‹ La coalition et la FranceChapitre 42 sur 44 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Conclusion.

Un prince, qui avait rançonné un chef, moins fort, mais plus habile et plus sage, lui écrivit cette lettre :

" ONeil a ODonnel.

" Paie-moi ton tribut, ou "

«ONeil."

L'opprimé avait eu la prudence de se mettre, long-temps auparavant, en mesure; il répondit :

" ODonnel a ONeil.

" Je ne te dois rien, et si je te devais ...... '*

" ODoNNEL."

Tout le devoir de la France, tout son avenir est là.

Pour le démontrer, les raisonnemens se»

raient superflus. L'instinct de la conserya*

tion commune parle assez haut, et l'histoire vient à l'appui de la raison d'Etat.

Les maux qui pèsent maintenant sur la patrie, l'ont une autre fois accablée ; trouvons dans le passé un enseignement salutaire.

Lorsque, sous le roi Jean, l'Angleterre, à Tarde d'une suite de coalitions formidables, fut venue enfin à bout de la monarchie que les guerres étrangères et civiles avaient épuisée; lorsque, bientôt après, la rébellion et une défaite dont l'orgueil national n'avait point à rougir, parce qu'elle était le résultat des divisions intestines, eurent livré le royaume et le monarque à la merci des. envahisseurs, il fallut bien alors (1), comme de nos jours, se courber sous le faix d'une calamiteuse' pacification

Ensuite le souverain (2), également fort, et de sa haute sagesse et de la courageuse résignation de ses sujets, appliqua tous ses soins à réparer les désastres, à créer des

(1) 1360. Traité de Brétigny, dont les condition étaient d'une rigueur, alors sans exemple»

(2) Charles V,

ressources, et, une fois que l'état eut recouvré assez de vigueur pour rentrer vietorieusement en lice, le Roi voulut que la nation pût se faire entendre ; les Etats* Généraux s'assemblèrent; la rupture du traité de Brétigny fut proclamée ; la France prit les armes.

Secondée de la prudence de son roi, qui sans quitter le Louvre, savait reconquérir des provinces; guidée au combat par la bravoure de l'impétueux duc de Berry et de son frère aîné, aussi bon soldat, capitaine plus connu, tous deux pleins d'ardeur, tous deux impatiens de laver dans le sang de l'étranger les injures de la patrie (1); conduite à la victoire sous la bannière d'un connétable illustre, vieux de batailles, dont le nom avait rallié toutes les compagnies dissoutes, et exalté toutes les nouvelles bandes, la France, de triomphe en triomphe, arriva bientôt au faîte de sa première splendeur.

Ces nobles souvenirs suffiraient à la se* - , i i.i.. . . , ,,- . i ""■»»'».

(î) Daniel, Hist. de ftàrôe, Règae de Charles V, année ISfiD.

curité publique, si toutefois nous avions besoin de rétrograder jusqu'au tombeau de nos pères, pour y chercher l'espoir de la résurrection nationale.

Louis XVIII la dit du haut de son trône il ne désespère point, parce qu'il règne sur les Français.

Et les Français, pour ne se pas décourager, n'ont qu'à regarder autour d'eux.

Car, sur la patrie veille un autre Charles le Sage, et pour seconder nos vaillans Princes, l'Europe le sait assez, les Duguesclins ne nous manqueraient pas.

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