‹ La Cochinchine religieuse (volume 2)Chapitre 20 sur 62 · Voir le lexle de cette lettre aux pièces justificatives · texte numérisé non relu

Voir le lexle de cette lettre aux pièces justificatives

MONSEIGiNEUR D'ADRAiN (1770-1790) 413

du roi n'étant pas nécessairement les ennemis de la religion. Pourquoi donc ont-ils uni leur sort à celui d'un pur païen ? II est vrai que ce prince est encore païen, mais il connaît la religion, il ne lui est pas opposé, il en reconnaît la vérité, il l'a toujours favorisée de tout son pouvoir, il a témoigné l'estime qu'il en fait, par plusieurs marques d'honneur et d'amitié qu'il a données aux ministres de cette sainte religion, particulièrement au vicaire apostolique, en sa qualité de chef des fidèles, et aussi à cause de sa parfaite connaissance de la langue annamite. Ces marques d'estime et d'amitié ont été si publiques, que les missionnaires européens qui habitent en ces contrées sont regardés, en tous lieux et par tout le monde, comme les amis du roi^ ce qui fait que les rebelles les poursuivent de la même haine que le roi de Cochinchine, comme on Ta bien vu dans ce qui est arrivé récemment au R. P. Ferdinand Odemill a. Les missionnaires ne pouvaient donc autrement se mettre en sûreté qu'en prenant la fuite à leur approche.

« Cette amitié du prince envers les missionnaires a produit encore un autre effet fâcheux. Beaucoup de personnes, ignorant les lois de la religion chrétienne et les vertus qu'elle fait observer, en voyant les missionnaires européens, dont ils connaissent la supériorité, honorés de la faveur royale, se sont imaginé et ont facilement fait croire à d'autres, qu'ils sont les conseillers du prince. Il n'est pas rare, en effet, de voir dans les Indes des Européens ministres et conseillers du roi du pays. Dans cette fausse persuasion, les ennemis du roi ont attribué aux missionnaires, et spécialement à l'évêque, qui tient le premier rang parmi eux, tout ce que ce prince a fait. Mais on peut opposer à cette persuasion du vulgaire non seulement les lettres que le dit vicaire apostolique m'a écrites à ce sujet, et aussi celles qu'il a adressées à d'autres personnes, mais encore le témoignage de tous les missionnaires qui vivaient alors avec lui, ou non loin de lui. On peut

apporter, par exemple, les lettres de MM. Faulet. Leclerc ei Liot, qui ont été écrites dans le courant de 1779 et dans les années suivantes. Tous ces missionnaires affirment constsimment que le dit évèque a toujours témoigné beaucoup d'éloignement pour les honneurs dont le roi tenait à l'entourer; aux riches palais que ce prince lui offrait, il a toujours préféré rhumilité de sa demeure; il s'est abstenu avec soin d'entretenir de fréquents rapports avec le prince, encore plus de traiter d'affaires séculières et politiques. Le même témoignage lui est encore rendu par le R. P. François de Saint-Michel, missionnaire espagnol de Tordre de Saint-François, bien qu'il fût d'ailleurs mal disposé à l'égard du dit évêque, parce que celui-ci exigeait de lui une soumission entière à la bulle de Clément IX : Speculatores * et que ce religieux ne voulait l'observer qu'en partie. Ce missionnaire donc, étant venu à Macao, l'année dernière 1782, et m'entre tenant de vive voix, m'a affirmé que l'évêque d'Adran, pour éviter les inconvénients qu'ils prévoyait devoir suivre de ses rapports avec le roi, avait le projet de s'échapper en secret de ces provinces, pour se transporter dans une partie de sa mission. S'il n'a pas exécuté ce dessein, c'est que les circonstances étant changées, il n'a pas cru devoir y donner suite.

« Il n'a pourtant pas manqué de gens pour noircir l'évêque par les calomnies les plus atroces, et cela avec de telles apparences de vérité, qu'ils ont trompé les plus sages et les plus saints personnages...

