Les païens
Digiti
livre à ses penchants opposés, et par leurs divisions tous déchirent nos entrailles
« Vous donc, chrétiens, il faut bien reconnaître que votre position était des plus pénibles; cependant vous avez toujours persévéré dans votre religion, tout en restant fidèles aux lois du royaume * ce dont nous vous félicitons grandement. Nous en gardons le souvenir; nous Tavons toujours présent à l'esprit; nous regardons du même œil les païens et les chrétiens. Vous nous devez donc la plus entière reconnaissance. Si vous conserviez au fond du cœur des pensées de vengeance, vous n'obéiriez pas au roi; si vous n'obéissiez pas au roi, vous seriez rebelles; si vous étiez rebelles, comment pourriez-vous encore vous dire chrétiens? Une faut donc pas de vengeance ; c'est clair.
« Travaillez uniquement à acquérir la perfection, afin que vos prières soient plus facilement exaucées du ciel. La gloire et rignominie, la fortune ou la souffrance, toutes les vicissitudes humaines, vous n'y devez seulement pas faire attention, d'après vos principes
« Vous, lettrés, je ne sais dans quels livres vous avez étudié, pour violer les saines doctrines, en tenant dans les villages des rassemblements où Ton jure d'exterminer les chrétiens. N'est-ce pas vraiment porter les choses à l'excès? Les philosophes ont condamné la colère; il n'est donc pas permis d'agir ainsi.
« Si on laisse les haines s'enraciner, non seulement les hommes, se mangeront les uns les autres, comme font les poissons dans la mer, mais encore ils se révolteront contre le gouvernement, ce qui amènera toutes sortes de calamités. Et qui en sera la cause, sinon vous autres, lettrés?
« On accuse les chrétiens de rébellion, on les accuse sans preuves. Ce qui est prouvé, constaté, c'est votre insubordina-