Gilbert, Carnot et Jomier, Congrès de Genève
on Une cuillerée toutes les demi-heures jusqu’à concurrence de 3 ou 4 doses.
Le professeur Surmont de Lille emploie à toutes petites doses le salicylate de soude qui possède une action
sédative marquée.
Le professeur Gilbert préfère la voie rectale ou hypodermique en raison de la fréquence des nausées et des vomissements : suppositoires belladonés ou opiacés et surtout lavements d'opium et d’analgésine.
Il met entre les mains du malade des paquets d’analgésine de 0 gr. 50 chaque et du laudanum de Sydenham, et l’autorise à employer pour la préparation du lavement qu'il devra se faire administrer dès le début du paroxysme douloureux de 2 à 3 paquets d’analgésine jusqu'à 7 ou 8 paquets, de X à XX gouttes de laudanum jusqu'à XL gouttes.
Il conseille de recourir aux doses les plus faibles et de s’y tenir au cas où elles donneront des résultats. Sinon, le malade fera appel à des doses de plus en plus fortes dans les limites indiquées. Si un seul lavement ne suffit pas à calmer la douleur, il pourra après deux ou trois heures s’eu faire administrer un second.
B. — Traitement spécial de la colique vésiculaire. — Contrairement à la colique hépatique ordinaire qui, déterminée dans la règle par de petits calculs susceptibles de « migrer », relève de la médication cholagogue, La colique vésiculaire n'admet pas les chologues. I semble en effet (P: Gilbert) que sauf exception les calculs vési-
culaires trop volumineux ne puissent pas plus être ex-
pulsés dans des crises thérapeutiquement provoquées que spontanément développées.
Dans la colique vésiculaire, au lieu de chercher l’évacuation, la thérapeutique vise la rétention des calculs trop volumineux pour être expulsés.
IL faudra éviter les migrations et immobiliser si possible les calculs, dit aussi le professeur Robin, quand les calculs sont très gros, quand par exemple le palper fait découvrir la présence d’une grosse masse calculeuse dans la vésicule. :
Il faudra alors :
1 Opposer une alimentation et une médication restrictives de la sécrétion biliaire (médication anticholagogue) ;
2 Éviter les causes occasionnelles créatrices des crises.
1° Opposer une alimentation et une médication
restrictives de la sécrétion biliaire.
Régime exclusif de lait écrémé pris par petites fractions souvent répétées (Gilbert).« On sait que si à l’état « normal, la sécrétion de la bile chez l’homme est con- « tinue, son écoulement est intermittent, la vésicule « biliaire se remplissant dans l'intervalle des repas « puis se vidant à un temps déterminé de la digestion. « Il y a lieu de penser que sous l'influence de l’alimen- « tation continue que nous conséillons à nos malades, « le physisme de la vésicule se modifie, l'écoulement « de la bile devenant continu à la façon de la digestion
Tan
« elle-même (1). Cette hypothèse est d'autant plus plausi- « ble que chezles herbivores qui s’alimentent constam- « ment, la vésicule, ainsi que nous avons pu le cons- « later à maintes reprises, est presque toujours vide. « On conçoit aisément l’heureux effet que doit avoir, « sur la production des crises vésiculaires, un régime « qui a pour conséquence la cessation des alternatives « de réplétion et de vacuité de la vésicule biliaire et « qui amène aussi son immobilisation, celle-ci entrai- « nant le non-déplacement des calculs et se montrant « propice à la sédation de l’inflammation et de lirri-
« tabilité vésiculaire (2). » 7
2° Eviter les causes occasionnelles créatrices
des crises.
Le repos au lit rigoureusement exigé suivant les prescriptions du professeur Gilbert concourt à produire le mème effet essentiel que le régime, à savoir: l’immobilisation de la vésicule avec les conséquences qu’elle comporte.
‘Cette immobilisation sera encore maintenue par les applications chaudes, humides, émollientes, sur la région vésiculaire (maillot humide), les bains simples chauds prolongés, les bains dits de « Plombières ».
Les cholagogues seront écartés, de même que les
1. Voir notre chapitre de Physiologie, p. 19. 2. Gilbert. Congrès de Genève, tirage à part, p. 24,
purgatifs autant que possible ; les suppositoires et les lavements sont préférables, encore qu'ils soient capables d’impressionner la vésicule biliaire.
C. — Soins à donner après la crise. — La crise terminée, dit le professeur Gilbert, on sera dans lobligation de condamner le malade à la diète lactée pendant quelque temps encore. On le fera en raison de l'atteinte profonde qu’apporte au fonctionnement du foie la moindre colique hépatique.
MM. Gilbert et Castaigne ont observé chez des lithiasiques biliaires au moment de la crise des signes d’an-: hépatie qui se traduisirent notamment par de l’hypoazoturie, par la glycosurie alimentaire, par l'élimination
intermittente du bleu de méthylène, par l’acholie, des matières en dehors de tout ictère.
MM. Gilbert et Weill ont de même montré dans deux cas de diabète par hyperhépatie l'influence de la colique hépatique sur la glycosurie. Cette action de Ia colique hépatique sur les cellules du foie est d’ordre réflexe comme l’action de la colique néphrétique sur l’anurie.
Pour nous rendre compte expérimentalement de l’état du foie à la suite d’un ébranlement nerveux tel que celui que peut déterminer la colique hépatique, nous nous sommes demandé si l’on ne pouvait établir une analogie entre l’excitation mécanique qu’elle représente et l’excitation électrique.
Pour ces expériences nous avons choisi des lapins bien portan ts,de 2 à 3 kilos, et nous nous sommes servis d’une petite pile électrique qu’on emploie couramment dans les services de médecine pour le traitement
age des paralysies. Le courant faradique employé a été tou- jours de mème intensité.
Ce que nous avons fait varier c’est la durée de l’élecirisation d’une part et d’autre part le point d’application des électrodes.
Ce point d'application fut tantôt le parenchyme hépatique dans l'épaisseur auquel nous plongions des aiguilles de platine servant d’électrodes, et les précautions d'asepsie qu'il était facile de prendre nous permirent de renouveler plusieurs fois l’expérience sur le même lapin. Tantôt nous électrisions directement les voies biliaires extra-hépatiques. Disons immédiatement que l’électrisation des voies biliaires extra-hépatiques et l'électrisation du (issu hépatique nous donnèrent des résultats concordants.Mais les variations de temps eniraînèrent des variations considérables dans lélimination de l’urée, la seule substance sur laquelle nos recherches aient pu porter avec certitude.
” Nous recueillions les urines à la sonde immédiatement
avant, puis une demi-heure ou une heure après l’élec-
trisation.