« Il se peut très bien que l'illustrissime évêque d^Adran, dans ses lettres à la Sacrée-Congrégation, n'ait pas dit un mot de ces odieuses calomnies, sa conscience lui rendait le témoignage qu'il n'y a donné par sa faute aucun sujet ; peut-être même ne se doute-t-il pas que ces bruits désavantageux contre

1. C'estla bulle qui établit les droits de juridictiou des vicaires apostoliques sur les religieux qui travaillent dans leurs missions^

lui sont allés au delà de quelques propos de table ou de salon ; mais moi, qui ai fondement de croire que ces faussetés ont été portées, directement ou indirectement, à la Sacrée-Congrégation, par devoir de charité et pour Famour de la vérité, j'ai cru qu'il convenait d'exposer toute la vérité dans cette lettre. »

Ce témoignage désintéressé et loyal était de nature à justifier Mgr d'Adran des imputations calomnieuses qu'on avait osé faire contre lui. Il ne paraît pas cependant que la singularité de sa position et la bonne foi évidente avec laquelle il cherchait uniquement la gloire de Dieu et les intérêts religieux de sa mission, soient parvenus à faire taire ses ennemis. C'est un des plus tristes spectacles qu'on puisse voir que celui d'un esprit supérieur, d'un cœur généreux, aux prises avec la bassesse et la méchanceté des âmes subalternes, indignement calomnié par les mauvais, méconnu par les bons, abandonné de presque tous ; mais c'est un spectacle qu'on retrouve trop souvent, dans l'histoire de l'humanité, pour qu'on ait le droit de s'étonner et de se scandaliser. Ce n'est jamais qu'à force de sacrifices qu'on peut faire un peu de bien aux hommes ; les héros de l'humanité gravissent tous les âpres sentiers du calvaire. Et qui donc, parmi les saints, n'a entendu, un jour ou l'autre, au fond de son cœur la plainte désolée de l'amour aux prises avec Fingratilude humaine : « Si mon ennemi avait pris parti contre moi, je l'eusse supporté encore ; mais vous, mon ami, vous, qui vous êtes assis à ma table, c'est vous qui me trahissez ! »

A côté de ces angoisses et de ces incertitudes de conscience, Mgr d'Adran avait encore d'autres préoccupations, d'un ordre exclusivement politique. Il avait conseillé au roi de Cochinchine de demander le concours de la France, mais était-il sûr qu'il l'obtînt ? Pendant son long séjour à Pondichéry, il avait écrit plusieurs fois au ministère, sans recevoir de réponse. Il voyait, de ses yeux, par l'espèce

crabandon dans lequel on laissait notre chère colonie des Indes, que l'opinion en France n'était pas favorable à une politique coloniale ferme et décidée. Répudiant les anciennes traditions de la monarchie, les ministres du roi très chrétien s'inclinaient depuis vingt ans devant la supériorité maritime de l'Angleterre, et paraissaient peu disposés à conseiller à Louis XVI une expédition lointaine et chanceuse. Ils trouvaient plus simple et plus commode pour leurs intérêts de gaspiller, dans de frivoles et scandaleuses profusions, les dernières ressources de la monarchie française, à la veille de sa ruine.

Ainsi, soit- du côté religieux, soit du côté politique, Mgr d'Adran trouvait peu d'encouragement à ses desseins. Il n'y avait que les négociants de Pondichéry qui comprissent, en ce moment, les grands avantages que notre pays pouvait retirer d'une intervention en Cochinchine ; seuls, ils encourageaient l'évêque d'Adran dans ses projets; et plusieurs d'entre eux avaient écrit en France pour combattre les préventions du ministère, et donner des renseignements sur les productions de la Cochinchine *.

Mgr d'Adran resta vingt mois à Pondichéry, avant de se décider à partir pour la France. Cette époque de préparation anxieuse fut une des plus pénibles de sa vie. Au mois | de février 1786, il écrivait à M. Liot, qu'il avait laissée Chantabun, à la tête du collège : « Je ne vous dis rien de toutes les nouvelles qui regardent notre grande affaire ; celui qui vous porte cette lettre ne manquera pas de vous dire tout en détail. Je repasse en France pour cette raison, et il n'y a pas d'apparence que je puisse revenir avant dix-huit mois.

