CHAPITRE XVIII
— Je ne crois ni à Is^^ fatalité ni à la prédestination, dit Pierre Dufour après qu'il eut admiré tout à son aise cette invincible générosité de Camille. Mais il y a dans les veines de la Chauve- Souris...
— Ne lui donnez plus ce nom-là, mon ami, puisque vous ne la craignez plus.
— Il y a dans les veines de Sylvie, reprit le jeune homme, un ferment de révolte, un levain sauvage, qui triomphera toujours des bonnes résolutions et qui la rend incapable d'un devoir simple : un crime ou un acte héroïque, à la bonne heure! Nous n'avons pas besoin de son dévouement, et je me préserve de sa haine.
— Comment?
— Sylvie s'est livrée elle-même; elle a pour...
associé un homme qui la garde et qui Tempechera d'agir.
— Lui î son complice ?
— Un complice pour des vilenies, pour des pièges tendus à l'innocence de Julie, à la crédulité de Victor. Mais M. Éphraïm a eu peur, et c'est assez. D'ailleurs, rassurez-vous. S'il faut commettre une imprudence et faire une dernière tentative sur l'endurcissement de Sylvie, nous comnïfettrons cette imprudence-là, ma chère Camille, ma chère femme !
— Votre femme ! c'est donc bien vrai ! plus d'obstacles ! ah ! dépêchez-vous de tout me raconter. Voilà Julie mariée, moi aussi; mais cette dot de ma sœur ! mais Victor ! mais la métamorphose de cette maison ! mais le bonheur de tous ! Allons, magicien, laissez-moi voir votre baguette !
— Ma baguette, quand vous la connaîtrez, me dépouillera de tout mon prestige. Depuis longtemps, mon amie, j'étais blessé de vos efforts. « C'est pour venir à moi, c'est pour me permettre de venir à elle, me disais-je, qu'elle s'épuise, qu'elle dépense sa vie, et moi, comme un égoïste, j'attends, je fais des vœux stériles... Je ne puis pas même la décourager de ces sacrifices, en lui montrant l'inutilité de sa tâche,
puisque je profiterais de ce découragement. » Alors, j'ai pensé à un intermédiaire naturel, que je ne savais où retrouver, mais que le hasard ou plutôt la Providence a mis tout à coup sur mes pas... Victor et Julie ont un père!
— Lui! c'est lui! dit Camille en rougissant. Ah ! je ne pensais pas à lui ; il les a abandonnés, d'ailleurs.
— Oh! la Bourse exige souvent des séparations cruelles, continua Pierre Dufour avec un sourire. M. Baziil a fait comme tant d'autres: il a sombré, et, dans ce désastre, il a eu le courage de laisser sur la rive ses enfants... et le reste de son cœur. Mais ce n'est pas un méchant homme; il a des entrailles... et il se trouve qu'il a besoin d'un ingénieur. N'ptait-il pas naturel que je fisse mes conditions ?
— Qu 'est-il donc devenu depuis sa fuite ?
— Ma chère, l'Orient est le grand consolateur : c'est vers lui que les utopistes en désarroi tournent leurs regards ; c'est en Orient que nos poètes vont se reposer et redemander de nouvelles inspirations à la muse. M. Bazin a fait comme les poètes : il a été en Orient réchauffer dans le sable son génie un peu refroidi. J'avais appris déjà qu'il spéculait heureusement en se faisant l'intermédiaire, le commissionnaire, en
quelque sorte, des enfants du prophète auprès de nos armateurs, de nos entrepreneurs européens.
Je voulais lui écrire, peut-être même eusse- je fait le voyage pour le rejoindre et lui parler, quand son nom fut prononcé tout dernièrement dans une réunion d'ingénieurs. M. Bazin est chargé de faire mettre à l'étude en France un grand projet, qui lui donnera des millions s'il réussit et qui vaudra quelque gloire à l'ingénieur. J'ai eu là une occasion toute naturelle d'aider le hasard.
Je crois que j'ai plus de chances qu'un autre de me voir accorder Tentreprise. M. Bazin m'a reçu avec bonhomie : il est devenu un peu superstitieux dans ses voyages, et il a vu un augure favorable dans la rencontre de Pierre Dufour, fils du saltimbanque, devenu un élève de l'Ecole centrale ; je dois porter bonheur aux aventures hardies. Après une conversation exclusivement hydraulique, j'ai demandé à M. Bazin s'il n'avait pas cherché à revoir sa famille. Il m'a avoué avec la plus sublime candeur que ses entrailles paternelles le poussaient à cette démarche ; mais qu'une certaine prudence l'avait retenu jusqu'à ce qu'il eût eu des renseignements sur l'état moral de ses enfants et de leur mère. Il a un carac-
tère quasi«officiel \ il se peut qu^à la suite de ses négociations, il obtienne la faveur d'un petit bout de ruban : il doit donc prendre des précautions. Je Tavais rassuré, et déjà la première visite était décidée, quand vous êtes tombée malade. Alors, ma chère Camille, il paraît que j'ai redoublé d'éloquence.
