‹ La colectomie dans le cancers du gros intestinChapitre 5 sur 8 · II. — Mortalité opératoire dans les colectomies · texte numérisé non relu

II. — Mortalité opératoire dans les colectomies

L’avantage d’une survie prolongée des opérations radicales serait illusoire si l’on devait les payer d’une lourde mortalité opératoire. La colectomie donnerait seulement aux uns ce qu’elle enlèverait aux autres. Ce serait une répartition différente de la somme de survie post-opératoire, mais non un gain absolu.

Il en est heureusement tout autrement, et la mortalité dans les opérations radicales n’est pas aussi chargée qu’il apparaît à la première lecture de statistiques disparates, non dépouillées, où les faits sont bloqués pêle-mêle sans distinction aucune.

En effet, De Bovis donne le chiffre de 40 p. 100 et il ne fait figurer que les entérectomies sans complications opératoires; mais en distinguant les résections faites avant 1889 et celles pratiquées après cette date, on voit la mortalité passer de 58 p. 100 à 37 p. 100. Mikulicz accuse 48 à 50 p. 100 d’insuccès et il fait remarquer que, tandis que les cas opérés avant 1891 lui donnaient 36 p. 100 de mortalité, il arrive à avoir 50 p. 100 depuis cette date, à mesure qu’il étend davantage ses indications opératoires.

Madelung, Rydigier, Zachs ont 30 à 40 p. 100 de morts opératoires.

Kœrte, 36 p. 100.

Gzerny, 50 p. 100.

Braman, 33 p. 100.

Krônlein, 50 p. 100.

Kessler, 60 p. 100.

Wœlfler, 70 p. 100.

Ces résultats malheureux, pris ainsi en bloc, ne doivent pas faire condamner dès l’abord les entérectomies pour néoplasme. Il faut avant tout sérier les cas, étudier les conditions cliniques dans lesquelles ont été tentées les interventions; il importe également de distinguer les résultats de chaque méthode opératoire.

Les complications, au cours de l’évolution du néoplasme, créent des conditions éminemment défavorables. Les statistiques doivent être expurgées des cas opérés en complication. La mortalité qui les

CAVAILLON et PERRIN. — la colectomie 767

accompagne est vraiment trop élevée pour qu’on soit autorisé à pratiquer une colectomie dans ces conditions. Une première distinction s’impose donc entre le cancer compliqué et le cancer à froid. La mortalité opératoire devra, pour être étudiée conformément à la réalité des faits, être considérée dans ces cas divers. Toutes les statistiques globales ci-dessus mentionnées n’ont donc pour nous aucune valeur, elles comprennent des faits dissemblables tant par le moment de l’intervention que par le procédé employé. Il nous faut donc étudier d’abord les conditions opératoires, dans les différents cas cliniques qui se présentent au chirurgien.

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