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lée, poursuivie, traquée avec une extrême rigueur, ne se soit pas organisée en corps d’armée , pour tenter, à cinquante lieues de nous, des mouvements qu’il nous eût été impossible de seconder, ou pour venir avec armes et bagages au camp franco-espagnol! On objectera peut-être que les chrétiens de Touranne et des environs auraient pu se montrer. L’objection ne vaudrait rien. Î1 n’y avait à Touranne, bourgade de sept cents âmes, qu’une famille chrétienne. Quant aux villages voisins, ils étaient déserts, car les mandarins avaient fait évacuer tout le pays, et, de plus, l’armée annamite formait un cordon devant nos troupes.
Les missionnaires ont dit que les chrétiens de la Cochinchine et du Tonquin se montreraient pleins de sympathie pour la France. Ce n’était point là une vaine promesse. Elle sera tenue dès que la France aura mis le pied dans l’intérieur du pays. On l’a déjà vu à Saigon , où quatre mille indigènes vinrent se grouper immédiatement autour de nous. Gomme nous n’avions encore rien fait qui pût nous mériter tant de confiance , c’était là évidemment le premier fruit de l’action des missionnaires. Je doute qu’on l’ait bien compris. On verra dans le cours de ce livre comment cette action s’est établie et quels résultats elle devra donner si des mains intelligentes et chrétiennes accomplissent l’œuvre commencée.
Tandis que des écrivains français nient l’influence des missionnaires, Tu-Duc la proclame et en indique le caractère. «A leur arrivée, dit-il, les prédicateurs « de la religion perverse de Jésus achetèrent plu-