J'ai fait honte à cet égoïste de l'abandon dans lequel il laissait les siens : je l'ai presque menacé; il s'est rendu. Toutes les dettes de Victor ont été payées; les lettres de change .si imprudemment faites sont déchirées. M. Éphraïm n'a pas été implacable devant un peu d'or, et Sylvie a bien vu que, cette fois, elle n'avait pas affaire à une femme.. Julie, dotée, épousera son peintre; Victor ira en Orient avec son père; quant à madame Villiers...
— Eh bien ? demanda Camille, voyant que Pierre hésitait un peu.
— Quant à madame Villiers , elle deviendra aux yeux de la loi madame Bazin. Elle aussi se marie.
— Je ne demandais pas cela ! reprit Camille un peu sérieuse, en secouant la tête.
— C'est pourtant le dénoûment le plus heureux.
•— Voilà donc ces mariages dont me parlait
Victor!... Mon ami, nous ne nous marierons pas le même jour.
— Non, ma chère Camille. Nous laisserons ces heureux, qui vont être riches maintenant, cacher leurs petites blessures sous •un bandeau doré. S'il faut nous échapper, comme dans votre enfance, nous nous échapperons.
— Je vois bien un remède apparent à toutes les misères, continua Camille; mais cette fortune subite grisera les cœurs et ne les changera pas, Victor aura plus de tentations, Julie plus de coquetterie : ce n'était pas tout à fait ainsi que je comprenais Pavenir !
— Rassurez-vous, Camille : Victor et Julie n'étaient pas faits pour les grandes passions. Ils appartiennent à ce monde parisien pour qui la fortune est une décence, le soin du confortable une dignité de Tâme. Par dépit et par vanité, ils pouvaient se perdre : maintenant qu'ils sont riches, ils seront honnêtes. Ils n'ont plus rien à acquérir, ils ont tout à conserver.
— Quelle morale, mon ami !
— C'est la morale des autres, ce n'est pas la nôtre. Vous vous seriez usée à la peine, ma Camille bien-aimée, sans obtenir de Victor une volonté ferme de devenir un homme utile, sans contraindre Julie à la résignation. Aujourd'hui
Victor sourit à toutes les tâches, car il peut se donner des collaborateurs, et Julie n^a plus peur de faire pitié. Leurs cœurs se sont épanouis réellement , et ils vous aiment , parce qu'ils subissent le charme sans humiliation pour euxmêmes.
Comme leur fortune inespérée dépasse la vôtre, ils ont volontiers pour vous de la reconnaissance. N'ayons donc plus^d'inquiétude. Victor, vous le verrez, deviendra un petit personnage grave; Julie, une femme distinguée, c'est-à-dire qu'on ne la distinguera pas des Parisiennes jolies, bien mises et honorables. Ils auront part à toutes les joies qui se donnent en spectacle, et le bonheur fortifiera leur vertu.
— Vous ne pouvez vous défendre de parler d'eux avec ironie !
— C'est pour montrer que je ne suis pas jaloux.
— Allons! je vois bien que tout est en ordre, dit Camille avec un faible soupir, et l'ordre est l'idéal de cette maison. Etes-vous sûr, au moins, que M. Bazin ne se ruinera plus?
— Parfaitement sûr. L'Orient Ta fait diplomate. Quant à sa famille, l'espoir -de la présenter dans son ordonnance respectable à quelque pacha la lui rend doublement chère. Il aura un
salon sur le Bosphore, peut-être même à Paris. Combien de gens l'envieront ! et vous savez vousmême si la maison sera bien tenue, si les soirées seront bien réglées !
— On ne se privera plus de dîner pour acheter la brioche ! dit Camille avec une douce raillerie.
— Enfin, reprit Pierre Dufour, votre tâche est terminée. Noys sommes libres. Ce mariage de madame Villiers vous ôte tout scrupule, vous affranchit pour jamais. En réparant ses torts, M. Bazin vous relève du vœu que vous aviez fait.
— Ses torts ! murmura Camille en tournant ses yeux vers le ciel.
Elle se souvenait de l'éloignement qu'elle avait conçu quand elle était petite pour cet homme qui avait pris dans la maison la place vide de son père , et elle pensait qu'elle allait rester plus que jamais orpheline, quand son frère et sa^sœur cessaient d'être orphelins. Il y avait toujours pour elle une ombre à satisfaire, une mémoire envers laquelle on avait eu des torts qu'on ne pouvait plus réparer.
