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CHAPITRE III

Après un intervalle de silence, pendant lequel la Chauve-Souris sembla prendre la mesure du colosse tombé en enfance, elle continua d'une voix brisée :

-^ Ah ça ! j'use mon souffle à vous raconter un tas de choses que vous n'écoutez pas : voici qui va vous intéresser, papa... Si l'on savait que vous êtes à Paris...

Le vieil hercule se souleva avec un air de peur et de menace.

— On ne le sait pas... Tu me cacheras... balbutia-t-il.

— Eh bien ! oui, on aura soin de vous, reprit la Chauve-Souris avec un rire méprisant. Il y en a à ma place qui, trompées dans leurs espérances, voyant le fardeau qu'elles vont prendre, le laisseraient là et iraient chercher le sergent de

ville qui flâne au coin de la rue pour lui dire : € Il y a ici un forçat en rupture de ban, faitesmoi donc Tamitié de m'en débarrasser. Le pauvre homme me gêne, il n'est bon à rien qu'à meubler vos prisons : vous l'avez estropié pour qu'il reste en cage, gardez-le. »

— Si tu faisais cela ! . . . s'écria l'athlète avec plus d'énergie qu'il n'en avait montré jusqu'alors, et en saisissant un des poignets de sa fille.

— Oh ! oh ! vous avez encore la main rude, quand vous le voulez; c'est bon à savoir, dit Sylvie, en dégageant et en frottant son poignet froissé. Si j'ai besoin jamais d'une chiquenaude pour quelqu'un, je vous appellerai, papa, et je vous ferai boire. Mais tenez-vous tranquille pour le quart d'heure; puisque je vous adopte, ce n'est pas pour vous trahir, bien au contraire. Je reprends mon historiette. Quand j'ai su que vous étiez libre : « Il faut que je Taie près de moi, le cher homme ! » me suis-je dit. Je vous ai expliqué mes- petites raisons de sentiment; n'en parlons plus. Je veux une famille, et il faut, papa, que vous soyez la mienne. C'est à choisir entre ce que je vous offre et le sergent de ville... Votre choix est fait, n'est-ce pas? C'est bien gentil pour moi. On vous avait interné à soixante lieues

d'ici; j'ai donné de l'argent pour qu'on vous fît faire le voyage, et un vieux Romanichel, qui me disait toujours que j'étais de sa parenté, parce que j'ai du jaune dans les yeux et du brun sur la peau, m'a expliqué que, si vous preniez des béquilles, on ne s'apercevrait pas de la mauvaise habitude que vous avez contractée là-bas de traîner la jambe. C'est pour cela que je vous ai fait dire de devenir bancal : ce n'est pas plus difficile que cela... Avec des béquilles, ni vu, ni connu, on embrouille la police. Il vous fallait un passe-port, on vous a donné un petit paysan qui avait l'air de conduire son grand-papa à un hôpital de Paris. L'enfant vous a amené ici; il paraît que c'est un lieu d'asile clandestin. Le père Crochard a été commandité autrefois par des artistes ; il s'en souvient, le cher homme, et on lui ferait peut-être une mauvaise affaire, s'il ne s'en souvenait pas. J'ai payé le gamin, je l'ai congédié, il est reparti. Vous voilà donc seul et libre à Paris, dans la grande capitale, dans le pays défendu. Vous n'êtes pas content de cela, hein? Ecoutez maintenant mon plan. Moi je veux devenir une bourgeoise ; il faut en finir avec les tortillements d'yeux dans les baraques. J'ai trouvé un homme fort bien, un envieux comme moi, qui m'épousera, peut-être, et qui en atten-

danty s^associe. Je ne lui ai pas demandé les métiers qu'il a faits, mais il a une bonne idée; il veut que je sois marchande à la toilette. J'aurai peut-être un jour une boutique ; en attendant, j'ai une chambre. Voilà la première fois depuis que je suis au monde que j'habite une maison, et que je ne dors pas dans une voiture. Dame ! il faudra vous contenter d'un coin dans cette chambre; on vous entourera d'un paravent et de tous les égards possibles. Mon homme a quelques sous, gagnés dans la brocante; il achète aux commissaires-priseurs, au niontde-piété, et moi, je me ferai une clientèle parmi les jolies femmes : c'est un bon état, allez, et qui vous mène partout. De cette façonlà, je reste à Paris... et je surveille mon monde, car j'ai deux ambitions, voyez-vous, papa; et vous, qui avez été violent, vous comprendrez peut-être cela. Je veux devenir une femme établie qu'on saluera, qu'on n'appellera plus « la Chauve-Souris, » et je veux me venger! Oui, oh! oui, je me vengerai.

Sylvie frappa du poing sur la table. Son vieux père hocha la tête comme un amateur de musique qui applaudit à une note bien jouée.

