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CHAPITRE XVIII

M. Gouault, à partir de ce jour-là, resta, rigoureusement enfermé dans sa maison. Les étrangers lui étaient devenus tout à coup aussi odieux qu'ils nous Tétaient déjà à nous-mêmes. Parlait-on des violences commises par les soldats dans la ville ou dans les faubourgs : il soupirait ; se hasardait-on à lui raconter les représailles terribles exercées par les habitants : il avait un sourire amer. D'ailleurs, doux, charmant, s'occupant de notre prochain mariage, exigeant que madame Gouault et Valentine hâtassent les préparatifs, il formait des rêves d'intimité, de bonheur calme, paisible. Il n'osait pas dire : — « Quand les étrangers seront partis...» mais il disait souvent :

« — Quand le printemps sera venu, quand il y aura des fleurs, quand on pourra sortir, nous irons, mes enfants, nous installer à la campagne. Le père Cerbonnet quittera sa boutique : mais que le printemps est lent à venir ! i>

Je me gardais bien de parler de l'efiFet pénible produit dans la ville par cette malencontreuse manifestation du ii février. Je yous Tai dit, Torgueil national, qui a fait mentir l'histoire de cette époque, s'accommode mieux de la trahison que de la défaite : la démarche faite par huit royalistes de Troyes, grossie, exagérée, envenimée, est devenue toute une levée de boucliers. Il semble que, dès lors, Napoléon n'ait plus été environné que de traîtres.

A Arcis-sur-Aube, sur une maison criblée de boulets, on lit cette inscription, qui résume tous les préjugés et toutes les vantardises de notre bravoure :

« Ici, on a joué un des grands drames de 1 8 14. Chaque citoyen qui visite cette scène doit un souvenir de regrets à nos désastres de cette funeste époque. Mais, que la génération nouvelle se souvienne que, si la coalition s'est formée dix contre un pour marcher contre la France, la France peut marcher seule contre dix, quand elle ne rencontrera pas de traître parmi ses enfants.

« Signé : Un ex-sous-officier du 15*" de ligne. »

Des signatures, en assez grand nombre, sont venues se joindre à celle du soldat qui a fait ainsi le testament de la France militaire de 18 14. Qui sait si, parmi ces noms, il ne s'en trouve

pas de gens qui ont accusé à Troyes M. Gouault et ses amis d'avoir perdu Tempire paj- leur trahison ? Si l'oncle de Valentine avait pu se douter de ce qu'on disait, des rumeurs menaçantes qui circulaient, il eût voulu affronter et faire céder par quelque provocation folle cette impopularité cruelle et injuste. Mais, mon père et moi, nous faisions sentinelle, pour ainsi dire, à sa porte; nous le maintenions par toutes sortes de câlineries d'amitié dans un narcotisme nécessaire ; et, avec le désespoir souriant d'un homme qui sait bien que le réveil sera la fin de tout, il se laissait faire.

Le 14, le roi de Prusse et l'empereur de Russie quittèrent la ville pour se porter sur Nogent. L'empereur d'Autriche resta, seul , ne sachant trop quelle contenance garder, en attendant le désastre de son gendre. Troyes respira un peu; non que la lourde charge des troupes casernées, des hôpitaux regorgeant de malades et de blessés, des citoyens contraints à des réquisitions formidables, fût sensiblement allégée; mais, pendant cinq jours, du moins, il n'y eut aucun sursaut, aucune recrudescence subite dans la douleur du pays. L'empereur François essaya même d'intervenir pour obliger ses généraux à la modération.

De tous les maux, le plus poignant était l'incertitude. Que décidait' on de nous? que faisaiton sur ces champs de bataille inconnus ? Aucune

nouvelle ne pénétrait dans la ville. On écoutait toutes les nuits si le vent d'hiver, opiniâtre et acclimaté avec les Russes, n'apportait pas le bruit du canon; tous les matins, on allait aux renseignements. Les portes de la ville étaient closes, les promenades extérieures occupées par des troupes : d'ailleurs, l'ennemi lui-même n'en savait pas plus que nous. L'officier wurtembergeois que nous logions n'eût pas demandé mieux que de payer son hospitalité par des renseignements.

