‹ La cocarde de Mimi-PinsonChapitre 15 sur 77 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

MARIE-LOUISE, seule.

(Elle entre, tenant à la main un carton contenant des rubans, bleu, blanc et rouge, qu'elle dépose sur une table. Elle s'installe pour coudre à droite.)

Les ouvrières vont venir travailler bientôt. II faut que je cherche à préparer un joli modèle. (Elle coud.) Petite cocarde qui sera envoyée au front, si tu pouvais aller trouver celui que j'aime... être placée près de son cœur... il me semble que tu écarterais de lui tout danger... Mais comment te faire parvenir sans qu'il se doute ? Ah ! je trouverai bien un moyen et ces petits morceaux de ruban que j'embrasse de toute la force de mon amour, seront pour lui un talisman!

Veille sur mon amoureux, Toi, faite en un jour heureux.

Soutiens-le, donne lui l'appui suprême, Qu'il sache qu'à son retour Il trouvera mon amour.

Ah ! dis-lui qu'il espère et que je l'aime !

O ma gentille cocarde d'amour, Messagère de l'amante, Il faut que tu le protèges toujours Dans cette horrible tourmente !

Veille sur mon amoureux, Toi, faite en un jour heureux.

Etc.

(Se levant.) Puisque tu connais mon cher secret, Gentille et douce amie, Porte vers lui mon cœur inquiet Et veille sur sa vie !

En toi je mets mon plus grand espoir, f Dépeins-lui ma vive flamme,

Dis que, pour le revoir, je donnerais mon âme. Veille sur mon amoureux, Toi, faite en un jour heureux.

Etc.

(Après le chant, elle, retourne à sa place.)

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