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LES COMxMENCEMENTS DE TU-DUC 191
linge trempé dans le sang du martyr et le petit office de la Sainte Vierge dont il se servit jusqu'au jour de sa mort, n'ayant pu obtenir de conserver avec lui son bréviaire.
Le P. Philippe Minh a été déclaré vénérable par Pie IX, le 27 septembre 1857; tout fait espérer que le procès de béatification, qui se poursuit en ce moment devant la sacrée Congrégation des Rites, pourra être mené à bonne fin.
Mort de Joseph E.aa (S mai 18S41) . — Restaient en prison Joseph Luu, premier catéchiste de Mac-bac, avec six notables de la chrétienté, arrêtés à l'occasion du P. Minh. Gomme on Ta vu, le roi, cassant la sentence des mandarins qu'il trouvait trop bénigne, les avait condamnés à Texil perpétuel au Tong-king ; ce fut un coup de foudre pour ces malheureux, qui comptaient bientôt rentrer dans leur famille, où leur absence se faisait cruellement sentir. Quatre d'entre eux eurent la faiblesse d'apostasier ; Joseph Luu et deux des notables demeurèrent fidèles.
Comme la mousson était trop avancée, les trois confesseurs furent obligés d'attendre plus d'un an les barques du roi, qui devaient les transporter au lieu de leur exil. Dieu avait décrété que le vieil ong trumàQ Mac-bac mourrait dans son pays.
Il tomba subitement malade, le !«' mai 1854; la nuit suivante, le pieux confesseur, toujours chargé d'une lourde cangue, se leva par trois fois sur son séant, fixant les yeux au ciel et invoquant avec ferveur les noms sacrés de Jésus et de Marie, puis il s'aff'aissa sur lui-même : il venait d'échanger la cangue et les chaînes du cachot contre la couronne et les palmes du martyre.
Le grand catéchiste Joseph Luu avait mérité cette mort glorieuse, non seulement par sa contenance en prison, mais encore par toute une vie de vertus et de dévouement. Le caractère particulier de ce généreux chrétien était la charité :
Digiti
192 CHAPITRE QUATBIKME
une charil^'f jjalienteS comme dît Tapôlrc, qui lui fit supporter sans se plaindre les rcprorchos de ses compagnons de chaînes ^ qui^ moins g'(m<5reux que lui, se plaignaient amèrement de ce qu'il Il^s avn.il compromis et causé la ruine do sou village^ m donnant asile aupirtre; une chanté bienveillante'; à sa mort^ chrétiens et païens faisaient à Tenvi Féloge de sa bonté, de sa douceur, de son aiïabilité envers tous; une charité désintéressée^ : il avait acquis par son travail une assez belle fortune pour le paySj maiw il s'en considérait moins comme le propriétaire que comme Téconome de tous les malheureux; ses aumônes liaient trfes abondantes; quand il fut arrêté, il venait encore de donner à la mission un grand jardin pour élabhr un couvent de religieuses. Enfin sa charité était prête à tocs les sacrifices^; arrêté en Uagrant délit de recel d'un proscrit ^ et au lieu de chercher à éviter les rîg^ueurs de la loi, il essaya de donner le change aux satellites et de sauver le prêlre, en se faisaat passer pour le P. Luu que Ton cherchait: « Luu, c*est moi, » criait- il de toutes ses forces; ce qu'il pouvait dire sans mensonge, puisqu'il portail le même nom que le prêtre déoancé; maisTapostat qui guidait la troupe dévoila son pieux stratagème et son sacrifice fut inutile/Condamné à un exil lointain ^ qui devait durer autant que sa vie, il eut le cœur brisé par la défection de quatre de ses compagnons, mais sa charité n'en devint que plus inébranlable \ Il fit joyeusement, avec les deux chrétiens demeurés fidèles^ le sacrifice de son paya et de sa famille. Quelques jours avant Tépoque présumée de son départ, il disait au prêti-e annamite qui était venu, pour la dernière fois, absoudre les confesseurs de la foi; (( Père, priez le Seignour du ciel qu'il m'accorde la force et la constance qui me sont