Toutefois j la raison de la jeune malade acceptait, après un premier moment de stupéfaction et de défiance, la solution positive que Pierre
avait trouvée. Elle eût voulu un triomphe composé de moins de résignation. Cette vertu du bien-être lui paraissait une forme de Tégoïsme, et elle se trouvait égoïste elle-même d^accepter ces arrangements. Mais elle comprenait que c^était là une des épreuves, une des tâches que la vie réelle met à toutes choses, et elle courbait la tête devant cette nécessité, recevant le bonheur comme il doit être reçu pour qu'il dure, avec une joie mélancolique.
— Pierre, dit-elle à son ami, après quelques moments de silence, pendant lesquels le passé amer acheva de s'égoutter dans son esprit, je ne dois plus regarder en arrière, n'est-ce pas ? Eh bien, c'est fait, j'ai tiré le rideau : c'est à vous que j'appartiens maintenant tout entière. Cendrillon est morte, Camille va naître... Ouvrez cette armoire : bien ! . . . Apportez-moi doucement ce carton. . . Ne le secouez pas ! Oh ! ces hommes ! comme ils sont brusques ! Si c'était la boite de Pendore, tous les maux auraient un prétexte pour s'échapper. . .
Et se soulevant un peu, Camille tendait les bras vers un carton que Pierre apportait avec une gravité maladroite en riant de sa fonction. C'était le véritable trésor, celui-là, on ne l'avait pas volé. Camille tira sa couronne de mariée,
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son voile, ses gants, et les plaçant sur son lit :
— Je suis encore trop faible, n'est-ce pas, pour mettre ces belles choses ? Mais vous voyez, mon ami, que j'avais pris mes précautions... Donnezmoi huit jours encore, et dans huit jours, oh! je serai bien guérie.
Alors, avec un enfantillage qui ne lui était pas habituel, Camille essaya sa parure de noces:
— J'ai cru pourtant que cela m'avait porté malheur d'acheter moi-même cette couronne. Si je la donnais à Julie?... et si je vous demandais, à vous, de me la remplacer? Mais non; Julie trouverait ces fleurs trop simples. Elles sont bonnes pour moi, pour nous, mon ami. Chères fleurs! si j'étais morte, ont vous eût mises dans mon tombeau ! Vous êtes presque bénies déjà, puisque vous servirez à une ressuscitée !
Pierre admirait dans une de ces violentes extases qui accumulent toutes les forces au cœur et au cerveau, et qui donnent à l'homme un gage certain sur l'avenir. Il y a des heures fugitives, bien rares, que tout le monde n'entend pas son^ ner, mais dont chacun a la notion confuse, et qui abattent tout à coup les nuages dont il plaît à la destinée d'envelopper nos espérances. A ces heures-là, on voit distinctement jusqu'au fond de l'horizon, devenu clair et léger. D'un élan, on
touche à l'extrémité de la vie ; on perçoit en un battement de cœur toutes les émotions intimes dont on accepte la promesse.
Une de ces heures-là venait de tinter, et Pierre Dufour ne se lassait pas de regarder les grands yeux de Camille, agrandis encore par la fièvre, et d'y contempler la perspective de leurs jours d'union, de travail, d'estime, d'amour et de gloire. Il n'avait plus rien à lui dire; il n'avait plus rien à entendre d'elle ; il lui suffisait de la voir et de penser :
« Enfin! elle est à moi. Nul obstacle, nul préjugé, nul devoir, rien ne nous sépare. »
La nécessité de ménager la convalescente interrompit cette contemplation. Le lendemain, Camille essaya de se lever. Quelques jours après, complètement guérie, elle pouvait sortir. Le jour de son mariage fut fixé en famille, et par une pudeur de reconnaissance, par une politesse d'affection, dont elle sut gré à sa sœur, à sa mère et même à M. Bazin, on décida que la cérémonie de ses noces précéderait de quelques jours les noces de Julie. Elle devait marcher devant comme le coryphée du devoir, peut-être aussi pour porter encore une fois bonheur aux autres. Quant à madame Villiers, la réparation
tardive de M. Bazin devait être mystérieuse, clandestine, comme une faute.
Pendant que ce dénoûment se préparait, Sylvie, déconcertée dans les calculs de sa haine, impuissante à faire le mal comme à faire le bien, épouvantée, mais non convaincue par cette force terrible que garde toujours la société banale, même dans les situations équivoques, Sylvie se sentait prise de vertige.
Le jour où elle apprit que Julie échappait au piège et n'était pas enlevée, le jour où elle vit Ephraïm intimidé par les façons nettes et menaçantes de Pierre Dufour, par l'or de M. Bazin, se désarmer des fameuses lettres de change de Victor, ce jour-là, Sylvie eut des tentations de meurtre, contre elle-même d'abord: contre Ephraïm, contre Pierre Dufour, contre tout le monde ensuite. L'égarement qui se lisait dans ses yeux changea en véritable terreur l'amour de son associé, et celui-ci résolut dès lors de rompre, provisoirement au moins, l'association .
