‹ La cocarde de Mimi-PinsonChapitre 33 sur 77 · AIR · texte numérisé non relu

AIR

Quelle est cette inconnue Qui, d'une main menue, A cousu sur mon cœur Ce gracieux porte-bonheur ?

Par cette douce amie Qui m'a sauvé la vie ?...

Je vis dans un coman!...

Un roman bien tendre et charmant !

C'est un vrai conte de fée Qui tourmente ma pensée !

Depuis le jour béni Où la chance m'a tant souri, Je cherche quelle est la femme Qui trouble ainsi ma pauvre âme ?

Je la vois, charmante et très blonde, Avec les plus beaux yeux du monde, Troublante voix d'or, sourire enchanteur.

Et vainqueur! Oui, la mystérieuse amie, Celle qui m'a sauvé la vie, Dans un joli rêve, ainsi maintes fois Je la vois !...

Cocarde, objet mignon Bien blotti dans ce médaillon, O toi, qui connus la belle Dis-moi ce que tu sais d'elle.

Est-elle trait pour trait Comme en songe elle réapparaît?

Et si ce n'est qu'un doux rêve Que jamais il ne s'achève !

Je vois Mimi-Pinson Dans sa petite mansarde,

Avec émotion Préparer cette cocarde, Puis, dans un doux émoi, Au moment qu'elle s'achève/ / Lui dire : « En toi, j'ai foi (

Ah ! veille sur lui sans trêve ! »

bouriche, après \t chant, rentre.

Mon lieutenant, j'ai tout entendu. C'est peut-être une femme qui a cousu le médaillon ?

jean, riant.

Ce n'est certainement pas un homme.

BOURICHE

Une femme qui vous aimait. . Elle a bisé votre cocarde... v'ià pourquoi ça vous a porté bonheur.

Il est certain que j'ai là un véritable fétiche !

BOURICHE

Tandis que ma cocarde elle n'a été bisée par personne, v'Ià pourquoi ma poisse continue. Il faudrait que je trouve une femme qui prononcerait en l'embrassant les paroles sacramentelles : « Bouriche, tu es beau et je t'aime ! » Alors tout irait comme sur des roulettes.

Jean, riant.

Eh bien, trouve une femme, ça n'est pas difficile ! Tu as de la ligne, tu es beau garçon.

bouriche, suffisant.

Oh ! je le sais, mon lieutenant... J'avais cherché du côté

de Sophie. . . rien à frire ! C'est honnête, à cheval sur la vertu . Il paraît qu'à vingt ans elle était déjà vierge !... Elle a continué depuis!... Alors, dame!...

marie-louise, entrant.

Eh bien, Bouriche, on vous réclame à la cuisine. On attend les tasses.

bouriche, qui a toutes ses tasses sur un plateau, y y cours, mam'zelle, j'y cours.

Surtout, fais attention de ne rien casser.

bouriche, en sortant.

Oh ! mon lieutenant, je ne casse jamais rien. [Bruit de vaisselle cassée. On entend la voix de Bouriche criant ;) Oh ! la poisse !... la cerise !

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