« Prenez patience... Je vous disais souvent avant de vous quitter, que j'allais entrer dans une carrière épineuse et pleine de dégoût ; je ne me trompais guère, j'en ai déjà

MONSEIGNEUR D'ADRAN (1770-1790) 417

essuyé de toutes les manières, et Dieu sait quelle sera la fin de toutes ces misères !

« Mon cher confrère, vous qui avez été mon conseil dans cette affaire, vous devriez, au moins, en supporter une partie pour me soulager. Mais non, le bon Diçu qui vous aime vous a éloigné de tout ce qui pourrait vous faire de la peine, et il me laisse seul dans le bourbier.

« Peut-être cette grâce singulière vous a-t-elle été donnée^ en considération du soin que vous avez pris du collège, et des services que vous rendez à la mission, en vous y consacrant. Je porte tous les élèves dans mon cœur.

« t Pierre, Év. d'Adran. >>

Enfm, le cœur plein d'espérance et d'angoisses, Mgr d'Adran s'embarqua pour la France avec son royal élève et plusieurs mandarins que le roi avait attachés à la suite de son fils, le 21 octobre 1786.

Mgr d'Adran en France (l'S^S'a^). — Leur voyage fut plus rapide qu'il ne Tétait d'habitude alors, car ils débarquèrent heureusement à Lorient au mois de février 1787. Il y avait juste vingt et un ans et deux mois que Mgr d'Adran était parti de ce port pour aller au poste où l'obéissance rappelait.

L'évêque se rendit de suite à Versailles, pour présenter son pupille au roi Louis XVI, qui l'accueillit, avec tous les égards dus à sa naissance royale et à ses malheurs. Ce prince était alors à la veille de la révolution ; mais personne, même à cette époque si rapprochée de la catastrophe, n'eût pu prévoir cette longue suite d'événements lamentables, qui allaient entraîner ce prince et toute sa famille dans une série d'infortunes beaucoup plus intéressantes et plus tristes que celles du royal enfant en faveur duquel l'évêque d'Adran était venu de si loin solliciter la généreuse pitié.

Le prince Canh était d'un an ou deux plus âgé que ce pauvre petit duc de Normandie, dont [il dut plus d'une fois partager les jeux, et qui, à quelques années de là, allait s'éteindre, dans la prison du Temple, sous la surveillance brutale du cordonnier Simon, que la Convention, toujours grande et généreuse, avait cru devoir donner comme précepteur à ce dernier fils de France ! Quel contraste et quelle leçon pour ces courtisans qui se pressaient autour des deux jeunes princes, dans les salons de Versailles, si l'avenir avait soulevé tout à coup ces voiles mystérieux derrière lesquels une Previdencc miséricordieuse nous dérobe souvent tant de sombres réalités !

Le prince Canh à la cour. — La présence du prince Canh plaidait admirablement sa cause, et inclinait tous les cœurs à travailler pour lui rendre sa couronne. Comme tous les enfants annamites élevés avec soin, il était vraiment charmant à cette époque de sa vie, et son vénérable précepteur était heureux de constater ses succès. « Le jeune prince enchante tout le monde, écrivait-il à M. Liot; j'ai bien peine à croire que Dieu n'ait pas de grandes vues sur cet enfant. » On comprend l'effet gracieux que devait produire la vue d'un enfant si aimable sur une société élégante et frivole, incapable de s'élever à des considérations plus hautes. On eût bien perdu son temps, en parlant à ces beaux esprits sceptiques des avantages qui pourraient résulter pour la propagation du christianisme de l'expédition projetée; mais si la sainte ardeur des croisades était un anachronisme, au siècle de Voltaire, la société d'alors avait conservé de beaux restes de l'esprit chevaleresque et de la vieille générosité française. Les malheurs immérités d'un jeune prince, détrôné, pour ainsi dire, avant que de naître, étaient de nature à émouvoir les âmes sensibles, et l'on sait que nulle époque ne fit pareil étalage de sensibilité ; sa physionomie heureuse, dont un des meilleurs peintres

