ANALGÉSIE DANS LES PRINCIPALES OPÉRATIONS
que, dans ces tissus vascularisés, l'absorption est rapide, et qu’il y a lieu de surveiller les doses. On ne dépassera guère 8 ou 10 centigrammes, et si l’on jugeait qu’il fallüt dépasser 15 ou 16 cenligrammes, on aurait recours à l’anesthésie générale.
Grâce à ce mode d’anesthésie, j'ouvre les rares furoncles que ne guérissent pas les pulvérisations phéniquées, les abcès du cuir chevelu et de la face, les gros adéno-phlegmons du cou, les abcès tubéreux de l’aisselle, et les adénites suppurées de la même région, les collections amassées sur la paroi thoracique, dans la mamelle, au ventre, à l'aine, partout en un mot où le pus se forme sous les téguments, par conséquent en un lieu peu profond et que le bistouri atteint sans avoir à traverser plusieurs couches distinctes.
Il m'est arrivé cependant d'ouvrir, sous l’analgésie cocaïnique, des abcès des viscères, en particulier des collections du foie, et le succès a été plein. Sur la portion la plus satllante de la tumeur, et parallèlement aux fausses côtes, j'analgésie la peau sur une étendue de 12 à 15 centimètres; le contenu de six seringues y suffit; les téguments divisés, j’insensibilise,avec deux seringues, la couche musculaire et le péritoine; lorsqu'il ya des adhérences, je n’ai qu’à ponctionner une couche peu épaisse de tissu hépatique pour éva-
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cuer la poche. $i la surface du viscère glisse librement sur la séreuse, j’unis les deux lèvres de mon ouverture hépatique aux deux lèvres de la plaie cutanée pour éviter l’effusion du pus dans le péritoine.
J’ai ouvert, toujours à la cocaïne, des collections de la fosse iliaqué et provoquées par une appendicile. Iei la peau est épaisse, les sangles musculaires multipliées, el grande la profondeur du foyer; souvent l’opération est complexe, car il faut, tout en respectant les adhérences autour de l’abcès, chercher parfois et inciser l'appendice. Je n’ai donc recours à l’analgésie locale que dans des cas assez rares, lorsque certaines particularités me font croire à la circonscription du foyer et lorsque certaines susceptibilités du patient me font craindre l'emploi du chloroforme.
Enfin, j'ai usé de l’analgésie locale pour inciser des phlegmons du périnée provoqués par une ?nfiltration d'urine. Lorsque les décollements ne sont pas trop étendus et que les fusées purulentes ne gagnent pas trop haut, j'ai incisé au thermo-cautère, depuis la racine des bourses jusqu'à la région anale, les tissus soulevés par la collection et j'ai atteint ainsi la fissure urèthrale, Comme, dans nos hôpitaux, les malades arrivent souvent dans un état de faiblesse extrême, j'ai peur de recourir au chloroforme ; l’opération avec la cocaïne devient plus simple et, dans
Rectus — La Cocaïne en chirurgie 7