Le 19 au soir, il me chercha jusque chez M. Gouault pour me dire :

— Ne vous réjouissez pas trop; nous venons d'être battus. L'empereur revient et nous allons sans doute évacuer la ville.

— Si l'empereur revient, dis-je à mon père, il faut faire partir M. Gouault en toute hâte.

— Pourquoi donc ? Est-il plus coupable que le préfet de l'Empire ?

Dans cette soirée du 19, l'empereur de Russie et le roi de Prusse revinrent précipitamment. Le tourbillon qui les ramenait sentait la défaite. C'était l'ouragan de Champ- Aubert, de Montmirail, de Montereau, qui soufflait sur l'arrièregarde des coalisés et la repoussait, pour prolonger l'agonie de l'Empire en lui donnant une dernière espérance, en lui ménageant une dernière et cruelle déception.

Pendant toute la nuit du 19, on entendit rou-

1er des caissons ; et pourtant, le matin, les soldats reprirent leurs postes, et rien n'annonça que les souverains songeassent à repartir. Mais ratmo»phère de la lutte s'approchait, s'épaississait, s'allourdissait au-dessus de nous. Il était évident que par des marches, des contre-marches, des fausses sorties, des manœuvres multipliées, on voulait tromper, déjouer les conjectures des habitants.

Les violences de part et d'autre redoublèrent. Pendant quatre jours, ce fut horrible ! Emprisonnés dans les murs, nous entendions les clameurs continues qui venaient des faubourgs, des villages : on pillait, on brûlait, on tuait : nous eûmes quatre nuits d'aurores boréales. L'incendie faisait un ciel rouge, immobile. Pendant ces quatre jours, ce malheureux pays, saigné de toutes ses veines, râla, se tordit sur son brasier. Pendant ces quatre jours, des habitants de la ville se firent une sorte de musée de cannibales, avec les dépouilles des Cosaques immolés à ce dieu de la France, qui semblait redevenir le dieu sanguinaire, le Tentâtes des Gaulois.

J'ai hâte d'arriver au bout de mon récit : je ne m'arrêterai pas aux épisodes de ce pillage régulier, systématique, infâme. Un jour, un homme entièrement nu, meurtri, se présenta aux portes de la ville. On le laissa entrer, pensant qu'il ferait rire. Il fit rire en effet ; on s'écria que c'était un sauvage; on le conduisit à l'em-

pereur Alexandre. Il raconta au czar qu'on Pavait dépouillé de ses vêtements : il était propriétaire d'une vaste usine, du moulin de Fouchy ; il suppliait qu'on voulût bien lui donner une escorte pour rentrer chez lui, pour garder ses propriétés. On lui donna une escorte, qui s'empressa de mettre le feu à son moulin, d'achever sa ruine et de le rendre fou. Quand je vais me promener dans ce joli bois de Fouchy, je crois voir encore passer entre les arbres ce spectre nu agitant les bras, implorant les ennemis de la France contre les propres fureurs de ces ennemis.

Troyes resta debout comme par miracle au milieu d'un cercle de feu. Tous les faubourgs furent saccagés. Quand l'incendie était lent à se déclarer, c'était la faute des tonneaux défoncés qui contrariaient la flamme. On ne permettait pas toujours aux habitants des maisons incendiées de s'échapper. Dans le faubourg Saint- Martin, un vieillard de soixante-dix ans fut maintenu dans la fumée et le feu, jusqu'à ce qu'on eût expérimenté combien il fallait de tourments pour dégager une âme que la nature n'avait pas encore séparée de son corps.