MONSEIGNEUR D'ADRAN (1770-1790) 419

de l'époque nous a conservé les traits, son innocence, ce charme ingénu do l'enfance qui agit si fortement sur les vieillards et sur les sociétés corrompues, parce qu'il leur rappelle un passé qui ne j-e viendra plus, la singularité même du spectacle qu'of-, frait à des esprits blasés la vue d'un prince asiatique transplanté au milieu des merveilles de la civilisation la plus raffinée, tout concourait à attirer l'attention publique sur le pupille de Té vêque d' Adran, et bientôt on se le disputa dans tous les salons de Versailles el de Paris. La mode, déjà souveraine, s'en mêla : le fameux Léonard, coiffeur de la reine, et qui n'était pas un petit personnage, inventa pour les hommes la coiffure au printe royal de Cochinçhine, et pour les élégantes de la cour, les chignons à la chinoise, qui firent fureur pendant toute la saison. Les petits vers, les chansons, les impromptus s'en mêlèrent *. De tous côtés, on parlait du prince Canh, on demandait àlui être présenté, à s'enrôler au ser;vice de sa cause. Il y avait plus de bruit que de réalité sérieuse au fond de cet engouement passager; mais enfin la cause du jeune prince en profitait; il avait, à la cour, à la ville, de chauds partisans et des défenseurs convaincus. C'est ce qui permettait à son grave et pieux précepteur d'accepter pour son pupille ces délassements un peu mondains, dans lesquels une société frivole et sceptique s'oubliait si volontiers, à la veille du cataclysme social qui allait l'emporter et balayer au tombereau de Samson les derniers restes de l'élégance, de la politesse et du vieil esprit français.

!lîég<»ciatîons avec les ministres. — Auprès des ministres du roi, l'évêque d'Adran avait des motifs plus sérieux à faire valoir. Pour combattre leurs préventions contre les expéditions lointaines, surtout dans l'état d'épuisement où les folles prodigalités de M. de Galonné avaient mis les finances,

il fallait des chiffres. En passant par Fîle de France, Févêque s'était fait donner par les négociants des lettres dans lesquelles on recommandait chaudement son projet, au point de vue des intérêts commerciaux; ce témoignage, joint à celai des habitants de Pondichéry et à Tavis favorable que donnèrent les armateurs de Lorient et de Nantes, disposait l'opinion, et facilita beaucoup le succès de l'affaire. L'évêque d'Adran faisait valoir d'autres motifs encore et montrait combien il serait avantageux de contre-balancer, par un établissement dans rindo-Chine, la prépondérance excessive que les précédents ministres avaient laissé prendre aux Anglais dans Flnde. Ce que la France venait de faire en Amérique indiquait assez qu'on pouvait lutter contre eux et rétablir la puissance coloniale et maritime du pays, pourvu qu'on .voulût montrer de la fermeté et de la suite dans ses résolutions.

A ces considérations d'utilité politique et commerciale, Mgr d'Adran en ajoutait d'antres d'un ordre plus élevé : les rois de France avaient toujours tenu à honneur d'être le refuge et l'appui des rois détrônés; sa Majesté très chrétienne avait là une belle occasion, en rétablissant un monarque légitime sur son trône, de s'acquérir des droits éternels à sa reconnaissance, et de concourir à la propagation de l'Évangile, en témoignant, une fois de plus, de son inviolable attachement aux intérêts de la foi catholique, dont ses prédécesseurs s'étaient toujours montrés les fidèles défenseurs.

Cette dernière considération avait peut-être peu de poids auprès d'un ministre voltairien, comme le comte de Montmorin, qui était alors à la tête des affaires étrangères; mais elles s'adressaient directement à la piété de Louis XVI, et finalement, ce fut, dit-on, ce qui l'emporta sur tous les autres arguments et décida l'expédition. La vieille monarchie française, à la veille de tomber, allait s'affirmer, encore une fois, dans un grand acte de générosité nationale et de foi patriotique.

