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CHAPITRE V

Symptomatologie

Crise douloureuse souvent accompagnée de vomissements, sans ictère, sans calcul dans les selles, mais avec tuméfaction de la vésicule, tels sont les signes essentiels de la colique vésiculaire.

Nous nous bornerons à signaler les points qui lui sont particuliers et la distinguent notamment de la colique

hépatique classique.

$ 4. — Signes fonctionnels.

Douleur. — La douleur est moins violente, plus permanente et moins paroxystique que dans la colique hépatique ordinaire.

Elle siège souvent au point cystique, quelquefois à l’épigastre, mais ses irradiations montent dans le dos jusqu’à l’omoplate et à l'épaule droite.

Spontanée, elle est accrue ou réveillée par la pression cystique.…

Elle s’accroît notamment à la suite des repas, surtout quand le malade peut manger et que les repas sont peu

nombreux et très abondanis, le malade se trouve pris

nb

alors entre le besoin de satisfaire sa faim exagérée par un état d’hyperchlorhydrie marquée, et la crainte de voir réapparaître ou s’exaspérer ses souffrances. Cet état douloureux est calmé au contraire par certaines positions. M. Gilbert nous a fait remarquer souvent qu’elles s’atténuaient dans le décubitus ventral et tel était le cas de notre malade de la salle Lasègue (n° 14) et de M°° M..., salle Gubler.

Nausées, vomissements. — Les vomissements sont « assez fréquents » sans avoir la presque constance qu’ils affectent dans la colique hépatique classique.

Mais le malade peut rester longtemps dans un état nauséeux dont il ne sort que pour accuser une faim impérieuse.

Constipation. — La constipation est habituelle.

Absence d’'ictère. — Tout au plus existe-t-il un subictère très léger lors des crises particulièrement intenses et qui reste toujours acholurique.

Absence de calculs dans les selles. — On doit tamiser les matières de chaque jour, les quatre jours au

moins qui suivent le début de la colique.

On voit qu’à part la douleur, les signes fonctionnels sont plutôt des signes négatifs.

Si l’on ajoute que la douleur même peut modifier ses caractères à tel point qu’elle devient méconnaissable, on comprendra l'importance des signes physiques pour l'établissement du diagnostic.

En effet, comme nous le fait remarquer avec le pro-

fesseur Gilbert, le professeur Weiss de Nancy; le syn-

UO

drome vésiculaire peut attester deux formes : 1° dans

l’une les accès sont assez violents et rappellent ceux de

la colique hépatique franche, c’est le type que nous avons décrit; 2° dans l’autre, « les malades présentent des signes vagues de dyspepsie à forme gastralgique, ils sont nerveux et neurasthéniques, il faut penser dans ces cas à la possibilité de calculs que seule une explo-

ration méthodique permettra de trouver (1). »

$ 2. — Signes généraux.

On comprend l'importance des signes généraux dans

un état que certains auteurs rapportent à une pure

infection,

Très souvent la température reste normale et nous pourrions en citer un grand nombre d’exemples : M. M...,34 ans, officier de hussards ; M. de G..., 39 ans, n° 14, salle Lasègue ; M° M..., salle Lasègue : MB. (15, Gubler). Quelquefois elle s'élève plus où moins au moment des paroxysmes douloureux :

Un malade de M. Gilbert commence sa crise le mercredi 31 mars à 8 heures du soir. Pendant la crise qui dure trois heures la température reste normale et à 2 heures du matin elle commence à s'élever à 37°7 pour atteindre 38°7 à 4 heures du matin.

Le lendemain, jeudi, la température prise presque d'heure en heure oscille entre 37° et 38° pour descendre dans la journée de vendredi de 38°5 (6 h. 1/2 du matin) à 36°9 (minuit).

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