fr
Digiti
dô parcourir leur» districts de temps en temps, d'arriver quand on ne les attend pas, pour voir ce qui se passe chez eûls., de prêcher, d'instruire, d'exhorter ces imbéciles, afin que tous se convertissent et suivent dorénavant la sublime religion du très illustre et très vertueux roi.
« Partout où il y a des maisons de prières, des retraites pour abriter les maîtres de religion, il faut les brûler; coûiblei les souterrains, rasez les haies, défendeîB les assemblées Chrétiennes; en un mot, prenez tous les moyens d'en finir*
« Voilà ce que nouS ordonnons de nouveau; mais si on ôotttiflue encore de cacher un maître de religion, un envoyé des sauvages d'Occident, et s'il est découvert par d'autres que par lés mandarins, alors tous les fonctionnaires de la province seront châtiés avec une rigueur exemplaire ; les subalternes seront punis plus sévèrement encore que les grands ^mandarins; les receleurs paieront de leurs léte.
« C'est ainsi que nous agissons avec justice et aussi avec humanité ; nous ne sommes ni trop sévère, ni trop indulgent. Chacun saura désormais qu*il faut craindre et qu'il n^est pas permis de donner asile aux scélérats, ni de garder des ménagements avec les criminels endurcis. Ainsi nous verrons bientôt le peuple* abandonner Terreur et se convertir à la vérité.
« Nous, Tu-duc, roi, avons parlé : obéissez tous. »
(Place du grand sceau royal).
Statistique des missions de Cl^eiiineiiine et da Cambodge (I8&&.) — Au moment où le gouvernement annamite entamait avec l'Église de Jésus-Christ cette lutte à mort, il ne sera pas sans intérêt de constater quelle était la situation de
i. Cette satisfaction béate, qui se donne à elle-même un satisfecit public, est caractéristique de tous les édits de Tu-Duc. On y reconnaît le lettré vaniteux et pédant, posant pharisaïquement pour la vertu. Rien de pareil dans les proclamations de Minh-mang.
Digiti
nos missions, à la veille de la crise. Cela nous permettra aussi de mesurer les progrès parcourusdans les vin gt-cînq premières années de la persécution*.
coceiiîiîCïiiNK septe:htrionalë.
1 yîcaire apostolique, MgrPellerin.
1 Coadjuleur. Mgr Sohier.
4 Missionnaires européens.
20 Prêtres annamites.
2 Séminaires, avec environ 60 élevés,
8 Communautés de religieuses, comprenant environ 300 sœurs.
23,500 chrétiens, sur une population lotale de 2^300,000 habitants, soit un chrétien sur cent,
lïaptémes d^adultes en 1854 : 279.
Bnptêmes d'enfauls d'infidèles : 649,
COCHLNCHINE OHIENTALE.
1 Vicaire apostolique. Mgr Cuenot.
5 ^Missionnaires européens^ plus 2 employés à la mission des sauvages.
21 Prêtres indigènes. ^
1 Séminaire, avec 60 élèves, plus 60 catéchistes.
6 Communautés religieuses, comprenant environ 130 sœurs. 1 Orphelinat de la Sainte-Knfancc, avec 60 enfants. 32,110 chrétiens, sur une population totale de 4^600,000
habitants, soit un chrétien sur cent cinquante; plus 500 sauvages convertis.
Baptêmes d'adultes en 1834 : 1,548.
Baptêmes d'enfants d'infidèles: H, 106.
i. Voir Annales de lu Proptigiifion de ta foi ^ L XX Vît, p. 3Î)L J'ai modifie seulemenl quelques chitTres, que les documenls que je possède me moEitraienL être erronés.
Digiti
COCHINCHINE OCCIDENTALE
1 Vicaire apostolique. MgrLefebvre.
2 Missionnaires européens, plus 1 chez les sauvages. 22 Prêtres indigènes.
2 Petits collèges, avec 35 élèves, plus 32 catéchistes. 6 Couvents, comprenant environ 120 sœurs. 27,102 chrétiens, sur une population totale de 1,500,000 habitants, soit 1 chrétien sur 55.
Baptêmes d'adultes en 1854 : 629.
Baptêmes d'enfants d'infidèles : 1398.
CAMBODGE
1 Vicaire apostolique. Mgr Miche.
5 Missionnaires européens.
1,000 chrétiens, sur une population totale de 2,000,000 d'habitants; soit 1 chrétien sur 2,000 habitants. Baptêmes d'adultes en 1854 : 19.
