‹ La cocarde de Mimi-PinsonChapitre 16 sur 77 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

MARIE-LOUISE, BOURICHE

bouriche, .entrant en chantant, la tunique de Jean sur le bras

Ah! y a du sexe ! attention, mon vieux ! Pardon, mademoiselle 1

marie-louise, étonnée, toujours assise.

Monsieur. . .

bouriche, saluant.

Bouriche, dit La Cerise, pour vous servir! (Un temps.) Avec votre permission, j' pourrais t'y avoir une aiguille et du 61 ?

marie-louise, souriant.

Vous voulez coudre ?

bouriche, montrant l'uniforme de Jean.

Oui, l'uniforme du lieutenant qui est pas mal déchiré. Et pendant qu'il déjeune en bas avec son père...

marie-louise, émue, se levant, sur place.

De quel lieutenant parlez-vous donc, mon ami ?

BOURICHE

Mais, du fils de la maison, de mon lieutenant à moi.

marie-louise, angoissée, se levant sur place. Il est ici ?

BOURICHE

En train de déjeuner, que je vous dis. Et il se tient aussi bien à table qu'au front.

marie-louise, portant une main à son cceur.

Ah !

BOURICHE

Eh bien, qu'est-ce qui vous prend ? Vlà qu'vous allez tourner de Pœil ?

MARIE-LOUISE

Je vous demande pardon, mais en vous entendant dire que Monsieur Jean était ici... car c'est bien de lui que vous parlez, n'est-ce pas ? (Signe affirmatif de Bouriche.) J'ai été surprise... je le croyais si loin de moi., de nous... c'est que nous l'aimons toutes beaucoup., Monsieur Jean, il est si bon I

BOURICHE

Une crème !

MARIE-LOUISE

Il est ici pour longtemps ?

BOURICHE

Le temps de déjeuner. Nous repartons tout à l'heure. On était dans le Nord, on nous envoie dans l'Est.

MARIE-LOUISE

Et vous êtes avec lui... toujours ?

Tout le temps. C'est moi qui lui fais son truc, son barda... quoi ! aussi, si vous voulez bien me prêter une aiguille et du fil.. .

MARIE-LOUISE

Mais non, mais non. Donnez- moi l'uniforme, je vais le raccommoder moi-même. (Elle veut le prendre.)

bouriche, retenant l'uniforme.

Jamais de la vie !... il m'arriverait quelque chose... c'est que vous ne savez pas, mademoiselle, combien je suis poisseu !... on n'a pas idée d'une c'rise pareille. Aux autres, tout réussit... A moi, rienl (Marie-Louise se rassied.)

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