HERNIE ÉTRANGLÉE
tion ; elle n’eut pas le moindre choc opératoire, pas la plus légère réaction, rien ne vint troubler son équilibre physiologique ; dès le soir elle rendait des gaz par l'anus et voulait manger le lendemain. Les ovariotomies de ce genre ont beau être parmi les plus innocentes des interventions, je n’en ai jamais vu dont les suites fussent aussi simples et. aussi satisfaisantes. La somme de cocaïne injectée fut de 15 cenligrammes.
Je pourrai citer cinq autres faits. Dans l’un, la tumeur remontait jusque sous le diaphragme. Il s’agissait, non d’un kyste, mais de deux kystes para-ovariens ; la première poche fut vidée, puis tirée au dehors; vint ensuite la seconde et les deux pédicules avaient la largeur du petit bassin ; après l’anesthfsie cocaïnique par injection tracante, leur striction et leur section furent faites sans que l’opéré en éprouvât la moindre douleur. Ici encore, pas le plus léger choc, et la guérison fut particulièrement rapide.
L'opération de la hernie étranglée est le triomphe de la cocaïne ; elle est l’anesthésique de choix et il faut des circonstances particulières, volume excessif, adhérences étendues, complications probables, pour préférer le chloroforme. L’étranglement a pour conséquence fréquente des hypérémies des poumons, et le chloroforme n’est pas alors sans grand inconvénient. Puis la kélotomie est une opération d'urgence ; on intervient
Recrus — La Cocaïne en chirurgie 9
où l’on peut et comme on peut, et, avec la cocaïne, pas n’est besoin, comme avec le chloroforme, d’un aide expert pour l’anesthésie.
Nous avons pratiqué la kélotomie à la cocaïne pour l’étranglement des hernies ombilicales, des hernies crurales et des hernies inguinales. Quoique l'intervention ne soit pas absolument semblable, bien des temps se confondent avec ceux de la cure radicale de la hernie. Aussi nous contenterons-nous de décrire la technique que nous suivons pour la cure radicale de la hernie inguinale de moyen volume.
Je fais d’abord, dans la peau, une traînée analgésique longue de 8 centimètres environ; le contenu de quatre seringues de Pravaz d'une solution à 1 °/, y suffit. Vers la partie inférieure de Pincision, aux environs de l’orifice inguinal externe, chez les individus à peau épaisse, j’injecte encore dans le {issu sous-cutané. Là, en effet, existent de nombreuses veines et des nerfs,dont la section, sans cela, provoquerait quelque douleur. Je coupe nettement les téguments jusqu’à l’aponévrose du grand oblique; je reconnais l'orifice externe du trajet inguinal et le sac herniaire; jinsinue l'aiguille sous l’aponévrose, dans les muscles et j'anesthésie cette deuxième couche, que je sectionne jusqu’à l’orifice interne du trajet inguinal.
Je prends les ciseaux et, soulevant le sae, je