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FISSURE ANALE

Ruault et Cartaz, dans des noles manuscriles, nous disent avoir recours aux simples badigeonnages pour des opérations sur la bouche, le pharynx et le larynx. « Pour les fosses nasales, c'est parfait; on peut cautériser la muqueuse des cornets, enlever les polypes muqueux sans provoquer la moindre sensalion douloureuse ». Il suffit de promener sur la surface de la muqueuse un pinceau imbibé dans une solution de cocaïne que, pour ma part, Je trouve un peu forte.

La chirurgie de la muqueuse ano-rectale bénéficie de la cocaïne : Haward A. Kelly, Verchère et nous-même avons pu calmer les atroces souffrances de la fissure anale. Obissier raconte l'histoire d’un malade qui souffrait, depuis cinq ans, de deux rh:‘gades si douloureuses que toute exploralion élait impossible : Ja défécation devenait un supplice. Une première application enlève la souffrance pendant vingtquatre heures ; cinq jours durant, on répète les badigeonnages, puis on les cesse et le lénesme ne reparaîl qu'au bout d’une semaine. On se décide alors à pratiquer la dilatation, qui amène une guérison complète.

Dans une de nos observations, la cocaïne a débarrassé le palient d’une fissure anale. Il s’agissait d’un ingénieur de cinquante-quatre ans, atteint d’un tabes à ses débuts : il nous consulte

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pour une ulcération qui, depuis deux mois, lui rendait la vie insupportable. Nous trouvons, en arrière, vers la pointe du coccyx, aux limites supérieures du sphincter, l’ulcère calleux caractérislique; l'exploration menace d’amener une syncope; afin de la calmer, nous appliquons sur la fissure un tampon d'ouate hydrophiie imbibé d’une solulion de cocaïne: l'effet fut immédiat et, les jours suivants, le palient ne manqua pas d’avoir recours à cette facile médicalion, rendant ainsi inutile la dilatalion pour laquelle nous avions pris heure. Ce même tampon, introduit dans le trajet sphinciérien, supprime les démangeaisons anales qui empoisonnent la vie de tant d’hémorroïdaires, et nous ne comptons plus les malades soulagés par ce moyen. Besnier a contaté des résultats analogues pour le »ruril préputial et vulvaire.

De même pour le vaginisme, dont les souffrances ont tant d’analogie avec celles de la fissure. Nous avons, en 1887, dilaté sans douleur l'anneau vulvaire d’une femme et obtenu un succès remarquable. Théophile Anger, Cazin et Doléris ont publié des faits de même ordre ; Dujardin-Beaumelz et Lejard cilent un cas où le vaginisme, qui avait résisté à la dilatation sous le chloroforme, fut guéri par de simples badigeonnages de cocaïne. Mais il faudra recommander à la femme, de ne pas, pendant le coït,

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