‹ La cocarde de Mimi-PinsonChapitre 12 sur 77 · ROBICHON, MARIE-LOUISE · texte numérisé non relu

ROBICHON, MARIE-LOUISE

robichon, suivant Madame Frivolet.

Bon appétit, ma chère associée !... Une excellente femme, mais qui pense beaucoup trop à se remarier... avec un jeune homme .. Ça la trouble l

marie-louise, entrant du fond.

Les ordres sont donnés. Ah ! Monsieur Robichon l

ROBICHON

Bonjour, Marie-Louise, bonjour, ma chère enfant ! Je suis content de ne vous voir arriver que maintenant... Madame Frivolet vient de partir et elle voulait vous gronder.

MARIE-LOUISE

Pourquoi donc, monsieur?

ROBICHON

Tout à l'heure, en entrant, nous avons trouvé l'atelier envahi par un vieux monsieur qui embrassait une de vos ouvrières. Alors Madame Frivolet a un peu crié.

MARIE-LOUISE

Madame Frivolet a eu raison, monsieur.

ROBICHON, s'asseyant à droite.

Oh ! oh ! Marie-Louise, vous êtes comme votre patronne, peu indulgente à l'amour. Mais je ne suppose pas que ce soit pour le même motif. Vous n'avez donc jamais senti palpiter votre petit cœur?

MARIE-LOUISE, ÛV€C élan.

Oh ! si, monsieur !

ROBICHON

Ah! ah! un amour sérieux, sans doute. Car avec votre caractère, vous n'êtes pas femme à courir les aventures.

MARIE-LOUISE

Vous me connaissez bien, monsieur, et je vous en remercie. Oui, c'est un amour sérieux, mais aussi un amour sans espoir. Celui que j'aime doit toujours l'ignorer.

ROBICHON

Et pourquoi ?

MARIE-LOUISE

Parce que nous ne sommes plus au temps où les rois épousaient des bergères.

ROBICHON

Eh bien, quand la guerre sera finie, si vous voulez me confier votre gros secret, je m'occuperai de votre bonheur.

marie-louise, vivement.

Oh ! non, monsieur, pas vous ! Je vous remercie, mais...

robichon, paternel.

Bien, bien, ma chère enfant, je n'insiste pas. Gardez votre secret ; mais je suis sûr d'une chose, c est que votre affection est bien placée. (Prenant son journal, le parcourt.)

MARIE-LOUISE

Merci, monsieur. (Après un petit silence, avec hésitation ) Et... Monsieur Jean, monsieur, comment va-t-il ? Avezvous de ses nouvelles !

robichon

Mon fils va très bien. J'ai eu une lettre avant-hier. Toujours dans le Nord et toujours bien portant.

MARIE-LOUISE

Tant mieux, j'en suis heureuse... pour vous, monsieur. (Après un petit silence.) Je puis me retirer... Vous n'avez plus besoin de mes services !

ROBICHON

Mais non, mon enfant, allez déjeuner... Je suis là à vous retenir... à vous parler de vos petits secrets...

MARIE-LOUISE

Oh ! j'ai plus de temps qu'il ne m'en faut. Au revoir, monsieur, à tout à l'heure !

ROBICHON

A tout à l'heure, Marie-Louise ! (Elle sort.)

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