— Il y a longtemps que je la porte en moi, cette vengeance qui me brûle, continua Sylvie

pâle et frémissante. J'ai voulu la tuer, cette Camille, et puis, quand J'ai appris qu'elle était rentrée chez sa mère, la femme entretenue, pour y reprendre son métier de Cendrillon, je me suis dit : « Bah ! elle sera si malheureuse, que je serai vengée. » Malheureuse! elle! Ah! bien oui : si elle souffre, il n'y paraît guère ; elle travaille, elle soutient la maison, et je l'ai vue passer, il y a trois jours, à côté de moi sur un trottoir. Elle était si belle, si calme, si contente de son malheur, que j'ai failli entrer chez un épicier acheter du vitriol pour le lui jeter au visage... Mais ce sont des bêtises, ces moyenslà, on ne défigure pas toujours son monde, et on appelle la police... J'ai un autre plan. Avec Pindustrie que j'entreprends, j'ai mille moyens d'arriver à sa mère, à son frère et à sa sœur ; je l'atteindrai sans la toucher... Qui sait? elle n'est pas encore mariée à Pierre, qui est un savant... Ils s'écrivent, j'en suis sûre; il se disent un tas de choses... quCi. je voudrais bien connaître... Mais je sais qu'il est occupé, et que le mariage est subordonné à bien des projets... Quant au père Dufour, il est retiré, il habite une petite maison à Belleville. Je tiendrais pourtant son ménage, je serais sa femme, madame Dufour tout du long, sans cette Camille ! Ce que je n'aî

pu faire avec ces gens-là (fui me méprisaient, je le ferai sans eux, et, pour m'en servir contre eux, entendez -vous, papa! Ils ont appris à écrire, à lire; moi, je ne sais que ce qu'on attrape à rouler dans le monde. Eh bien! je veux aussi grandir comme ils ont grandi. Le travail ne me fait pas- peur : s'il faut, pour amadouer la chance, avoir un commencement de famille, on saura dans le quartier que je soigne mon vieux père, un homme respectable, entendez-vous ! un ancien soldat qui pose aujourd'hui dans les ateliers comme modèle pour la tête du Père éternel ; car vous avez, papa, une fameuse tête de bon Dieu ! Voilà mon projet, voilà pourquoi je vous ai fait venir. Si vous y mettez un peu du vôtre, si vous vous civilisez jusqu'à m'aimer un brin... cela me facilitera la besogne. Bah ! cela viendra : le goût de l'eau-de-vie vous est bien revenu.

— Tu me donneras pour mon tabac? demanda timidement le Père éternel.

— Ah! vicieux, vous voulez donc reprendre toutes vos habitudes? Oui, vous aurez du tabac. Ainsi, c'est bien entendu, le passé est le passé; que les curieux aillent y voir : nous, nous n'y regardons plus. Ce qu'il faut envisager en face, c'est l'avenir; et, à Paris, il y a toujours un

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avenir. Rien ne s'y use, rien n'y est assez piétiné pour ne pas refleurir. Maintenant que )e vous ai dit tout cela, et que vous n'en avez pas compris un mot, en route! Ephraïm nous attend.

Le vieillard releva la tête.

— Ephraïm, c'est mon associé. Vous l'aime^ rez. Il est industrieux comme tout, sans compter qu'il a de belles connaissances, et que ce n'est pas avec lui que vous serez jamais inquiété. Ah! bien, oui... il a le bras long, et si vous étiez un peu plus dégourdi!... Mais ce sont ses affaires... Allons ! il est tard ; en route !

— Nous allons loin? demanda le vieux buveur.

— Non, tout près d'ici... à peine un quart d'heure.

Pendant que son père, se tenant des deux mains à la table, se levait et se mettait en équilibre, Sylvie ouvrit la porte.

— Hé ! monsieur Crochard, on vous demande.

Le marchand de vins s'empressa de monter.

— Voilà pour vous payer, dit la Chauve- Souris en tendant avec une sorte de fierté une pièce de cinq francs, et je vous laisse, par dessus ie marché, les béquilles du papa.

— Mes béquilles! dit le vieillard avec effroi.

— Parbleu ! ne vous imaginez-vous pas que vous en avez besoin, quand vous avez le bras de votre fille pour vous soutenir? Tenez, père Crochard, serrez les ustensiles, et si jamais un buveur traînant la jambe, s'attablait chez vous...

prêtez-lui ces -jarrets4â; ils sont solides. Au revoir !

Sylvie et son père descendirent du premîtf étage. Au moment de sortir du cabaret, le vieillard fit un mouvement en arrière-

— Ne vous cabrez pas, lui dit en souriant sa fille, puisque je vous réponds qu'il n'y a pas de danger. Paris, c'est la Providence des évadés.

