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droits aussi valables que ceux de Tu-Duc. Je me borne ici à énoncer les faits ; les preuves abondent dans le volume.
Un roi choisi par la France et maintenu sous notre dépendance, des positions militaires et commerciales placées sous notre domination directe, des troupes indigènes commandées par des officiers français, voilà le système politique qui doit nous assurer Tempire d’Annam. C’est le système des Anglais dans Finde, dirat-on. Non, c’est le système français, car il a été mis originairement en pratique par Dupleix et Bussy ; les Anglais ont eu la sagesse de nous l’emprunter. Les résultats, pris dans leur ensemble, prouvent qu’il était bon. Nous aurions d’ailleurs une force qui a toujours manqué aux Anglais : les Annamites catholiques nous fourniraient des troupes sûres et dévouées comme celles que Manille fournit aux Espagnols.
Pour quiconque veut y réfléchir, cette forme d’occupation est seule praticable dans les contrées populeuses et civilisées de l’extrême Orient. L’Asie ne peut être absorbée par l’Europe comme l’a été l’Amérique. L’Américain n’existe pas, c’est un Européen transplanté ; il n’a rien de fondamental qui lui soit propre. Il représente toujours le cadet de famille qui est allé chercher fortune aux Iles. Les traits de mœurs qui le particularisent tiennent à des circonstances matérielles et locales. Plus le sol sera cultivé , plus la population s’accroîtra et plus les différences disparaîtront. L’Asie, au contraire, aura toujours son cachet. Elle ne peut être définitivement accessible à l’Europe que par le christianisme. Mais
christianiser les Asiatiques, s’écrient les penseurs, c’est impossible. S'ils n’en veulent pas croire la parole de Dieu, qu’ils en croient les faits. Les résultats obtenus autrefois en Chine et au Japon, aujourd’hui en Cochinchine et au Tonquin, prouvent que le missionnaire catholique peut conquérir ces peuples à la vérité. Si la France comprend cela, son rôle qui, jusqu’à présent, a été bien secondaire en Asie , y sera bientôt le plus beau et le plus fécond ; elle y gagnera de l’honneur, de la force , une grande action politique et des richesses par surcroît.
5 avril 1861.
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