‹ La colectomie dans le cancers du gros intestinChapitre 7 sur 8 · Tuffier, Soc. de chir · texte numérisé non relu

Tuffier, Soc. de chir

CAVAILLON et PERRIN.

, très mobile, est facilement rapproché du segment colique, et l’on est assuré d’avoir des sutures qui ne tirent pas. De l’autre, le péritoine du grêle est doué d’une faculté d’accollement particulière et la coaptation se fait grâce à lui d’une façon bien plus rapide et plus sûre que s’il s’agissait du rapprochement de deux portions du gros intestin pourvues d’un revêtement séreux moins richement vascularisé, d’une vitalité moindre et doué d’une faculté de coalescence moins développée.

L’on sait par ailleurs que le passage des matières constitue la grande cause d’infection des sutures intestinales. Or, dans la partie initiale du côlon, il s’agit de matières encore liquides, non déshydratées, qui ne sauraient être une cause sérieuse d’irritation et de traction des sutures. De plus, les parois intestinales sur lesquelles vont porter les sutures sont généralement dans des conditions de nutrition et de vitalité assez bonnes pour leur assurer une résistance suffisante. Les néoplasmes droits, rarement sténosants, ne s’accompagnent pas de lésions aussi marquées du segment sus-jacent que celles observées dans le cancer gauche. L’extension rétrograde de ces lésions parait arrêtée un certain temps par la présence de la valvule de Bauhin et la terminaison de l’iléon conserve longtemps sa souplesse et sa résistance normale : à son niveau l’entérorraphie porte sur des tissus solides qui ne se laissent pas déchirée par le passage de l’aiguille et du fil, comme cela s’observe au niveau des parois infiltrées du segment intestinal sus-jacent à un cancer gauche. Enfin, à droite, la libération et l’extériorisation de la tumeur sont simplifiées par le fait de la mobilité plus grande du péritoine au niveau du cæcum et du côlon ascendant que sur le reste du gros intestin. Dans 50 p. 100 des cas, le cæcum est flottant (Ancel et Cavaillon). Cette disposition anatomique facilite la technique de l’entérectomie en un temps; elle permet une exérèse large et contribue à rendre moins laborieuse et par conséquent plus sûre l’anastomose qui termine l’intervention.

Telles sont les raisons qui assurent une certaine bénignité à la résection en un temps dans les cancers droits, bénignité confirmée d’ailleurs par les statistiques.

L’un de nous, dans sa thèse, a réuni 38 cas de résection cæcale en un temps avec 12 morts et 26 guérisons, soit 34 p. 100 de mortalité.

La statistique suivante porte sur des cas plus récents :

REVUE DE CHIRURUIE

Cancers droits opérés à froid en un temps.

Kiimmel . 12 cas. 5 morts.

Zimmermann1 . 5 — 2 —

Seyffert 2 . 5 — 0 —

Bakes . 4 — 0 —

Littlevood . . 2 — 0

Czerny . 3 — 1

Anschiitz . 7 — 4 —

Raconiceana 3 . 1 — 1 —

Vignar4- . 1 — 0 —

Souligoux 5 . . . 1 — 0 —

Morton . 1 — ü —

Bilton Pollard . 1 — 0 —

Jaboulay . 2 — 0 —

45 cas. 13 morts.

Soit une mortalité opératoire de 29 p. 100.

Les statistiques personnelles des auteurs habitués à ces opérations en un temps sont plus convaincantes encore qu’un tableau d'ensemble.

Et, si certains chirurgiens n’hésitent pas à préconiser l’entérectomie en un temps comme la méthode de choix dans tous les néoplasmes du côlon, il semble bien que leur raisonnement s’appuie surtout sur la mortalité vraiment infime qui ressort à cette opération appliquée aux cancers droits.

C’est ainsi que, dans la statistique de Littlewood6, nous relevons 2 cancers droits opérés en un temps : 2 guérisons.

Dans celle de Bakes 7, 4 entérectomies en un temps pour néoplasme du cæcum ou du côlon ascendant comportant 4 guérisons.

Bilton Pollard8, Morton9, dans la série de leurs observations, rapportent chacun un cas d’opération en un temps pour néoplasme droit : les deux malades ont guéri sans incident.

En ajoutant à ces cas les deux observations suivantes de notre maître, M. le prolésseur Jaboulay, nous réunissons une série récente de dix cancers droits enlevés en un temps sans une seule mort opératoire.

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