Le 23, chacun eut la certitude que la retraite des ennemis s'effectuait. Dès cinq heures du matin, malgré les précautions prises, on s'aperçut que les alliés brûlaient tous les ponts qui avaient été épargnés ou qu'on avait rétablis. Les

portes de la ville étaient barricadées, et pour que nous n'eussions pas même la joie douloureuse de voir défiler le cortège des troupes qui longeaient les promenades, des sentinelles placées sur les remparts, des pièces de canon montées sur les vieux bastions de François I®' menaçaient les habitants consignés chez eux.

^ Jugez de ce supplice! Que s'était-il passé? Etait-ce réellement l'empereur victorieux qui revenait? Que fallait-il attendre, espérer? La neige obstinée qui tombait, en amortissant le bruit sur les pavés, permettait d'entendre venir par les airs la grande voix tonnante de l'armée française.

Pour le coup, il n'y avait plus à hésiter ; j^allai trouver M. Gouault, il devina ce que je venais lui demander. Il était seul dans sa chambre; il écrivait. Je vois encore sa grande écriture carrée, la bougie allumée, la cire et le cachet tout préparés. C'était son testament, qu'il achevait de rédiger.

— Vous le voyez, Maurice, me dit-il avec un sourire, je me prépare à partir.

— Ah! Dieu soit loué! Hâtez-vous, monsieur; l'état-major des souverains aura quitté Troyes dans quelques heures.

— Je me prépare à partir, mais non pas à

fuir.

— Comment?

LA COCARDE BLANCHE 25g

— Ne dit-on pas que Tannée française approche? Je Tattends.

— Mais, vous ne savez donc pas?...

— Quoi donc? Que Ton me dénoncera?... je le sais. Mais Tempereur a d'autres soucis que de se venger d'un vieillard qui a fait son devoir. Qu'est-ce que mon sang ajouterait aux flots qu'il a versés? — Pourtant, je me souviens du duc d'Enghien, et je prends mes précautions.

M. Gouault s'interrompit, alluma la cire à la bougie, laissa tomber quelques gouttes qui s'attachèrent comme du sang embrasé à l'enveloppe, puis éteignit la lumière et se leva.

— Maintenant, je suis prêt, dit-il.

J'insistai, je mêlai le nom de Valentine aux raisons de prudence, de sagesse, qui me faisaient parler ainsi.

— Vous êtes, devant Dieu et devant moi, me répondit-il, le mari de Valentine; je n'ai pas d'inquiétude et je n'ai pas besoin de vous la confier. Au surplus, vous l'entendrez ; je ne veux rien faire, mes enfants, qui ne soit approuvé, compris par vous. Si Torage passe et si je reste, nous serons fiers de n'avoir pas déserté ; si l'orage m'emporte, vous m'estimerez d'avoir jusqu'au bout gardé ma foi. Vidranges m'empêche de partir : il a déshonoré la retraite. Ma seule ressource, pour me distinguer de lui est de demeurer... Et mes amis?

26o LA COCARDE BLANCHE

— Je crois qu'ils sont moins téméraires que vous.

— C'est qu'ils sont moins compromis.

Valentine savait que .j'étais dans la maison;

elle frappa à la porte. M. Gouault glissa doucement l'enveloppe de son testament sous quelques papiers.

— Entre! dit-il avec un éclat qui resseniblait à de la gaieté.

Valentine était d'une grande pâleur ; mais, si sa bouche tremblait, ses yeux essayaient de garder la flamme du sourire qui échappait à ses lèvres. Je fus frappé, en la voyant tout à coup devant son oncle, de la ressemblance des deux visages et des deux âmes. Je compris que c'ei\ était fait d'elle, de lui, de moi, de notre bonheur à tous. Insensé! je ne m'étais jamais méfié de cette similitude; je croyais disputer ses pensées, ses inclinations! Mais elle était fatalement du parti de sa race ; ou plutôt, car la douleur, l'épouvante, me faisaient blasphémer, toutes les vertus que chacun de nous s'était plu à développer dans le cœur de Valentine, s'unissaient, à cette heure de péril, pour la soulever au-dessus de nous; elle planait déjà.

