SUTURE DE LA ROTULE
lorsque l'anesthésie par le chloroforme est nettement contre-indiquée.
Les opérations sur les os, les trépanations et les évidements nécessités par l'existence de collections purulentes et de séquestres consécutifs aux ostéomyélites ne sont pas toujours justiciables de la cocaïne; ces lésions sont souvent mal limitées, ou du moins, avant l'intervention, il est difiacile de savoir où commencent les altérations et où elles finissent; l'opération est donc ruai réglée et rentre dans la catégorie de celles qui bénéficient le plus de l'anesthésie générale. Il m'est arrivé néanmoins de circonscrire, sur le tibia, un volet cutané par une traînée analgésique, d'inciser la peau, puis d'injecter entre le périoste et l'os une certaine quantité de cocaïne, et d'attaquer la diaphyse avec le trépan, la gouge et le marteau, d'ouvrir des clapiers purulents, d'abraser des masses fongueuses, et d'enlever des séquestres volumineux.
On sait la grande place que s'est faite la suture de la rotule dans les fractures transversales de l'os. Nombre de chirurgiens l'emploient systématiquement, et je l'accepte toutes les fois que l'écartement des fragments est notable. J'ai, dans un cas, pratiqué cette suture sous l'anesthésie locale : une traînée cocaïnique a été faite dans la peau, traînée curviligne à convexité inférieure et comprenant la demi-circonférence' inférieure du
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genou; le bistouri incise le tégument à ce niveau et tombe sur le foyer de la fracture; l'articulation pleine de caillots sanguins est évacuée, les deux fragments de l'os sont rapprochés et maintenus étroitement juxtaposés par un fil -d'argent de gros calibre ; les franges du tissu fibreux de la surface extérieure de la rotule sont réunies au-dessus du trait de fracture par des points de suture séparés ; il ne reste qu'à coudre la peau et appliquer sur la région un pansement compressif et élastique. Le résultat fut parfait; notre opéré posait le pied à terre au douzième jour, et reprenait ses occupations habituelles au trentième.
Enfin, nous avons pratiqué à la cocaïne deux opérations considérées comme ressortissant à la seule anesthésie générale : une amputation de Vavant-bras et une amputation du bras. Pour l'avant- bras, la dose totale de cocaïne injectée ne dépassa pas 15 centigrammes. La pointe de l'aiguille traça, dans la peau, le double lambeau que devait tailler notre bistouri ; ensuite, une injection fut faite, en avant et en arrière, dans la masse musculaire, puis dans les nerfs principaux mis à nu; enfin, sous le périoste du radius et du cubitus. Il nous fallait une indication particulière pour recourir à la cocaïne dans une opération qui doit rester dans le domaine du chloroforme : notre malade était cachectisé par une suppuration profonde ; il avait quatre-vingt-