, comme chefs du système libérateur ; nous ne le pouvons pas comme auxiliaires.

Dans Tétat actuel des choses, à quelle puissance nous allier, sans armer de toutes nos forces une ennemie ou une rivale, sans ajouter à l'inconvénient d'irriter les haines, le danger d'inspirer des craintes ?

La France, quoi qu'on en dise, ne sera pas de long-temps unie à la Prusse ; non que (es deux peuples ne puissent vivre en paix, qu'ils ne puissent habiter la même Europe, mais parce qu'ils ne peuvent point marcher sous la même bannière: en faisant jouer la mine sous les ponts de notre capitale, en traitant les provinces en pays conquis, en dévastant nos Musées, au mépris d'une capitulation signée la veille ; en osant, en pleine paix, pointer des batteries sur le palais de nos Rois, on a rompu

tout pacte. Les Blucher ont mis entre leur pays et le nôtre, tout le mur de la Chine.

Ce que le sentiment de notre dignité, ce qu'une sorte de pudeur publique nous commande à regard de la Prusse, des considérations d'un autre ordre nous le commandent à regard de l'Autriche. Sans tout dire, parce qu'on est bien sûr d'être assez entendu, une barrière fatale sépare les héritiers de Charles-Quint des successeurs de François Ier, les neveux de Mayenne des petit-fils d'Henri IV. Une répugnance personnelle éloignera toujours les deux couronnes, et les Français y applaudissent, parce que, dans tous les temps, les alliances de l'Autriche leur furent plus pernicieuses mille fois que ses hostilités, parce que l'ingratitude est l'âme de sa politique, et qu'en lui consacrant nos armes, nous nous préparerions la destinée des Français de Louis XIV vainqueurs pour elle à Saint-Gothard.

Nous ne serons pas non plus les alliés de la Russie, bien qu'un sentiment réciproque d'estime et d'affection unisse les

deux peuples. Nos soldats ont toujours aimé à fraterniser aux avant-postes avec les soldats russes, et dans nos villes, les officiers ont tous paru dignes de recevoir parmi nous le droit de bourgeoisie ; mais la raison d'Etat parle: il est une nation* alité européenne qui nous défend d'être les complices de l'asservissement du monde : il est une politique instante qui nous oblige de ne voir dans les Français du Nord, que les oppresseurs de la Pologne, et dans leur empire qu'un arsenal où se forgent nos chaînes.

Reste donc l'Angleterre Quel triomphe pour elle, si, dans les guerres que lui prépare l'indignation du continent, elle réussissait à recruter du sang français ! Combattre sous ses étendards, ce serait outrager la cendre de nos pères.

Ce serait surtout précipiter à coup sûr la chute de la monarchie ; car, victorieux, vous avez prêté à votre ennemie le secours de vos bras, pour consolider l'édifice de sa grandeur, et, après la lutte, elle se réunit aux vaincus, et vous écrase.

Vaincus au contraire, même destin ! les

armées britanniques désertent; leurs vaiscage, détruit ; la défaite sert Londres, bien

seaux les abritent: Paris est ouvert, sac-

mieux que n'eût fait la victoire

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