‹ La Cochinchine religieuseChapitre 44 sur 79 · Aveu ofûclel bon à noter · texte numérisé non relu

Aveu ofûclel bon à noter

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tion, ce sont vos tentatives de révolte. Vous vous dites lettrés et vous tenez une pareille conduite !

(( Les chrétiens ont été maltraités. Us n'étaient pas exempts de fautes, puisqu'ils suivaient une religion différente de la nôtre ; leurs pratiques singulières les faisaient soupçonner à bon droit. Maintenant que la paix est rétablie, leur cœur déborde de reconnaissance et leurs maux sont déjà oubliés. Pourquoi redoutez- vous tant leur vengeance? Un chrétien avant d'agir examine ce qui est permis et ce qui ne Test pas. Oserait-il troubler le bon ordre? S'il murmure, s*il désobéit, il pèche contre sa religion, et d'ailleurs le gouvernement a bien assez de puissance pour se faire respecter.

« Croyez-moi, lettrés; occupez-vous d'instruire vos enfants; qu'ils connaissent et embrassent les bonnes coutumes et les saintes doctrines du royaume ; si vous le voulez, ne les laissez pas devenir chrétiens, cela ne vous suffit-il pas?

« Les chrétiens sont inébranlables dans leur religion ; fautil donc leur garder une haine éternelle? Je vois bien que vous voudriez rejeter vos torts sur le gouvernement; mais vous devez savoir que nous n'avons jamais eu en vue que le bonheur de notre peuple...

(( Cependant, en voyant le royaume accablé de tant de maux, comment ceux qui gouvernent pourraient-ils s'excuser? Hélas ! notre intelligence est très faible et notre jugement très borné.

« Quand notre santé sera rétablie, nous chercherons les meilleurs moyens de soulager la misère de notre peuple... D'un côté, les chrétiens se plaignent et réclament, de l'autre les païens s'obstinent dans leur haine... Tout cela vient de la faute des mandarins qui ne prennent pas soin d'instruire le peuple.

« Les mandarins sont les maîtres du peuple, l'appui et le soutien du ministère , et ils négligent d'apprendre au peuple la concorde, bien plus, ils le ruinent, ils l'oppriment^ ils ne

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RESURRECTION 4i7

soDgent qu'à s'engraisser de ses dépouilles, ils ne prennent aucun souci des affaires de TÉtat. A quoi donc vous sert votre autorité? Est-ce là remplir votre devoir? Cette conduite est-elle digne d'un représentant du roi?

(c Mais laissons le passé. Qu'à l'avenir chacun soit fidèle à ses devoirs. Vous, préfet de la ville^ vous, vice-rois des provinces, gouverneurs, ministres de la justice, préfets, souspréfets, maîtres d'école, chefs de cantons, maires, notables des villages, tous, mandarins grands et petits, considérez la sincérité de nos intentions, afin d'apprendre au peuple à vivre en paix.

« Ceux qui auront négligé d'agir ainsi, qu'ils sachent qu'ils seront punis sévèrement. Respectez ceci. »

Cette proclamation royale est un spécimen achevé de la littérature officielle annamite; l'hypocrisie, le mensonge y débordent entre les lignes. Néanmoins, l'effet produit fut favorable aux chrétiens, car, à travers la phraséologie embar rassée du rhéteur royal, on distinguait très nettement l'hommage rendu à la fidélité des chrétiens et la réputation des sottes calomnies formulées contre eux. Il n^en fallut pas davantage pour que les mandarins, connaissant désormais la pensée du mdtre, défendissent aux païens d'inquiéter davantage les fidèles.

Sur ces entrefaites, Mgr Sohier revint de France, et le gouverneur de Saïgon le fit reconduire à Hué sur une de ses canonnières. Le prélat, salué au débarquement par une salve de neuf coups de canon, reçut à la demeure épiscopale la visite officielle des grands mandarins de la cour, envoyés par le roi pour le complimenter. Ces hommages extraordinaires et tout nouveaux en Annam établissaient nettement la haute situation de Tévêque et prouvaient aux païens surpris que leur gouvernement était décidé à traiter avec honneur le grand chef

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