MONSEIGNEUR D'ADRAN (1770-1790) 421

On a beaucoup exagéré l'étendue des secours en hommes et en argent promis par le traité. Pour réduire au vrai ces exagérations, je publie ici le texte authentique de ce traité, que je n'ai encore vu imprimé nulle part :

Traité entre Leurs Majestés le roi Louis XVI et Nguyen-anh, roi de Cochinohine.

Préambule. Nguyen-anh, roi de Cochinchine, ayant été dépouillé de ses États^ se trouvant dans la nécessité d'employer la force des armes pour les recouvrer, a envoyé en France le sieur Pierre-Joseph-Georges Pignaux de Béhaine, évêque d'Adran, dans la vue de réclamer le secours et l'assistance de Sa Majesté le roi très chrétien; et Sa dite Majesté étant convaincue de la justice de la cause de ce prince, et voulant lui donner une marque signalée de son amitié, comme de son amour pour la justice, s'est déterminée à accueillir favorablement la demande faite en son nom. En conséquence elle a autorisé le sieur comte de Montmorin, ministre de ses camps et armées, chevalier de ses ordres et de la Toison-d'Or, son conseiller en tous ses conseils, ministre et secrétaire d'État et de ses com-^ mandements et finances, ayant le département des affaires étrangères, à discuter et à arrêter avec ledit sieur évêque d'Adran, la nature, l'étendue et les conditions des secours à fournir, et les plénipotentiaires, après s'être légitimés, le comte de Montmorin en communiquant ses pleins pouvoirs, et l'évêque d^Adran en produisant le grand sceau du royaume de Cochinchine, ainsi qu'une délibération du grand conseil du dit royaume, sont convenus des points et articles suivants :

Article premier. — Le roi très chrétien promet et s'engage de secourir de la manière la plus efficace les efforts que le roi de Cochinchine est résolu de faire pour rentrer dans la possession et jouissance de ses États.

Art. 2. — Pour cet effet, Sa Majesté très chrétienne enverra incessamment sur les côtes de la Cochinchine, à ses frais, quatre

-*"»îîî

/i22 • CHAPITRE CINQUIÈME

frégates avec un corps de troupes de 1,200 hommes d'infanterie, 200 hommes d'artillerie et 2S0 Caffres. Ces troupes seront munies de tout leur appareil de guerre, et nommément d'une artillerie compétente.

Art. 3. — Le roi de Cochinchine, dans l'attente du service important que le roi très chrétien est disposé à lui rendre, lui cède éventuellement, ainsi qu'à la couronne de France, la propriété absolue et la souveraineté de l'île formant le port principal de la Cochinchine, appelé Hoi-nan, et par les Européens Touron \ et cette propriété et souveraineté seront incommutablement acquises dès que les troupes françaises auront occupé l'île sus-mentionnée.

Art. 4. — Il est convenu, en outre, que le roi très chétien aura concurremment avec celui de Cochinchine la propriété du port susdit, et que les Français pourront faire sur le continent tous les établissements qu'ils jugeront utiles, tant pour leur navigation et leur commerce, que pour garder et caréner leurs vaisseaux et pour en construire. Quant à la police du port, elle sera réglée sur les lieux, par une convention particulière.

Art. 5. — Le roi très chrétien aura aussi la propriété et la souveraineté de l'île de Poulo-Condor.

Art. 6. — Les sujets du roi très chrétien jouiront d'une entière liberté de commerce, dans tous les États du roi de Cochinchine, à l'exclusion de toutes les autres nations européennes. Ils pourront, pour cet effet, aller, venir et séjourner librement, sans obstacles et sans payer aucun droit quelconque pour leurs personnes, à condition toutefois qu'ils seront munis d'un passeport du commandant de l'île de Hoi-nan. Ils pourront importer toutes les marchandises d'Europe et des autres parties du monde, à Texception de celles qui seront défendues par les lois du pays. Ils pourront également exporter toutes les marchandises du pays et des pays voisins^ sans aucune

Page 1