KYSTES DE L'OVAIRE
cocaïne avec la plus grande facilité. D'autant que l'incision cutanée n'a pas besoin d'avoir une grande ampleur et, dans six cas, l'anesthésie locale nous a donné toute satisfaction. Le seul reproche, c'est que le diagnostic n'est pas toujours facile ; on a cru à une poche unique, ou en a plusieurs ; on a lieu de supposer qu'il n'y a pas d'adhérences et voici que, le ventre ouvert, on trouve la paroi du kyste fusionnée au péritoine pariétal, attachée à l'épiploon et aux anses intestinales ; dans trois interventions, où nous pensions que la cocaïne était indiquée, nous avons essuyé cette mésaventure.
Mais ce contre-temps n'est pas grave : dans ces trois cas nous avons administré le chloroforme et cela, sans être forcé d'interrompre l'opération ; nous avons été surpris de la rapidité avec laquelle le sommeil est venu ; sans aucun phénomène d'excitation, nous avons passé de l'une à' l'autre anesthésie, à tel point que nous nous sommes demandé si quelques injections de cocaïne ne seraient pas recommandables avant toute ch]oroformisation.
Lorsque le kyste de l'ovaire est simple, sans complication, sans adhérence, l'anesthésie cocaïnique suffit, quel que soit le volume de la tumeur. Voici un exemple cité déjà dans nos Cliniques chirurgicales de la Pitié : Une femme de la Charente portait une tumeur' ovarique qui
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remontait de quatre travers de doigt au-dessus de l'ombilic : la poche, fluctuante, probablement uniloculaire, me paraissait être de celles où la cocaïne peut réussir. Je fais une traînée analgésique de 12 centimètres au-dessus, du pubis ; j'incise la peau, le tissu cellulaire sous-cutané et un pannicule graisseux épais; une deuxième ligne anesthésique est poussée dans la ligne blanche et j'arrive sur le péritoine -, vers la partie supérieure je le perfore avec l'aiguille et je verse le contenu de deux seringues qui glisse entre la tumeur et la séreuse pariétale. J'incise, et la poche est mise à nu ; je la vide d'un trait ; puis je l'attire au dehors et avec elle le pédicule dans lequel je pousse, avec précaution, pour éviter de l'injecter dans les veines, le contenu d'une seringue; je passe mon fil, j'étreins le pédicule et je le coupe. L'opération était terminée.
La douleur avait fait totalement défaut : l'opération était finie que le malade ne la croyait même pas commencée. La peau, l'aponévrose, avaient été coupées sans qu'aucun mouvement vînt trahir l'impression causée par l'instrument tranchant. Il en fut de même du péritoine ; cependant, une fois incisé, lorsque nous le saisîmes entre les mors d'une pince, une légère sensation de souffrance fut perçue; de même lors de la striction du pédicule, et ce fut tout. L'opérée ne cessa de causer pendant l'interven-