‹ La Cochinchine religieuseChapitre 31 sur 79 · Il était mandarin de première classe · texte numérisé non relu

Il était mandarin de première classe

2. Prêtre annamite qu'on accusait faussement de s'être vendu aux vaisseaux.

3. La forteresse de Hué, qui renferme les palais du roi, tous les bâtiments publics, les demeures des princes et des principaux mandarins » C*est comme une ville enfermée dans une ville.

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Ho-dinh-hy fut promené dans tout un quartier de la ville et reçut soixante coups de bâton, sur deux des principales places. Le 18 et le 21 mai, le même spectacle recommença et, chacun de ces jours, le condamné reçut encore soixante coups de bâton.

Le 22 mai, enfin, le pieux confesseur cueillit la palme du martyre. Les hautes dignités dont il avait été revêtu, Testime générale dont il jouissait, à cause de sa probité et de sa justice, vertus si rares chez ses collègues, avaient attiré sur ses pas une foule de païens, désireux de lui donner une dernière marque de sympathie. Deux prêtres annamites, perdus dans la foule, raccompagnaient pour lui donner l'absolution à un signal convenu.

Arrivé au lieu de l'exécution, il s'assit sur une natte, se lava lui-même les pieds et fuma une dernière pipe ; puis il arrangea avec le plus grand sang-froid ses cheveux, ouvrit son habit et se mit à genoux pour recevoir le coup de sabre qui lui ouvrait les portes du ciel.

Le grand mandarin Michel Ho-dinh-hy a été déclaré vénérable par Léon XIII, le 13 février 1879.

Affaire da bachelier E.é (18S8). — A cause de sa haute situation dans TÉtat, le mandarin Ho-dinh-hy avait été à même de rendre beaucoup de services à la mission de Cochinchine septentrionale ; la plupart des biens du vicariat étaient inscrits sous son n(5m. Après sa mort, les païens jugèrent l'occasion bonne pour s'en emparer sans bourse délier. Pour essayer d'en sauver au moins une partie, le coadjuteur, Mgr Sohier, s'adressa à un bachelier chrétien, nommé Le, qui trahit indignement la confiance de sonévêque. Ce nouveau Judas, s'étant laissé séduire par la cupidité, essaya de perdre les chrétiens et tous les missionnaires du vicariat, afin de s'enrichir de leurs dépouilles.

Il écrivit, au nom des catéchistes de la chrétienté de Kim-

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Jong* une lettre supposée, remplie de mensoDges et d'insinuations perfides contre les chrétiens, qui y étaient réprésentés curunie des fauteurs de révoltes. Le misérable avait trouvé moytri d^impliquer là-dedans quatre ou cinq mandarins païens auxquels il en voulait. Cette lettre adressée à un missionnaire ciMisé résidant dans le nord du vicariat, fut apportée à la sous préfecture par le maire de Kim-long, qui disait Tavoir trouvi^e dans la rue du village, devant la maison d'un de nos néophytes.

C( lie prélendue découverte causa dans toute la niission un incendie épouvantable. Le roi ayant en main les preuves écrites de la révolte des chrétiens et de leurs relations avec IVîiJutimi, entra dans une colère terrible, il cassa les trois grands mandarins de la province et ordonna de poursuivre vigoureusement Taffaire. On arrêta donc dix-neuf chrétiens et dix-huit panens de la commune de Kim-long et on instruisit leur procès.

Naturellement les accusés, qui ignoraient jusqu'à Texistence do la fameuse lettre, nièrent énergiquement et furent appliqués H des tortures atroces, mais sans rien avouer. On proposa alors Tapostasie aux dix-neuf chrétiens; quatre cédèrent, les quinze autres tinrent bon.

Cependant le Judas se trahit lui-même. Il était si fier du succès de sa fourberie, qu'il ne put s'empêcher de laisser percer son secret:

n J'ai entendu affirmer, disait-il, que personne ne pourra jamais renverser l'Église; je veux voir si cette assertion est Lion fondée. »

Ce propos impie et d'autres du même genre attirèrent sur lui Tatlention des mandarins. On le fit venir au tribunal et on lui proposa de renoncer la foi, ce qu'il fit sans la moindre diftiiulté; il ne lui en coûtait pas plus d'être apostat que fans-

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