En ce moment, la Chauve-Souris avait ouvert la pone, et, exhaussée par les marches du seuil, elle apercevait, à travers un terrain vague, quelques lumières des rues, un ^u de cette perspective de Paris qu'on dominait des hauteurs, aujourd'hui abaissées, du quartier La* bôtde.

— Ah ! gueux de pays ! dit avec une sorte de rugissement de joie et de colère, Sylvie en dressant son poing dans la nuit. Il faudra bien que tu itté fasses une petite place aussi à moi, comme aux autres» Je veux leur prouver, i tous ceux qui ont craché sur ttibi, que je valais la peiné

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d'être essuyiée... Ah! ils se sont réhabilités, et ils ne voudraient pas que je fusse sauvée!... c'est ce que nous verrons. Ils font leurs embarras avec leur famille... J'aurai la mienne maintenant : s'il faut Taimer je Taimerai, et s'il faut être honnête, on le sera !

Et, tout animée, presque belle dans cette nuit bruîAeuse, avec le reflet du cabaret rouge du père Crochard, la Chauve-Souris secouait la tête d'un air de défi.

— Mais si je n'ai pas de chance, si la douceur et la famille ne me réussissent pas pour me venger, ah! je le jure par celui-là qui revient de loin... il y aura un compte terrible à régler... Je me vengerai autrement, et ce sera terrible... Allons ! venez, papa -, n'ayez pas peur de la boue : à Paris, c'est bon genre de se crotter.

Et terminant par un éclat de rire violent, cette singulière imprécation, la Chauve-Souris franchit en sautant les trois marches du cabaret que le vieillard descendait en glissant et en se soutenant, de ses grands bras, aux deux côtés de la porte.

La pluie avait cessé , mais le pavé était humide, et le père de Sylvie, craintif, hésitant, avait besoin de s'appuyer fortement sur le bras de sa fiUé* Celle<i était fîère de son fardeau. Le senti-

ment filial, qu^un instinct sauvage lui faisait chercher au fond d'elle-même, se mêlait,* pour la réjouir, à rimpression même de la fatigué qu'elle ressentait en soutenant le colosse. Elle appartenait à cette espèce de créatures qui veulent incruster en elles par la douleui* le souvenir d'une joie, d'une émotion, au moins; qui se font battre pour être aimées, et qui, ayant passé la vie à souffrir, trouvent un attrait dans une souffrance nouvelle. Sylvie et son père gagnèrent, par la rue du Rocher, la place du Havre, et bientôt la rue Saint-Nicolas-d'Antin. C'était dans une maison de cette rue que M. Ephraïm les attendait.

— J'aurai bientôt une boutique dans un passage, dit Sylvie, moins pour s'excuser d'introduire son père dans une allée obscure, fétide, au bout de laquelle on entrevoyait vaguement un commencement de spirale, que pour se donner à elle-même une fois de plus le témoignage d'un avenir supérieur.

Au troisième étage (c'était le dernier), Sylvie heurta une porte qui effleurait l'escalier. On entendit glisser des savates pesantes, et M. Ephraïm ouvrit lui-même.

C'était un petit homme, assez gras en réalité, et fort graisseux d'aspect, aux façons patelines, aux yeux clignotants, aux paupières rougies, à

la barbe rousse, au front chauve, à la physionomie composite, dont toute la figure et la personne étaient comme une enseigne de travestissements. Huissier, recors, marchand de contre-marques ou de lorgnettes, M. Ephraïm pouvait être tout cela, et bien plus encore : avec une mise décente, c'était un financier ; avec une soutanelle, un bedeau. Mais la ruse et Tironie se montraient impudemment en lui, malgré ses manières doucereuses. On sentait que cet homme devait mentir par nature, par profession, par conscience, et ne pouvait en retour accorder aucun crédit aux paroles des autres.

Il sourit en levant la bougie qu'il tenait â la main pour mieux voir l'hercule. Sylvie donna immédiatement une preuve de ses progrès en psychologie; car elle interpréta, comme il convenait, ce sourire, et dit brusquement en poussant son père pour qu'il entrât :

— Eh bien ! quoi? qu'est-ce qu'il a pour vous déplaire, ce pauvre homme ?

— Rien ! repartit Ephraïm qui éteignit son sourire.

— Enfin, il est comme cela, et pas autrement; il faudra vous en arranger.

— Entrez, entrez, monsieur, dit Ephraïm

avec une politesse parfaite en montrant le chemin.

La chambre était grande : elle paraissait tenir toute la largeur de la maison , en vertu d'un système naïf que les architectes de nos jours se gardent bien d'imiter, Mais elle était envahie par des ustensiles de toutes sortes, par ces épaves du luxe et de Tart qui sont les prémisses du bric-àbrac : des tableaux, des armes^ des armures, des porcelaines, des broderies et des pièces d'étoffes .entassés dans les coins, contre les murs, ne laissaient que peu de place à la circulation. On apercevait même une robe rouge, une robe de magistrat, accrochée avec la toque à une espagnolette de la fenêtre. C'étaient les héritiers sans doute d'un conseiller à la cour, qui, se tenant pour satisfaits d'hériter de la fortune, des titres ou des vertus, avaient cédé au marchand d'habits la défroque vide du défunt.

