‹ La cocarde de Mimi-PinsonChapitre 14 sur 77 · COUPLETS DE JEAN · texte numérisé non relu

COUPLETS DE JEAN

Au lieu de la guerre rêvée, Où les Français, drapeaux au vent, S'élançaient tous dans la mêlée En se battant très crânement, Où les éclairs des baïonnettes Au soleil joyeux scintillaient, Où les refrains' de nos trompettes, Avec ardeur nous entraînaient.

Au lieu de cela,

L'on se bat

Sous la terre '

Avec mystère ; On avance à pas lents ?

Se cachant,

Mais pourtant

Par instant L'on se rencontre face à face Avec l'ennemi détesté, Et malgré son habileté,

A se cacher,

Se défiler,

On le chasse !

Refrain.

Aux armes, courage, La France, enfant, a besoin de tes bras,

Relève l'outrage, Car le droit est là pour guider tes pas ;

Espère sans trêve, Le pays t'attend, le soleil au cœur,

L'aurore se lève, Le jour est proche où tu seras vainqueur.

— 2 — (ad libitum).

Ah ! s'ils pouvaient voir nos batailles, Que penseraient nos anciens preux.

Ils diraient : a d'estoc et de taille a On n'se bat plus, non, mais morbleu !

« Nos petits-fils^ qu'ils soient sous terre « Ou bien dessus, dans le combat, « Nos petits-fils valent leurs pères, « Qu'importe comment on se bat ! »

Il faut se terrer,

Se cacher Dans la tranchée Avancée.

Mais bast ! on sortira Bien de là, Après ça On verra. Notre rencontre face à face Avec l'ennemi détesté, Et malgré son habileté, Etc.

Refrain,

ROBICHON

Brave enfant ! comme on change tout de même! Quand , je pense qu'il y a un an, je tremblais chaque fois que tu traversais le boulevard à cause des autos.

jean, riant.

Maintenant, c'est à cause des marmites.

ROBICHON

Avec la différence que je ne tremble plus ! M'appellerastu encore a maman ! ».

jean, tendrement.

Cher père !

bouriche, à part.

Quelle famille ! c'est tous des crèmes. (// continue à regarder et palpe les robes et les mannequins.)

JEAN

Maintenant, papa, si tu le veux bien, on va aller déjeuner. Je me sens en appétit.

robichon, passant n° i.

Et moi qui n'ai pas prévenu Sophie. Pourvu que le déjeuner soit suffisant !

Quel qu'il soit, il me paraîtra excellent, puisque je le partagerai avec toi.

robichon Eh bien, allons déjeuner.

jean, désignant Bouriche.

Attends un peu 1 (Allant à Bouriche qui ne le voit pas et regarde sous la robe d*un mannequin.) Eh bien, Bouriche? Ça t'intéresse?

bouriche, en s'extasiant.

Ah ! mon lieutenant 1 y en a pas comme ça dans les tranchées. (Jean et Robichon rient.)

JEAN

Allons, viens déjeuner avec nous.

BOURICHE

Oh ! j'ai ce qu'il faut dans ma musette ; mais, avant d*y penser, j'ai autre chose à faire.

ROBICHON

Quoi donc ?

BOURICHE

Raccommoder mon lieutenant. Son uniforme est pas mal -décousu, les boutons ne tiennent plus et pendant qu'il mangera, je tirerai l'aiguille.

robichon, pas content, à Bouriche.

C'est cela ! Et il restera en manches de chemise ! Il attrapera un bon rhume !

jean, le menaçant du doigt en riant.

Maman 1

ROBICHON

C'est bon, je me tais !

jean, à Bouriche.

Toi, ton raccommodage, on verra ça après. Viens d'abord déjeuner. (Us sortent tous trois, Bouriche en dernier.)

bouriche, tn sortant.

Ah ! quelle famille, c'est tous des « crécrèmes » !

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