ROBICHON, MARIE-LOUISE
robichon, suivant Madame Frivolet.
Bon appétit, ma chère associée !... Une excellente femme, mais qui pense beaucoup trop à se remarier... avec un jeune homme .. Ça la trouble l
marie-louise, entrant du fond.
Les ordres sont donnés. Ah ! Monsieur Robichon l
ROBICHON
Bonjour, Marie-Louise, bonjour, ma chère enfant ! Je suis content de ne vous voir arriver que maintenant... Madame Frivolet vient de partir et elle voulait vous gronder.
MARIE-LOUISE
Pourquoi donc, monsieur?
ROBICHON
Tout à l'heure, en entrant, nous avons trouvé l'atelier envahi par un vieux monsieur qui embrassait une de vos ouvrières. Alors Madame Frivolet a un peu crié.
MARIE-LOUISE
Madame Frivolet a eu raison, monsieur.
ROBICHON, s'asseyant à droite.
Oh ! oh ! Marie-Louise, vous êtes comme votre patronne, peu indulgente à l'amour. Mais je ne suppose pas que ce soit pour le même motif. Vous n'avez donc jamais senti palpiter votre petit cœur?
MARIE-LOUISE, ÛV€C élan.
Oh ! si, monsieur !
ROBICHON
Ah! ah! un amour sérieux, sans doute. Car avec votre caractère, vous n'êtes pas femme à courir les aventures.
MARIE-LOUISE
Vous me connaissez bien, monsieur, et je vous en remercie. Oui, c'est un amour sérieux, mais aussi un amour sans espoir. Celui que j'aime doit toujours l'ignorer.
ROBICHON
Et pourquoi ?
MARIE-LOUISE
Parce que nous ne sommes plus au temps où les rois épousaient des bergères.
ROBICHON
Eh bien, quand la guerre sera finie, si vous voulez me confier votre gros secret, je m'occuperai de votre bonheur.
marie-louise, vivement.
Oh ! non, monsieur, pas vous ! Je vous remercie, mais...
robichon, paternel.
Bien, bien, ma chère enfant, je n'insiste pas. Gardez votre secret ; mais je suis sûr d'une chose, c est que votre affection est bien placée. (Prenant son journal, le parcourt.)
MARIE-LOUISE
Merci, monsieur. (Après un petit silence, avec hésitation ) Et... Monsieur Jean, monsieur, comment va-t-il ? Avezvous de ses nouvelles !
robichon
Mon fils va très bien. J'ai eu une lettre avant-hier. Toujours dans le Nord et toujours bien portant.
MARIE-LOUISE
Tant mieux, j'en suis heureuse... pour vous, monsieur. (Après un petit silence.) Je puis me retirer... Vous n'avez plus besoin de mes services !
ROBICHON
Mais non, mon enfant, allez déjeuner... Je suis là à vous retenir... à vous parler de vos petits secrets...
MARIE-LOUISE
Oh ! j'ai plus de temps qu'il ne m'en faut. Au revoir, monsieur, à tout à l'heure !
ROBICHON
A tout à l'heure, Marie-Louise ! (Elle sort.)