Organes génitaux de la femme
Tous les abcès du pubis et des grandes lèvres doivent être ineisés à la cocaïne, en suivant la technique que nous avons indiquée à propos des interventions sur la peau. Une mention spéciale pour les bartholinites : cette inflammation a souvent pour siège la glande déjà kystique; si on se contente d’ouvrir labeès, le pus s'écoule, mais la poche persiste et la colleetion ne tarde pas à se reformer. Ainsi s'expliquent ces abcès à répétition observés par tous les chirurgiens. Donc, je conseille de faire, soit en dedans de la grande lèvre, du eôté de la muqueuse, soit en dehors. du eûté de la peau, suivant que le kyste saille plus sur une face que sur l’autre, une trainée analgésique qu'on incise, Mais comme le
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kyste est profond, cette insensibilisation superficielle ne suffit pas, et on ajoute quelques injections vers les attaches postérieures de la poche.
Les petites tumeurs développées sur la vulve, les végétations, si étendues et si exubérantes parfois dans la grossesse, les cancroïdes des grandes lèvres et du vagin s’enlèvent après l’analgésie cocaïnique, et si je ne décris pas le manuel, c’est qu’il est trop simple et se confond avec celui que nous avons donné dans des chapitres antérieurs, en particulier dans ceux qui traitent des tumeurs de la peau. Les polypes muqueux qui prennent naissance sur le col nécessitent à peine le contact d’un tampon imbibé de cocaïne au niveau du pédicule. Nous avons pratiqué, à la cocaïne, Pablation d’un molluscum énorme, qui débordait à la vulve et qu'on prenait pour un volumineux polype sorti par l'orifice utérin.
Ces interventions sont rares où sans impor- tance ; il en est quelques-unes d’un plus grand intérêt, Nous voulons parler du ewretage de l'utérus ou de l'écouvillonnage de la cavité de la matrice. Lorsque le conduit vaginal a élé antiseptisé par des lavages multiples et des tamponnements à la gaze 1odoformée, on ouvre largement l'orifice vulvaire par des valves appropriées, on saisit avec une pince le col anesthésié par l’application sur le museau de tanche d'un tampon de cocaïne, et lon voit l'orifice béant
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grâce à la dilatation que depuis quatre ou cinq jours les tiges de laminaire ont produites; par cet orifice on introduit jusque dans la matrice des tamponnets de ouate hydrophile imbibés dans de la cocaïne ; on en remplit la cavité, puis on les retire au bout de cinq minutes; à ce moment l’analgésie est suffisante et l'on peut faire pénétrer la curette, « ramoner » la matrice, gratter toules les fongosités, écouvillonner les parois, les cautériser avec l'acide phénique au vingüième, le chlorure de zinc au dixième et la créosole au tiers, le patient n’en ressentira aucune douleur.
Dans certaines conditions spéciales l’hystérectomie vaginale peut être pratiquée sous l’analgésie cocaïnique ; c'est dans les cas de prolapsus total de l’organe; 1l a franchi la vulve et se trouve sous les yeux et sous les doigts de l’opérateur. Rien n'est plus faciie alors que de faire, à un centimètre de l’orifice, sur le col, une trainée anesthésiante circulaire, de décoller la muqueuse, de pénétrer dans les culs-de-sac antérieurs et poslérieurs, de mettre des pinces à demeure, ou même de lier les ligaments larges, juxtaposés comme une sangle à la manière de Quénu. Deux fois cette opération sous l’anesthésie locale m’a paru simple ; une troisième, elle a été compliquée par l’épaississement des insertions vaginales, hypertrophiées en un tissu
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caverneux dont la seclion a amené un écoulement sanguin qu’il eût été difficile de tarir si le champ opératoire avait été profond, au lieu d’être hors de la vulve et directement accessible aux pinces hémostatiques.
Cette complication possible et surtout ce fait que l'exlirpation de la matrice prolabée n’est que rarement indiquée, font de celte application de l’analgésie cocaïnique une véritable rareté. Nous y avons eu recours trois fois avant que cetle question eût été mise à l'étude ; maintenant notre conviction est faite : ce n’est pas l’exlirpation de la matrice, mais la colpo-périnéorrhaphie concomitante qui amène la guérison, et cette colpop-érinéorrhaphie peut suffire sans ampulation et après simpleréduction de l'utérus; aussi, sauf hypertrophie considérable de l'organe, difficulté réelle de la réduction, ou altération inflammatoire, fibromateuse ou cancéreuse de son üssu, nous pratiquons la seule colpo-périnéorrhaphie.
La colpo-périnéorrhaphie se pratique aussi sous la cocaïne et j'ai eu recours nombre de fois et avec le plus grand succès à ce mode d’anesthésie. Après lavage répété et tamponnement iodoformé du vagin, continués pendant deux ou trois jours avant l'intervention, j'applique sur la muqueuse vaginale des lames de ouate hydrophile imbibée dans une solulion
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de cocaïne à 1 °/,.Je la laisse à demeure, et, pendant qu'elle analgésie les tissus au contact desquels elle se trouve, je pousse desinjections suivant les futures lignes d'incision que parcourra mon bislouri ; injection circonscrivant la denucirconférence inférieure de la vulve et remontant de chaque côté jusqu'à l'origine des petites lèvres, injection partant de l’une de ces extrémités et prenant en écharpe la partie latérale du vagin pour venir aboulir sur la ligne médiane de sa face inférieure où elle va à la rencontre de la traînée semblable que nous ferons du côté opposé et d’après une ligne symétrique. Nous avons tracé ainsi un lambeau à base vulvaire, à sommet vaginal que va circonscrire le bistouri et que vont détacher quelques coups de ciseaux.
Parfois nous ajoutons deux ou trois injections antéro-postérieures, partant de la base du lambeau et cheminant sous lui jusqu'aux limites de” son sommet. Nous anesthésions ainsi l’espace triangulaire circonscrit par nos trainées antérieure et latérale. Il reste à faire cheminer nos fils dans l'épaisseur des tissus et à les étager de manière à reconslituer un périnée solide selon les procédés décrits dans nos traités spéciaux. À cette colpo-périnéorrhaphie postérieure, il est. bon d’adjoindre parfois une colporrhaphie antéweure ; le lambeau losangique que l’on supprime
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sur la paroi vaginale supérieure s'enlève sans douleur après une anesthésie locale dont la technique se devine aisément.