IV PREFACE
Un dernier mot sur l'esprit qui m^a dirigé dans ce travail. Certains lecteurs trouveront peut-être que je me montre bien sévère pour mes compatriotes. Je me suis efforcé pourtant de concilier les droits de la vérité avec les égards de la charité sacerdotale et Fesprit de modération dont, un ministre de FÉvangile ne doit jamais se départir. J'ai laissé très soigneusement de côté toutes les questions de personnes, pour ne m'attacher qu'aux princijies, j'ai exposé simplement et naïvement des faits; ce n'est pas ma faute si quelques-uns sont de nature à étonner et à contrister des lecteurs chrétiens. — Nous sommes à une époque de publicité effrénée, oîi le mensonge et la calomnie se donnent libre carrière. De quel droit voudrait-on condamner l'Église seule au silence? Je suis citoyen français comme les autres, et je ne demande rien au gouvernement de mon pays, sinon le droit d'user de la liberté commune, sous la protection du droit commun à tous. Après la la sainte Église catholique du Christ, je n'aime rien sur la terre à l'égal de la France, la chère patrie que je ne reverrai probablement jamais, mais que je ne puis oublier. Il me semble que certains principes, certains faits, compromettent ici l'influence catholique et française, deux choses que l'on voudrait séparer, et qui seront toujours indissolublement unies, surtout ici. Je l'ai dit sans amertume et sans haine, parce qu'il m'a paru que l'heure est venue oîi il convient de parler, et qu'une génération qui accorde si libéralement la liberté de l'insulte et du blasphème, aurait mauvaise grâce à vouloir entraver la liberté de la défense* Mais Dieu me garde de contrister ou de blesser des adversaires qui sont mes frères, et qui, trop souvent hélas I ignorent profondément ce qu'ils blasphèment^ ne méconnaissent la sainte Église catholique que parce que personne ne leur a appris à l'aimer. Nous sommes tous plus ou moins les fils d'un siècle sceptique et désenchanté, qui porte le fardeau des fautes du passé et des erreurs qui ne sont pas les siennes. Il ne sied donc à personne