Le père de Sylvie reconnut immédiatement ce vêtement significatif. Depuis le jour de ses démêlés avec la justice, il lui était resté dans l'esprit le souvenir d'une robe rouge qui Pavait condamné. Comme M. Ephraïm passait avec sa bougie devant cette robe, le vieillard étendit la main.

— Le président ! balbutia-t-il.

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— Allons donc, papa^ à quoi c^Uez-vou» penser ? répondit sa fille. Tenez ! voilà où vous çou- ;Cherez. Est-cç gentil, ce petit dodO;?

Et Sylvie montrait derrière un paravent en tapisserie qui avait abrité les dernières confessions de Louis XIY à madame de Maintenon, un lit tout préparé.

— Ah ! soupira voluptueusement le vieillard .qui, sans plus de réflexion, se mit en mesure de se déshabiller.

, Pendant ce temps, la Chauve-Souris revenait à M. Ephraïm, qui s'était assis dans un coin*

— Eh bien ? lui dit-elle.

— Eh bien ! répondit le bonhomme aux yeux rouges, j'ai vu le bambin. Il a une jolie collection de vices.

— Et la sœur ?

'^ Elle ne demande qu'à s'envoler.

— C'est bon ! repartit en secouant la tête Sylvie, devenue pensive. Mais je ne sais pas pourquoi, ce soir, je ne suis pas aussi méchante que je voudrais l'être... Je serais heureuse d'être bonne ! Est-ce parce que . j'ai retrouvé ce vieux?... Quelle drôle de boutique que potre ceeur!

Sylvie était tombée sur une chaise. M . Ephraïm sourit abominablement en serrant le genou de sa

voisine un peu plus fort que Tartufe ne pressât Elmire.

— Dites donc, ma chère, pendant que vous êtes en train de bonté. . .

Les yeux du petit négociant projetaient une flamme terrible. Sylvie dégagea son genou, et se levant avec impatience :

— Etes-vous assommant ! Ce que j^ai dit est dit... Nous sommes des associés d*abord... Plus tard, on verra... On me croit votre femme, cela m^amuse ; mais c'est par vous que je veux Commencer à être respectée... Bah ! on n'en saura rien...

Le vieillard, qui s'était couché, murmura en s'étendant dans son lit :

— Eh bien ! vous n'allez pas dormir. . . mes enfants ?

La Chauve-Souris regarda M. Ephraïm avec colère.

— Vous voyez ; papa aussi, le cher homme, trouve cela tout naturel !... Pour personne je ne vaux la peine de me défendre !

— Je vous aime! bégaya M. Ephraïm.

Sylvie éclata de rire.

— Voilà donc celui qui doit me dire cela le dernier... Eh bien ! je vous garde pour la soif, mon petit. Vous savez ce qui a été convenu : je

m'occupe de votre commerce, vous aiderez ma vengeance... Après, nous verrons! En atten-» dant... couchez-vous... je ne vous regarderai seulement pas.

Ephraïm se tirailla un peu la barbe en regardant devant lui.

— Quelle femme ! se dit-il.

Puis il alla modestement se coucher tout habillé sur une sorte de divan-canapé, en s'envelop^ pant d'un grand manteau de cavalerie.

Quant à Sylvie, elle prépara un fauteuil pour y passer la nuit. Mais, avant de s'y installer, elle vint avec la bougie contempler son père profondément endormi :

— Comme il dort bien ! murmura - 1 - elle. Quelle belle figure il a, avec sa barbe blanche ! On dirait le sommeil de l'innocence... Après tout, il est innocent, le cher homme !... Il ne savait rien... il n'a rien appris. On l'a fait souffrir, on ne l'a pas instruit... Comme il est beau !

Et Sylvie s'agenouilla à demi pour regarder de plus près son père. Il lui sembla qu'il tressaillait sous sa couverture.

— Il a froid ! pensa-t-elle.

Et alors, cherchant dans la chambre, elle aperçut la robe rouge du conseiller; elle alla la dé-

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crocher, elle retendit doucement sur le vieillard ; puis se souriant à elle<même :

— Que le coupable, dit-elle, se réchaufii^ sous la robe de son juge !

Et, s^installant sur une chaise au pied du lit, Sylvie s'enfonça dans sa rêverie. L'ancienne somnambule avait fait trop souvent semblant de dormir; le sommeil lui gardait rancune-, elle Veilla ainsi, sans fermer les yeux, une partie de la nuit.

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