Baptêmes d'enfants d'infidèles : 6.
Afin de se rendre compte des progrès acquis pendant un quart de siècle, il n'y a qu'à rapprocher ces chiffres de ceux que j'ai donnés pour Tannée 1830, au début de la persécution
En 1830, nous trouvons, pour la Cochinchine et le Cambodge réunis, une s^ule mission, ayant à sa tête un vicaire apostolique.
En 1855, nous avons quatre missions distinctes, ayant chacune son vicaire apostolique, plus un coadjuteur, dans la Cochinchine septentrionale.
Différence en plus : les trois quarts.
En 1830, le personnel des ouvriers apostoliques s'élève à 8 missionnaires européens.
En 1855, ils sont 19, dans les quatres missions réunies.
Différence en plus : près des trois cinquièmes.
En 1830, le clergé indigène compte 20 membres.
Digiti
k. j»ii^
En 18S5, ils sont 63.
Différence en plus : plus des deux tiers.
Pour le recrutement du clergé, nous trouvons :
En 1830, 2 séminaires, comptant 45 élèves.
En 1855, 5 établissements ecclésiastiques, avec un total d'environ 195 élèves, sans compter une trentaine de séminaristes qui achèvent leurs études à Pinang.
Progrès acquis : les deux tiers.
Les communautés religieuses se sont élevées de 18 à 20; le nombre des sœurs a monté de 300 à 550. C'est presque le double.-
En 1830, on comptait, pour la Cochinchine et le Cambodge réunis, environ 60,000 chrétiens, sur un total de 12,000,000 d'habitants, soit 1 chrétien sur 200.
En 1855, dans le même territoire et avec une population plutôt diminuée, puisque les chiffres approximatifs ne donnent que 10,500,000 d'habitants. Nous trouvons 86,012 fidèles, soit environ 1 chrétien sur 122; et si on laisse de côté le Cambodge et la mission des sauvages, où le travail ne fait que commencer, on aura pour la Cochinchine seule, la proportion de 1 chrétien sur 100.
Pendant la période de paix qui va de Mgr d'Adran à 1830 la moyenne annuelle des baptêmes d'adultes variait de 200 à 300. En 1854, dans les quatre missions, on a baptisé 2475 adultes, et, depuis plusieurs années, la moyenne n'est jamais tombée au dessous de 2000; c'est un accroissement des neuf dixièmes.
L'œuvre de la Sainte-Enfance a été organisée dans les quatre vicariats apostoliques; dans cette même année 1854, elle a procuré la grâce de la régénération spirituelle à 13,581 enfants de parents infidèles.
Ainsi^ pendant l'espace de vingt-cinq ans, au milieu des rigueurs de la persécution de Minh-mang, de Thieu-tri et de Tu-duc, rÉglise de Cochinchine a fait plus de progrès que
Digiti
pendant les jours de paix, ses œuvres se sont développées, de nouveaux apôtres sont venus prendre la place des martyrs, son clergé indigène s'est multiplié, les jchrétiens se sont fortifiés dans la lutte et ont ouvert leurs rangs, décimés par l'exil et la mort, à plus de 25,000 nouveaux frères. Encore une fois, on a vu se vérifier la parole de TertuUien : Sangtns martyriim semen est christiaiioriim * /
Un grand événement se préparait, qui allait changer complètement la situation de l'Église en ce pays. La France et l'Espagne allaient intervenir en Annam, au nom de l'humanité, au nom de leur honneur, pour demander réparation du meurtre réitéré de leurs nationaux, et réclamer pour eux la libre entrée du pays, avec le droit d'y vivre en sécurité, en annonçant TÉvangile à ceux qui voudraient bien recevoir la bonne nouvelle. Cette expédition franco-espagnole allait, par ses lenteurs et ses fautes, amener pour toute l'Église d' Annam d'épouvantables catastrophes, et, après la conclusion si longtemps retardée de la paix (juin 1862), l'occupation par la France des six provinces de la basse Cochinchine ; l'influence anti-chrétienne de la plupart de ses agents, la haine développée au cœur de la classe intelligente du pays par la présence envahissante de l'élrangerchez eux, toutes ces causes réunies, allaient placer nos missions de Cochinchine dans une situation nouvelle et très difficile, qui devait faire regrettera plus d'un d'entre les missionnaires les jours de l'ancienne persécution et les luttes sanglantes, mais fécondes et glorieuses, du prétoire!