Avant qu'elle eût interrogé : d'ailleurs, avaitelle besoin de questions? M. Gouault lui dit :

— Valentine, les Russes quittent la ville, Bonaparte y entre; que me conseilles-tu?

— De rester ! dit-elle héroïquement.

— C'est de la folie, m'écriai-je en lui prenant les mains. Il ne faut pas tenter les passions populaires; il ne faut pas jeter de défi à Torgueil aux abois.

— Non, mais il faut se maintenir à la place que Dieu et la conscience vous ont choisie, reprit M. Gouault.

— Oui, ajouta Valentine, mon oncle doit un grand exemple à ceux qui Pont méconnu.

— C'est du courage perdu, de Théroïsme inutile, m'écriai-je avec angoisse.

— Il n'y a rien d'inutile en fait de devoir : c'est vous, Maurice, qui l'avez dit quand vous alliez vous battre, reprit M. Gouault.

— Soit; mais votre devoir rempli, vous devez à votre drapeau d'empêcher qu'on ne le calomnie...

— On le calomnierait davantage s'il fuyait, repartit Valentine.

— Ah! comme tu es de mon sang! dit M. Gouault, qui serra sa nièce dans ses bras.

Je me sentais le cœur déchiré par vingt morsures : il me semblait que cette explosion de sentiments sublimes faisait perdre un temps précieux. Le bruit des armées se rapprochait. Je me jurai de sauver ces martyrs, malgré eux ; et puis, leur ivresse héroïque allait me griser, si je ne m'échappais.

— Ne sortez pas! — dis-je à M. Gouault, sans trop savoir ce que je lui disais; je viendrai

d'heure en heure vous apporter des nouvelles. Valentine, veillez sur votre oncle.

Et les laissant dans Textase de leur courage^ je descendis précipitamment. Je trouvai madame Gouault au bas de Tescalier.

— Qu'est-ce qu'il y a donc de nouveau, monsieur Cerbonnet? me demahda-t-elle.

— Madame, Tempereur revient, les ennemis s'en vont.

— Ah ! quel bonheur ! dit-elle ingénument. Il paraît que nos amis les Russes se conduisaient bien mal. Une femme était exposée. Cela va nous donner la paix, n'est-ce pas ?

J'hésitai à dissiper la parfaite sécurité de la pauvre femme; je me demandai si je ne devais pas faire de sa pusillanimité un piège où trébucherait l'héroïsme imprudent de M. Gouault. Peut-être que, si elle avait jeté l'alarme, poussé des cris, appelé à son aide les voisins, on eût troublé la sérénité de Valentine, et par là, fait faiblir l'intrépidité de M. Gouault. Mais le respect que j6 leur portais devait être funeste à ceux mêmes qui me l'inspiraient. Je craignais de les sauver en les diminuant. J'avais, d'ailleurs, une autre espérance et je formais un autre projet.

Je courus à la maison.

— Mon père, dis-je au papa Cerbonnet, vous avez un poste à garder, ilfaut sauver M. Gouault. Restez en sentinelle devant sa porte ; on vous

connaît; les lâches^ qui voudraient se venger sur lui, seraient intiniidés par votre présence. Moi, pendant ce temps, j'essaierai de devancer la dénonciation, j'irai jusqu'à l'empereur. 11 n'y a pas assez de temps qu'il m'a vu à Maizières pour qu'il ait oublié ma figure. Il doit une dot à Valentine; je la lui réclamerai; c'est la vie et l'honneur de son oncle.

— J'avais eu la même idée, me dit mon père. Sois tranquille, j'obéirai à la consigne. Tu vois, je me suis préparé.

Et, entr'ouvrant son habit, l'excellent homme me montra une paire de pistolets chargés qu'il avait placés sur sa poitrine.

— Voilà mes décorations, ajouta-t-il.

