Prêtre iDdigène qui était alors curède Cho-quAa
Digiti
chargé d'écrire à leurs Grandeurs dé Siam et de Cochinchinc de revenir en paix ici. Maintenant, j'ose prier Sa Grandeur et mes confrères de rester où ils sont, me laissant seul, intrigué et supportant tout le poids de la persécution et de la guerre.
« On a détruit hierTéglise de Cho-quan ;la guerre dans
ce pays-ci est un brigandage. Il n'y a plus moyen de fuir ni de s'évader. Un de ces quatre matins, si le bon Dieu n'a pitié des siens, je vais peut-être finir mes jours et la religion les siens, qiiodavertat Deiis^l L'on dira que c'est moi qui en suis la cause : peu importe pourvu que l'on dise faux. »
Lès tristes prévisions du martyr n'allaient pas tarder à se réaliser. Le 8 septembre 1835, au matin, fête de la Nativité de la sainte Yierge, M. Marchand célébrait une messe solennelle quand on entendit par tout le fort des cris de triomphe mêlés aux clameurs désespérées des assiégés. C'étaient les troupes royales qui pénétraient enfin dans l'enceinte, après deux ans et demi de siège, et qui massacraient tout ce qu'elles trouvaient sur leur passage. M. Marchand eut le temps d'achever l'auguste sacrifice; il déposait les vêtements sacrés, quand un capitaine pénétrant dans la chapelle avec une troupe de soldats, lui asséna sur les reins un coup si violent qu'il fut renversé ! Aussitôt on se précipite sur le missionnaire, on le charge de fers et on l'enferme dans une cage d'un mètre de long, sur soixante centimètres de large et quatre-vingt centimètres de haut; en sorte qu'il ne pouvait s'y tenir que replié sur luimême.
Massacre des chrétiens (septembre t83S). — Pendant les jours qui suivirent, on massacra dix-neuf cent quatre-vingtquatorze personnes qu'on avait trouvées dans la citadelle. On avait tant dit que c'était une révolte des chrétiens qu'on