Au premier mot cjui révéla les défiances d'Éphraïm, Sylvie se sentit révoltée. Quoi donc ! cet être abject, digne d'elle, et qui l'avait aimée assez pour la respecter, cet être qu'elle dominait, et dont elle était fière secrètement comme d'une part conquise dans l'amour idéal glorifié
par le monde, cet être se dégageait de son influence et renonçait à elle sans l'avoir possédée, uniquement par précaution. Ironie de Tamour ! cette passion funeste, malsaine, à sa portée, cette passion lui était même refusée, et il y avait une limite au delà de laquelle il lui était interdit, à elle, d'avoir de l'influence, d'exercer un prestige, d'entraîner même un misérable !
— Ah ! vous me chassez ! dit-elle au tremblant Ephraïm, en se croisant les bras.
— Puisque vous avez tout fait pour n'être pas ma femme ! .
— Votre femme ! Eh bien, si je consentais à rêtre?
Un éclair, une étincelle d'or passa derrière les lunettes du marchand. Il regarda Sylvie, se sentit tout le corps enlacé comme par un serpent qui montait des pieds à la tête; mais il y avait tant de colère et de mépris dans le sourit*e de la femme adorée qu'il trembla d'accepter. Il balbutia :
— Non, c'est trop tard... non !...
— Ah ! le lâche ! lui dit la Chauve-Souris en approchant son visage terrible comme celui de Méduse et en secouant ses paroles, qui le mordaient comme autant de couleuvres ; ah ! le lâche ! si je voulais, en vous exaspérant un peu, je vous
ibrcerais bien à m'assassiner . . . et vous n'osez pas prendre la moitié de ma haine contre des gens qui...
— Contre des gens qui ne vous ont fait que du bien ! . . . insinua Éphraïm avec une hardiesse extraordinaire.
— Ah! il ne vous manquait plus que cela! Vous voyez que vous ne- me comprenez p^s, si vous ne sentez pas que c^est la lèpre de leur pitié qui me ronge, et que je les hais... ces gens, parce que j'aurais voulu les aimer. Vous êtes pourtant aussi d'une race qu'on méprise un peu, mon bonhomme ; cela ne vous donne donc de colère contre rien?
Ephraïm sembla jeter un regard autour de lui, comme pour attester naïvement ses comptoirs, qu'il ne trouvait pas de plus adroite vengeance que son négoce, contre le préjugé public.
— Où en serais-je? reprit Sylvie avec une in dignation formidable; où en serais-je si j'avais cru bêtement à votre amour? J'aurais cent pieds de boue de plus sur la tête, voilà tout. Vous m'auriez sacrifiée, comme aujourd'hui, à lacrainte de la préfecture ! Vous qui me disiez que les brunes vous -plaisaient, aujourd'hui vous me chassez à cause de la rousse !
Et accompagnant ce calembour d'un rire écla-
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tant, Sylvie monta à Tentre-sol de la boutique faire ses préparatifs de départ. Ephraïm resta seul pendant vingt minutes, se mordant les lèvres, remuant les mains au fond de ses poches, torturé d'angoisses, plein de remords d^avoir connu cette dangereuse créature, de ne s'en être point fait aimer, de la laisser partir et de ne l'avoir point renvoyée plus tôt.
Elle redescendit, superbe d'orgueil, presque belle pour tout le monde, magnifique pour l'homme qui la chassait. Elle tenait un paquet sous son bras -, son père la suivait, ne comprenant rien à ce qui se passait.
— Sylvie! dit Ephraïm d'une voix étranglée... vous n'emportez pas tout ce qui est à vous.
— J'oublie votre cœur, peut-être!
— Vous m'avez fait gagner de l'argent... il y a ici des marchandises qui vous appartiennent.
— Vous croyez ? Eh bien , vous les enverrez à la Morgue; c'est là qu'on trouvera mon héritage. Adieu, Ephraïm... Vous ne me reverrez, plus : ne tremblez donc pas !
Et saisissant son père par le bras, Sylvie sortit de la boutique. Ephraïm fut tenté de pousser un cri, de la retenir; mais, dès qu'elle fut un peu éloignée, à travers l'horrible déchirure que lui causait ce départ, il sentit quelque chose de
froid, de calmant, pénétrer en lui. C'était le vide, le néant, mais c'était aussi l'innocence relative de sa vie.
— Cette femme-là m'aurait perdu ! se dit-il en tombant sur une chaise.
Et il pleura naïvement, sans s'apercevoir qu'il regrettait de n'avoir pas été perdu par elle.
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