Nous nous serrâmes la main : il alla rue du

Temple, prendre possession de son poste ; moi, je me dirigeai vers la cathédrale, espérant que, du haut de la tour, il me serait possible de reconnaître la situation de l'armée de Napoléon. Je n'avais pas été le seul à vouloir ainsi satisfaire ma curiosité; nous étions une vingtaine à peu près dans l'escalier de Saint-Pierre. Je me souvins, en le gravissant, des réflexions de M . Gouault pendant la promenade nocturne que nous avions faite quelques jours auparavant.

Arrivés sur la plate-forme de la tour, nous aperçûmes au loin, du côté de la route de ^aris, un amas considérable de troupes. Des nuages de fumée passaient comme yne avalanche sgnr^brç

sur la blancheur des chemins. On se battait à une lieue de Troyes à peine, et les Français, avançant rapidement, devaient être avant le lendemain maîtres de la ville, que les étrangers n'avaient pas fini d'évacuer. Nous entendions à une autre extrémité rouler les chariots, et tout le long des mails les régiments étrangers défiler avec des cris.

Au-dessous de nous, malgré la défense et les menaces, le peuple s'agitait. Quand nous descendîmes, nous trouvâmes dans l'église des officiers accourus en toute hâte pour prendre les clefs de. la tour et empêcher de monter. La fusillade et le canon se faisaient de plus en plus distincts, et on s'attendait à un assaut. L'ennemi était aux remparts ; défense absolue, sous peine de mort, aux habitants, de quitter leurs maisons : mais chacun bravait la défense, et les alliés n'osaient la faire respecter.

Quelle journée! Je courus à l'hôtel de ville; tout y était dans un désarroi complet. « L'empereur revient! l'empereur revient! » disaient les employés avec un mélange de joie et de erreur. En étant heureux de se sentir si près de la délivrance, on redoutait d'avoir des comptes à rendre à ce justicier terrible qui ne s'accusait jamais de ses fautes. Au moment des plus grandes angoisses, on vit passer un officier d'état-major autrichien, qui arrivait des avant -postes français où il avait porté une lettre de son maître, et

qui annonçait que la paix serait signée le lendeniain. Mais, après un premier moment de surprise et d'illusion, personne ne voulait croire que la paix fût possible. La paix ! qui donc la désirait? L'empereur, qui s'annonçait par sa voix de bronze et qui bombardait la ville pour écraser l'ennemi sous nos murs enfumés? Le peuple, qui mâchait sa double vengeance et qui voulait se repaître de la joie des représailles? Non, point de paix ! c'était la guerre sans merci.

J'allais désespéré par les rues; les remparts étaient inabordables ; on ne pouvait approcher des portes, et le canon redoublait d'aboiements. Vers quatre heures de l'après-midi, je revins à la rue du Temple. Mon père^ appuyé contre un puits, en face la maison de M. Gouault, paraissait écouter la fusillade, et ne quittait pas des yeux la porte et lés fenêtres.

— Valentine veut te parler^ me dit-il ; voilà cent fois depuis une heure qu'elle me fait des signes à travers les carreaux. Elle devine pourquoi je suis là.

Je traversai la rue. La porte s'ouvrit, Valentine était derrière.

— Maurice, me dit-elle en se jetant à mon cou, avec des sanglots, j'ai peur maintenant, sauvez mon oncle!

Mon père vint bientôt à son tour nous rejoindre sous la porte-cochère à demi- close, où,

palpitants dans Pombre, nous formions vingt projets de salut.

— Vite, Maurice, me dit-il; on parle d'envoyer des parlementaires à Tempereur, Si tu veux t'y joindre, l'occasion est excellente.

— J'y vais, m'écriaî-je.

— Prends un de mes pistolets, ajouta-t-il en riant, et tâche d'éviter un biscaïen; cela n'arrangerait les affaires de personne.

Comme je l'embrassais, il me dit à l'oreille :

— Ne m'embrasse donc pas si fort, cela redouble ses terreurs, à cette chère fille. Surtout, va jusqu'à l'empereur..» C'est à la porte de Paris que se réunissent les hommes de bonne volonté.

Je mis un baiser sur le front de Valentine, et je m'élançai vers le haut de la ville .

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