‹ La Cochinchine religieuse (volume 2)Chapitre 59 sur 62 · TESTAMENT DE M. OLIVIER ADRESSE A MGR D ADRAN · texte numérisé non relu

TESTAMENT DE M. OLIVIER ADRESSE A MGR D ADRAN

Monseigneur,

Aie trouvant ici à Malacca, sans savoir le moment où Dieu flisiHisera de moi, j'ai établi dans cette ville pour procureurs c'xik-uteurs testamentaires les sieurs J. Antoine Neubrone et rîurre-Joseph Daniel, pour qu'ils aient à liquider tout ce qui jiLMit m'apparlenir et, sur le produit, payer le compte que j'ai av< c l'honorable Abraham Cooperus enlre les mains de Jl. Thyrens, son correspondant en celle ville, et le reste vous rlrn adressé et remis en Cochinchine, en vous priant de l'em- [iliiycr ou de le faire employer par quelques-uns de MM. les Diii^sionnaires qui sont auprès de vous comme il suit : 1^ d'abord que mes comptes soient liquidés d'après la liste que j'ai laissée à M. Renou, avant de parlir de Saïgon, déclarant que je n'en connais pas d'autres, et que je n'ai liquidé ici à 31alaccaque celui du sieur '^Abraham Couperus; 2° que, sur le vùMe, il soit prélevé trois cents piastres pour les missions dont vous êtes le chef; 3^ qu'il soit donné à chacune des trois familles de Cambogiens qui sont avec moi la somme de cent quau*; de plus je vous confie et remets ces trois familles, les laissant à votre disposition, monintenlion est qu'elles restent avec vous; 4® qu'il soit donné au nommé Thao, à son retour eu Cochinchine, la somme de soixante quan et au nommé Y. culle de quarante quan ; 3<> de payer aux employés de la compagnie espagnole le compte des pierres qui vous sera remis coiimie je l'ai signé à Malacca derniëremient. Le reste de la ï^LUume provenant de mon héritage, mon intention est que vous Ir [»laciez ou fassiez placer à intérêts à Macao, pour le pro-

i . Environ 120 fr au cours de l'époque.

duit annuel être employé au service de votre mission, jusqu'à ce que vous ayez reçu des nouvelles sûres de ma famille, pouvoir lui faire parvenir seulement le capital avec sûreté ; et passé le temps de la prescription, je donne la somme totale à votre mission. De plus, je prends la liberté de vous offrir mon sextant que je vous prie de recevoir, ainsi que tous mes livres, cartes et papiers; de ce dernier article, vous pourrez faire envoyer à ma famille ceux que vous croiriez nécessaires. Je rends grâces à Dieu d'avoir la force de vous écrire ces derniers mots, et vous prie de ne point oublier mon âme.

Votre serviteur.

Victor Olivier.

AMalacca, moi, Victor-Joseph Cyriaque-Alexis Olivier, né à Carpentras d'Augustin Raimond Olivier et de Françoise- Louise Vitalis, son épouse, dans le mois d'avril 1768, me trouvant à présent àMalacca, étant malade et ne sachant pas l'instant où Dieu disposera de ma vie, et cependant avec pleine connaissance et bon jugement,j 'ai trouvé à propos de faire la disposition suivante des effets à moi appartenant qui se trouvent à Malacca : 1** je donne aux pauvres la somme de cinquante rixdales; 2° je désire que tout mon équipage cochinchinois et cambodgien soit renvoyé dans leur pays natal avec une conduite de six piastres à chaque; 3° enfin j'établis et constitue pour exécuteurs testamentaires et procureurs Jean-Antoine Neubrone et Pierre-Joseph Daniel, habitants de cette ville de Malacca, leur enjoignant au préalable de régler mes affaires ici et vendre tout ce qui peut m' appartenir, afin que du produit ils liquident : 1° le compte que j'ai avec l'honorable Abraham Couperus entre les mains de son correspondant M. Thyrens h Malacca, et le reste être envoyé en Cochinchine pour être remis entre les mains de Mgr Tévêque d'Adran, résidant en 1 36

le dit pays de Cochinchine, avec la lettre ci-incluse, en vérité do quoi je me signe.

Malacca, 6 mars 1799.

B, S VA. — S. Getikand. — S. Victor Olivier. — S. M.

Marginc*

Supplément à la ci-devante déclaration de ma dernière volonté- Je désire que Ton envoie pareillement à Mgr l'évêque d*Adran mon sextant, ma boîte des chapes du roi de Cochinchine, ainsi que tous mes papiers, cartes et livres.

LU

LETTHE DES EXÉCUTEURS TESTAMENTAIRES DE M. OLIVIER A MGR d'aORAN.

Monseigneur,

Par la présente, nous avons l'honneur de donner part à votre Excellence que notre ami M. Olivier étant arrivé ici dans lin état de faiblesse extraordinaire, après avoir lutté encore* Irente-trois jours contre la mort, aachevé sa carrière, le 23 mars, à trois heures du matin. 11 est mort sans qu'ons'en soit aperçu, car il était toujours dans un même état de tranquillité. Comme les marchandises ne sont pas encore entièremf'iii vendues, nous ne pouvons pas donner un compte exact à Votre Excellence, mais nous ne manquerons pas de vous pourvoir de tous les papiers, comptes, requêtes, regardant la succession de feu M. Olivier. Le 19 mars, M. Olivier défunt a c^ncare fait un contrat avec un charpentier, qui portait la réparation -de son bâtiment pour six cents piastres, dont le charpentier a d'abord reçu la moitié. Le bâtiment ayant été ouvert à un côté s'est trouvé endommagé en dedans, où se découvraient des fourmis blanches dont nous avons fait rapport k M. Olivier, lui demandant en même temps ce qu'il faii-

drait faire, en cas que le bon Dieu disposât de sa vie; il nous répondit la suivante : « Je vous prie de prendre tous les soins pour que le bâtiment soit bien travaillé et réparé, tout suivant le contrat fait avec le charpentier; ne discontinuez pas les travaux, même après ma mort, puisque personne n'achèterait ce bâtiment dans Tétat où il est maintenant, mais étant réparé, ne le vendez pas, d'abord, avant que vous n'en ayez fait part à à Mgr Tévêque d'Adran, qui peut-être en disposera autrement : employez en ce cas mon équipage pour garder le bâtiment en attendant. » Mais comme on court trop de risques, en laissant ainsi le bâtiment sans le vendre, qu'en outre les huit hommes d'équipage que nous avons^ ici veulent absolument être renvoyés dans leur pays par l'occasion présente, nous sommes obligés de nous en défaire à vendition publique. Nous vous envoyons la boîte de chapes du roi de Cochin chine, et le testament en copie fait par le greffier de la compagnie. Pour ce qui regarde les autres effets que nous devons renvoyer suivant le dit testament, nous attendons des ordres ultérieurs. De même il vous plaira. Monseigneur, de nous apprendre par la première occasion que vous pourrez saisir, comment vous désirez que l'argent ou le produit de la succession de M. Olivier défunt vous soit remis. Nous avons consenti à ce que les huit personnes ci-dessus mentionnées partent avec le capitaine portugais Milner, qui a promis de leur donner passage. Le reste de l'équipage est parti avec une jonque siamoise, le 17 avril, sans permission. Les six piastres que M. Olivier à promis par testament à chacun de son équipage, le capitaine les a reçues. En attendant, nous avons l'honneur d'être avec une parfaite considération, Monseigneur,

Vos très humbles et très obéissants serviteurs.

P. Jean Daniel. Antoine Neubrone.

Malacca, le 18 mai 1799.

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